‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 103 sur 157 · LIVRE III, SECT. 2\ CHÀP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE III, SECT. 2\ CHÀP. IX

avec xxn chevalier lorrain tout aussi turbulent, Jean de Vinstingen^'^, seigneur des passages de T Autriche occidentale. Les Armagnacs, prêts à tout ce qui rentrait dans leurs habitudes, avaient déjà tenté, l'année précédente , de chercher un plus riche butin dans des pays qu'ils n'avaient pas encore visités. Quoique Amédée de Savoie fût par sa mère frère du comte d'Armagnac ^^^, ils l'avaient menacé dans la Bresse, qui lui appartenait. Saisi de. frayeur, il avait non-seulement armé ses sujets, mais encore obtenu de la ville de Berne un secours si considérable , que cette résistance , jointe aux difficultés locales , avait déterminé les hordes à ne pas avancer ^^®. Vînstingen les introduisit dans les montagnes qui séparent la Lorraine et l'Alsace. Douze mille cavaliers, dont la moitié environ parfaitement armés et cuirassés ^^', passèrent si rapidement, une nuit d'hiver ^^^, la montagne derrière Zabern^^^, que le sire Louis de Lichtenberg n'eut que le temps de rassembler la population en armes dans la plaine près de Steinberg. Elle fut dispersée sans peine. Afin de faire marcher la terreur devant eux , les Armagnacs rôtirent à demi un paysan prisonnier , puis ils le chassèrent au

*" Ibid. et dsins la relation citée n. 214 : « La première fois que ces » méchantes hordes françaises entrèrent en Lorraine, le sire de Vinstin- » gen et d'antres Allemands allèrent vers eax et leur donnèrent des » guides et des espions. »

s>9 Bona de Berry , sa mère , avait épousé , après la mort d'Âmédée VII de Savoie , le comte Bernard d'Ârtnagnac Art de vérifier les dates , 735.

>2^ Tschacktlan, 1^39 : Deux jeunes seigneurs de Savoie viennent remercier Berne du secours donné contre les écorchenrs.

3^^ Cinq ou six mille étaient « bien et loyalement » cuirassés^ Protoc» munie, de Bâle.

^^ Mercredi après S. Matthieu , relation n. 2i4. .Mi Par Zabersteige. îbid.

milieu des plus atroces douleurs ^^^. Le matin suivant^ ils se levèrent de bonne heure , descendirent le Ko— chersberg , arrivèrent devant Strasbourg , exigèrent des contributions de guerre, battirent, grâce à un stratagème, les bourgeoi/s qui firent en désordre une sortie, et se répandirent si rapidement dans toutes les contrées environnantes, qu'il fut impossible de se réunir contre eux. Us se livrèrent au pillage sans résistance pendant trois semaines ^^^, et brûlèrent cent dix villages; ils abattaient la tête à qui ne pouvait rien leur donner ^^^; la religion ne protégeait ni prêtres , ni ostensoirs , ni calices ; leurs passions effrénées violentaient hommes et femmes , vierges et enfans ^^"^ ; ils emmenèrent sur leurs chevaux six cents belles femmes. Le fléau avait atteint son terme, que les grands délibéraient encore sur les moyens de le détourner ^^*. Baie avait à redouter la multitude d'étrangers attirés par le concile ^^®. Le dan-

s»4 Tout couvert de vessies. Relation n. 217.

^^^ Le seul comte palatin Louis envoya 300 chevaux à Rossheim, Ibid,

^* Proioe, munie, de Bàle»

"' 16. et les deux relations n. 214 et 217.

^^^ On le voit par la Lettre de la ville de Bâle au mattre ( c'était Nicolas Melbrey , n. 217 ) et au conseil de Strasbourg; 4* férié avant Oculi , dans Schilter, l. c. 980 etsuiv.

*'' « C'est pourquoi nous croyons devoir garder nos gens auprès de » nous. • =Un manuscrit contemporain, cité par P. Ochs, Hist, de Bâle ( Gesehiehie der Stadt und Landtehaft Basel) Bàle 1819 , t III , p. 272 , allègue un autre motif encore que celui qu'indique Muller , mais qui s'accorde fort bien avec ce qu'il vient de dire dans son récit : « Les

• nobles du pays auraient désiré que les Bàldis sortissent de* leurs murs

• pour chasser du Sundgau les Welsches (Français, parce qu'ils ve-

• naient de France), appelés éeorehears. Mais les Bftlois trouvaient que

• la noblesse ne traitadt pas les Welsches en ennemis , car elle leur per-

• mettait de manger et de boire , d'acheter et de vendre dans ses ch*&- » teaux. C'est pourquoi les Bàlois restèrent dans leur ville. • — Pour faire mieux comprendre la cruauté des Armagnacs, Oehs^ p. 276 , cite le

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