LIVRE m* SECT. 2^. GHAP. IX
ger croissaut^ les Annagnacs n'étant plus qu*à une journée de marche de la ville ^^^, elle s'adressa aux Suisses, auxquels aucune alliance ne la liait encore ^^^^ et chez qui la guerre civile entre Zurich et Schwyz était près d'éclater. Les Confédérés répondirent et s'armèrent ^^^ avec une ardeur si dévouée quç les alliances subséquentes furent probablement le fruit de la confiance que cette conduite inspira aux Bâlois ^^^. Cependant les Armagnacs ^ chargés des dépouilles de toute l'Alsace, se hâtèrent d'aller en Bourgogne. Le maréchal de Bourgogne , comte Jean de Fribourg-Neuchàtel, était vieux et n'avait plus l'usage de ses pieds ^^*; mais alors aussi l'on sentit l'avantagé du gouvernement bien organisé par lequel le duc Philippe se distinguait de tous les princes de son époque Un jeune chevalier ^^^,
passage suivant de Brantôme sur l'infanterie française de ce temps ! « Il B y avait de bons hommes , mais la plupart de sac et de corde , mé-
• chans gamemens , échappés de la justice , et surtout force marqués de
• la fleur-de-lys sur Tépaule , ésorillés, et qui cachaient leurs oreilles , » à dire vrai , par de longs cheveux hérissés^ barbes horribles , tant pour » cette raison que pour se piontrer plus effroyables à leurs ennemis. » Les Armagnacs étaient toutefois observateurs scrupuleux des jeûnes. Kônigshoven ,p, 104 8 et 1019, rapporte qu'ils mangeaient alors des noix, des fèves et des harengs. Ils payaient un hareng de 4 à 6 fennings ; ils acceptaient des harengs pour la rançon des prisonniers ; un jour ils enlevèrent un troupeau de moutons et le rendirent moyennant un hareng pour chaque mouton. CM.
^^ Près de Dammerkirch et dans les villages autour d'Altkirch. Protoc, munie, de Bâle,
^* L'alliance susmentionnée fut conclue deux ans plus tard.
^> « Us promirent de nous secourir avec toutes leurs forces , prépa- » rèrent leurs chariots et les autres choses , et mirent tous leurs gens » sur pied. » Protoc. munie, de Bâle.
^** «* Nous* ne devons ni ne voulons l'oublier jamais. • Ib.
''* « Déjà vieil et travaillé de goutte. • Olivier de la Marche , 1. 1.
'** Agé de 25 ans.
Thiébaut^ seigneur de Neuchatel en Bourgogne et de Blamont^ sans apparence et sans force corporelle ^^^, mais homme de sens et d'exécution y défendit intrépidement l'entrée du pays ^^'', tandis que le sage et vaillant prince d'Orange ^^^ et d'autres grands réunissaient les milices. Les hordes jugèrent prudent d'opérer leur retraite ; mais les Alsaciens voulurent la leur couper sur le territoire de Lûzelstein ; les Armagnacs forcèrent le passage ^^^. Us retournèrent paisiblement en France et laissèrent les frontières de la Confédération en repos pendant cinq ans.
Il nous reste à exposer les rapports des Confédérés avec l'Empire germanique et l'Autriche antérieure^ dont l'empereur Frédéric était le souverain.
Dans ce siècle de transition du droit du plus fort à l'administration régulière de la justice , l'habitude du premier et l'imperfection du second confondaient dans la plupart des affaires ces deux élémens. Outre le tribunal impérial de Rothwyl, il y avait beaucoup de cours de justice libres et peu connues ^^^, présidées par des
'*» « De sa personne il n'était d'apparence ♦ et de force corporelle , » que peu de chose. » O. de la Marche.
^^^ • Cet homme de sens et d'exécution fut celui qui plus grande ré- » sistance fit à l'enconlre des écorcheurs. » Id, Peut-être est-ce lui que r^arde ce passage de Germanus : « Ad Hiberniam (serait-ce Zabern?) » Burgundionum consident legiones; ab his praeoccupati hostes,»etc. Bu moins il facilita ce résultat.
^^ « Moult sage chevalier et homme de grand fait, » O. de la Marche.
^'' La relation n. 217, dit qu'ils perdirent 2000 hommes et les comtes et seigneurs 1400 , mais que les Armagnacs restèrent néanmoins maîtres du champ de bataille. On peut conclure avec vraisemblance du passage de Germanus, n. 287 , qu'il y eut en effet une rencontre où les Armagnacs perdirent beaucoup de monde.
^^^ Le Compromis entre les liadois et Léonard Riserd*Ulm (jeudi après