LIVRE Ili, SEGT. 2!^. CHAP. IX
descendans de Rodolphe de Hab$bourg^ à qui elle était redevable de ses franchises ^''V. Vers cette époque on constitua son gouvernement municipal; elle eut un avoyer^ un petit conseil de douze membres , un grand conseil de quarante^ un juge de la ville et des assesseurs ^"^^^ Les rapports de Rapperschwyl avec l'Empire étaient les mêmes; l'Empereur autrichien lui facilita le rétablissement de Tanûi^me constitution nécessaire à sa sûreté. L^ guerres faites par un peuple, inspirant un intérêt général ^ laissent une impression plus profonde ; aussi les Glaronnais ressentaieot-ik encore avec la première vivacité la douleur d'avoir perdu , , cinquante-trois ans auparavant, leur bani^re cantonale^ non dans une bataille , mais dans le massacre nocturne de Wésen^*^^. Chaque fois qu'un d'entre eux faisait ses dévotions dans .l'église de JVapperschwyl , où elle était suspendue^ il en sortait le cœur naVré. A la fin, de concert avec les Schwyzois, leurs meilleurs amis, ils réclamèrent l'intercession des Confédérés ^"^^ auprès des bourgeois de Rapperschwyl. Ceux-ci n'eurent aucun égard à cette démarche. Dès-lors , les Glaronnais se montrèrent si hostiles envers eux et même si menaçans, que Rapperschwyl en porta plainte auprès des Confédérés. Ses délégués revinrent sans message officiel ^'^^, mais ils rapportèrent l'observation faite en par-
'7A 1264, à roccasion du t II, 80, Si.
*^^ Chronique de Laurent Bossart, dans J. K. Fàaslin, Géogr. de la Conféd, 1 1. Il rapporte Févénement à Fan 1436 ; à la bonne heure ; mais Jieu se trompe de date ( art. Winterthur*) en fixant à Tan 1439 l'hommage rendu par Winterthur à l'empereur Frédéric.
«7» T. m, 290etsuîv.
274 Tschudi, II, 327. Gela eut lieu en 1441.
^^' «Ils ne voulurent pas leur donner de réponse. » Ilàpli.
ticulier par des hommes considérés^ qu'il n'y avait pas de bon voisinage possible sans la restitution de la bannière , sacriBce d'autant moins pénible pour eux que ce monument rappelait le souvenir d'une infidélité^ non d'un exploit ^''^.
Abandonnées à elles-mêmes, ces villes rentrèrent sans difficulté sous la domination de l'Autriche ; la situation de l'Argovie, soumise aux Confédérés, était beaucoup plus compliquée. Tant que l'Empereur Sigismond vécut, les villes argo viennes s'attachèrent à ce prince, qui désirait qu'elles fussent libres sous la protection des Confédérés, et qui , à leur demande , probablement sans consulter leurs protecteurs , avait fait dans leur constitution des changemens commandés par les circonstances^'*^. Il s'enquérait avec une sollicitude paternelle de tous les petits événemens qui pouvaient modifier ^'^^ les relations de ces villes , ses élèves , dont il avait à cœur l'agrandissement^''^^. Aussi les protecteurs les traitèrent-ils en amis^®^; ils plaçaient au-dessus
27< Ils la rendirent
^'^ L'avoyer et le conseil de Soorsée reçurent la liberté ( si ce n'est pas abuser du moi liberté) de juger des causes capitales au sein du Conseil; auparavant ils ne pouvaient le faire qu'en présence de la commune, 1431. Protoc, munie, de huceme, cité par Balthasar, Curiosités, t. III. A une époque de discorde civile, surtout quand il y a danger venant du dehors , Jine pareille mesure peut être excusée, comme la suspension de Pacte d*/iabeas corpus en Angleterre.
'^^ P. e. les paysans lucemois avaient effacé dans leur hôtel-de-ville les armoiries de Soursée. Voy. le paternel Entretien de l'Empereur avec leurs députés, Le.
^^^ « Afin qu'ik restent plus volontiers auprès de l'Empire. • Protœ. de Luc, 1. c.
^"^ La ville de Luceme aux « honorables, sages, particulièrement fi- » dèles et bons amis » de Soursée. Confirmation de Uur arrondissement de