LIVRE III. 8ECT. 2«. CHAP. IX
fils de Léopold tué à, Sempach^ n'avait pas encore accompli sa vingt-cinquième année ^ lorsque^ après la mort inattendue et prématurée d'Albert^ il fut porté au trône de FEmpire germanique ^^^. Il naquit au feu roi^ cinq mois après sa mort, un fils ^ Ladislas ^^^. Albert , frère de Frédéric^ était de trois ans plus jeune que lui ^^^. Sigismond , duc de l'Autriche antérieure , n'avait que quatorze ans ^^^. L'autorité de ce jeune prince se confondit donc à plus d'un titre avec celle du monarque auquel venait d'échoir la couronne impériale.
On raconte que le duc Ernest , afin de connaître les inclinations de ses deux fils aines ^ encoi*e enfans^ fit répandre devant eux une grande quantité d'or et d'argent^ que Frédéric ramassa les pièces avec ardeur^ Albert avec indifférence ; que le premier les Q[>nserva soigueusement, le second les prodigua presque aussitôt ^^. Leurs caractères différaient du tout au tout : Albert semblait appartenir au temps de Tancienne chevalerie, dont il avait la bravoure, la franchise, l'amour du plaisir et l'insouciance; Frédéric, en toutes .choses , portait un regard calme et qu'aucune passion ne troublait ^^ sur l'essentiel et sur l'avenir. Dès sa jeu-
*^2 Né le 25 déc. 1415, élu le 2 févr. 1440. Zarlauben, Tabla généal.
3°* Le père moarut le 27 oct. 1439; le fils naquit le 22 févr. 1440. = Il succéda à son père en Hongrie, en Bohème et en Autriche. G. M.
«»* Né en 1418. Zurlauben.
295 Né en 1427, Ibid.
*»• Fel. Fabri, H'uU Suev. 1. I, p. 62 (Goldast, Scr. r. Suev. Ulm 1721).
*'' « Vir quielus; » ( Carihm. Gemnicensis , Chr. Albcrti II ; Pet Au$tr,, Il ) ; « animo tranquîllo ; ■ Vit, Arenpeck,
nesse il mit sa confiance en Dieu ^^* , et , comme s'il eût prévu qu'il régnerait plus long-temps que les autres empereurs d'Allemagne ^^^ et survivrait à tous ses ennemis ^^^ , inébranlable au milieu des plus violens orages ^^* il espérait tout du temps. A sa haute stature royale ^^^ il unissait la gravité ^^^ et la bienveillance^^*; on croyait observer en lui quelque chose d'impénétrable ^^^. Il se levait de grand matin pour faire sa prière ; il entendait la messe à genoux , ensuite il tenait son conseil^ et^ quand il avait expédié avec un dévouement infatigable les affaires de l'Etat ^^, il cherchait dans son jardin une innocente récréation au milieu de ses plantes chéries ^^"^ ; il n'aî-
^' • Dès sa jeunesse dévot et pieux ; aussi se rend-il au saint Sépulcre,» BuUinger, l. X.
^^' Jusque dans sa 78« année, pendant près de 54 ans.
*•* Son frère avec lequel il fut en guerre; George Podyebrad; Matthias Hunyad; Charles de Bourgogne. Fugger, Miroir d^ honneur , 1080.
••* « Quasi nihil curabat. ■ Arenpeck»
'"2 « Species împeratore dîgna. » Id,
■" n C'était un seigneur sérieux. ■ Hûpli,
*•* « D'un visage serein et aimable. • Fugger , 1079. Le Diarium de Jean Tichtel {Rauch, 1. c. II, 535 et sniv.^ nous donne une idée de sa manière d*élre avec les savans : « Porrexîl manum Imperator , cum acces- » sîssem suam Majestatem , et cum abscessissem ^ tenendo fortiter ma- » num meam et conquatiendo. »
•"5 Remarque faite par les Français dans Fugger, 1079 , 6. =Un historien suisse tout moderne reproduit ce trait avec plus de force encore ; parlant des premiers temps du règne de Frédéric III , il dit : « Par les » lenteurs de sa cii'conspection , voisine d'une inaction paresseuse , par » la prudence dans les affaires et par Vart de la dissimulation , il surpas- » sait beaucoup de vieillards très-avancés dans leur carrière, n M, de T illier, Hist, de la républ, de Berne, t. II, p. 76. G. M.
^^^ Cette répartition de sa journée nous a été conservée par Hûpli,
*"' « Cooperiendo plantulas» etc. Arenpeck Sid 1447; c'est ,un repro-