LIVRE m. SECT, 2*. GHAP*. IX
inait pas les joies bruyantes ^^* ; même au milieu de l'éclat dé la majesté ^^^ , il visait aux choses solides ^*^é Son principe était de laisser les partis assouvir leur fureur les uns sur les autres et s'entredétruire , puis de saisir 9 pour Tagrandissement de sa maison^ les occurrences les moins hasardeuses. Il recouvra, sans qu'on s'en doutât , pour ainsi dire, plus de soixante seigneuries hypothéquées ^^^
Tout au commencement, après avoir résolu, non saùs peine, d'accepter la couronne impériale ^^^ , à l'occasion du couronnement même, il déclara tout haut et avec approbation qu'il songeait à faire restituer à sa maison les domaines patrimoniaux que l'empereur Sigismond avait aliénés ^*^. Quelques seigneurs argoviens le fortifièrent dans cette résolution. La Con^ fédération l'apprit; elle s'en inquiéta.
Au préalable , on fit sonder et préparer par des mis-
che qu'il lai fait , comme si ces jouissances, les plus pures de l'homme, étaient malséantes pour un prince! Mais i'rédéric disait : « Les grands » seigneurs sont un point de mire pour de bonnes et de mauvaises pa- • rôles ; quiconque ne peut supporter de tels propos n'est pas fait pour » régoer; nous ne\levons pas noUs plaindre tant qu'on ne tire sur nous / qu'à coups de langue. ■ Fugger , 1081.
'^* « Il ne se trouvait pas bien au milieu des cris et du bruit; il se » livrait rarement à la danse et à de pareilles choses. » HàplL
••* « Il était magnifique en vêtemens et joyaux. » Jd,
^^^ « .£dificat splendide ; gemmas plus aequo amat. » Arenpeck,
m Fugger, i079, b.
•** 11 prit le temps de la réflexion jusqu'à la Saint-George; il se (Je»clara enfin prêt à se charger du lourd fardeau ; it ajouta néanmoins « qu'il était trop jeune pour un tel gouvernement , et qu'il n'avait pas » assez de lumières ; mais qu'il s'appuierait sur le conseil et l'aide des » électeurs et des princes. » Hûpiu = Il réfléchit pendant onze semaines avant d'accepter la couronne. G. M.
"» Id.
siens secrètes les sentimens de FArgovie^ surtout des villes ^^^« La haute direction de cette enquête était confiée non-seulement au margrave Guillaume de Bade- Hocbbergi mais encore à Guillaume de Grûnenberg et à Thûring de Hallwyl^ tous deux possesseurs de vastes domaines héréditaires en Ârgovie^ à ce qu'il parait plus distingués comme chevaliers que par leur éco- , nomie^^^, considérés à la cour et ambitieux dV mériter par de nouveaux services une fortune encore plus brillante. Les villes argoviennes n'avaient aucune raison de haïr ou de craindre la mais(m de Habsbourg : elles avaient prospéré sous sa domination y elles hii devaient la phipart de leurs franchises^ elles l'avaient fidèle*ment servie dans ses guerres ^ et ne s'étaient soustraites à sa protection qu'alors qu'elle-même ne pouvait ni se défendre ni les protéger dans ce pays. Cependant leur juste sollicitude pour les droits obtenus de l'empereur Sigismond et surtout la question essentielle , s'ils pouvaient retourner du giron de l'Empire et de la protection des Confédérés sous la domination de Habsbourg, sans compromettre leur Uen-ètre , exigeaient des délibérations communes. Il y eut plusieurs conférences. Les délégués se rendaient tantôt à Soursée ^^^, tantôt à Rheinfelden auprès du chevalier de Grûnenberg ^^"^ .
Les mouvemens de ce pays n'échappèrent point au bourgmestre Stûssi et au greffier municipal Michel
"*' En 1441. Lauffer, V, 116.
"5 Grûnenberg v^dit en 1427 aux Solearois le péage qu'il possédait dans leur ville (Haffner) ; en 1432 , Aarwangen aux Bernois (Stettler) ; Hallwyl vendît en 1457 Wildeck à Pierre de Greiffensée [Leu),
Mfi Ainsi qu'en 1415.
'*' La preuve qu'il possédait celle seigneurie se trouve dans Brukwr, Curiosités , B^\è , 2006,