LIVRE III. SBCT. 2*. CHAP. IX
Graf ; ces hommes ne virent pas safns plaisir la situa-* tioo critique de ceux qui^ pour plaire à Schwyz, avaient enlevé à la première ville de la Confédération une partie de son territoire ^ et plus encore sa consi-^ dération ^ et à eux-mêmes la confiance de leurs concitoyens. La paix, qui n'avait fiait que consolider le germe de la discorde ^ apparut alors dans toute sa nullité politique ^^^ , maintenant que l'occasion se présentait de sauver Zurich de la honte et des suites de ce traité. Deux voies Jui étaient ouvertes : Zurich , oubliant rinjustice soufferte, pouvait à la tête de là ligue suisse déployer une générosité qui donnât aux étrangers la vive persuasion qu'une -confédération si indissoluble était invincible, et qui forçât les Confédérés confus, respectueux, reconnaissans , à rendre hommage à la grandeur morale de leur Yorort ; ou bien , le ressentiment de sa dernière douleur effaçant le souvenir d'un siècle de gloire , Zurich pouvait changer totalement de politique et faire voir que, recherchée par des puissances , elle trouverait de nouveaux confédérés pour la venger des anciens. Les passions firent prévaloir le dernier parti : le gouvernement de Zurich , ainsi que d'autres à différentes époques ^^®, subit le sort de
^** Celte qnaliikatkm est méritée , puisque la paix n'atteignit pa$ son but. Je ne suis pas le premier qui porte ce jugement : je ne Tiens qu'après iMuffer (V, 109 et suiv.) , citoyen d'une ville qui concourut à la conclusion du traité.
**• Nous n'en trouverons que trop d'exemples en 1529 , 1586, 16S4 , 1694 , 1715 ; tons les Confédérés apprendront par là qu'aucun parti n'est en droit de faire des reproches à l'autre sans que celui-ci puisse récriminer ; ils verront aussi qu'ils n'ont jamais pu s'abandonner à l'esprit de parti sans perdre leur considération politique et sans s'exposer au plus grand danger. =3 Ajoutez les années 1778 , 1790 , 1792 ^ 1797 , 1798 , 1800, 1802.... 1809. 1). L. II.
rbumanité ^ auquel on ne se soustrait guère ^ à moins d'une haute sagesse et d'une singulière grandeur d'âme. Conformément aux lois de la nature humaine^ cette résolution^ si féconde en calamités^ fut la conséquence inévitable d'autres démarches et d'autres efforts im<prudens ^ faits au sein de la Confédération à dater du moment où l'ambition et l'amour des conquêtes prirent place à côté de l'amour de la liberté.
Il fut d'abord insinué au margrave Guillaume , lieutenant de l'Autriche antérieure ^^^, « Qu'on se trom- » perait en confondant les sentimens de Zurich avec » cette haine héréditaire que des offenses anciennes et
. » réitérées avaient soulevée entre l'Autriche et certains » pays voisins ; qu'à Zurich on se rappelait avec plai- » sir les relations amicales avec le grand fondateur de » la puissance de Habsbourg ^^^ ; qu'il était survenu ;) sans doute quelques malentendus avec son fils ^^^ , » mais que Zurich n'avait point protégé ses meur* »triers^^^^ et n'avait pas combattu moins vaillam- » ment avec Léopold à Morgarten contre les Schwy-
, » zois ^^* que sous son grand-père contre Ottokar dans » la plaine de Marchfeld ^^^; qu'au temps d'une révo- » lution intérieure 9 où l'on voyait Zuricois contre Zu- >} ricois^ la guerre du duc Albert avait été un malheur )) pour l'un des deux partis ^^^; que par là l'on s'était, » à la vérité , laissé entraîner à une alliance avec les
**• Gérard de Roo, 1442.
«* T. II, 113 etsuiv.
»" Ib. 21» et suiv.
"* Ib. 251 cp. avec 257.
»^* Ib. 276.
"» T. II,ll/i.
S" Voy. I. Il » cb. A.
UVREr m. SECT, 2^ CHAP. IX. 273
» Suisses , mais qu'il était impossible de ne pas sentir^ » même depuis cette époque , la différence des procé- » dés des Zuricois ; que leurs mains étaient pures du » sang de l'aïeul de Sa Majesté régnante ^^"^ ; que di^à n deux fois on avait tenté de renouveler l'ancienne al- >i liance ^^^ ; que si les Suisses étaient parvenus à l'em- M pécher , cela provenait des nombreux revers qui , » sous les empereurs de la maison de Luxembourg , M n'avaient pas permis aux ducs d'Autriche de dé- » ployer l'énergie nécessaire dans le gouvernement de » la partie antérieure de leurs États ; que le dernier et » le plus grand malheur , arrivé à l'époque du concile n de Constance , n'était pas irréparable ; qu'une belle » partie des pays alors perdus se trouvait dans des » mains sûres , dans leurs mains ^^^ ; que si d'anciens » amis cessaient de se méconnaître^ les choses pren- » draient aussitôt une nouvelle face. Qu'étaient Freu- » denberg et Nydberg , ruinés par suite de désordres » excités par Schwyz, en comparaison de tout ce w que l'Autriche pourrait acquérir? »
Le margrave comprit l'insinuation; elle lui paraissait trop séduisante pour s'y fier entièrement ; il entreprit de s'assurer de la réalité de ces dispositions pour les affermir ensuite, (c Bientôt , dit-il ^ le roi visi- » tera l'Empire et l'Autriche antérieure ; vous et les n autres Confédérés déléguerez la députation ordinaire )} pour demander la confirmation des franchises; je