LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. X, 28T
» déjà pris ce parti. » Cette dernière parole leur navra le cœur; plus ils la méditaient^ plus ils se couvain-* quirent que ce qu'on exigeait d'eux, Zurich lavait fait. Ils retournèrent dans leur pays ^'^^ Le bourg* mestre Schwend et le greffier municipal Graf firent de même y après avoir encore obtenu que le rachat de la seigneurie de Windek serait accordé à Zurich par une sentence formelle ^^ ; le bailli impérial de Souabe, Jacques Truchsess de Waldbourg ^ les accompagna ; ib étaient porteurs de lettres royales de recommandation adressées à quatorze villes impériales ^^ pour le cas où leur cité aurait besoin de secours.
De retour dans leur patrie , ils firent leur rapport ; Henri Meyss soupira ^ et les conseillers qui avaient hérité de leurs ancêtres une autre façon de penser ^^ s'effrayèrent; mais les partisans du nouveau système avaient pris leurs mesures pour que personne ne fût élu par la connétablie ni par les tribus sans la volonté des tribuns ^^^ vraisemblablement soumia à leur influence. La multitude est esclave de ses passions; rarement elle triomphe de l'impression du moment en consultant l'expérience du passé et les chances de l'avenir. Lors donc que le bourgmestre Stûssi proposa à l'ancien ^ au nouveau et au grand conseil , en pré*
*^ Soleure seul reçut la confirmation (parce que cette ville ne possédait rien dans FArgovie). T^ehudi*
is Vendredi avant Oswaldi , au mois d'août BulUngtr,
'' Les noms se trouvent dans BuUinger,
*^ Les gens des anciennes familles bourgeoises disaient que les agneaux avaient fait alliance avec le loup; mais ils étaient forcés de se tenir coi« TsehudL
^^ Ordonnance ià.tii , citée dans les supplémens de Lauffer avec l'observation qu'elle a été effacée dans l'original.
sence du bailli impérial ^ de ratifier ralliance^ la i^atificaticHi fut prononcée avec joie ^.
Le souvenir du xiv* siècle était trop vivant parmi les Confédérés et la situation présente semblait trop critique pour consentir qu'un canton contractât pour son compte et secrètement une union étroite et durable avec une puissance y avec laquelle la plupart des autres cantons espéraient à peine conserver la paix de cinquante ans^^. Us savaient que les alliances perpétuelles laissaient à chaque État le droit de former de nouvelles relations; ils ne pouvaient guère douter que Zurich n'eût observé les formes et réservé les alliances éternelles ; mais ici l'on regardait moins à la lettre qu'au fond des choses ; l'observation des formes ne faisait pas prendre le change sur l'altération de l'esprit.
Ils s'avouèrent les uns aux autres ces sentimens dans une diète qu'ils convoquèrent en hâte à Lucerne. De là ils invitèrent Zurich à se rendre dans cette même ville pour le 10 de septembre ^ afin de donner des explications complètes sur son traité avec l'Autriche. Les députés étaient encore assemblés lorsque Guillaume de Grûnenberg et Thûring de tiallwyl, représentans du roi romain , firent leur entrée à Lucerne avec un brillant cortège. Ils dirent « que le roi les requérait , » s'ils avaient pris possession de TArgovie au nom de » l'Empire^ de la lui remettre en sa qualité de chef » de l'Empire ; que s'ils la considéraient comme une » conquête^ ils lui rendissent raison de la violation de » la paix y en sa qualité de chef d'une maison avec
*> Le 28 août 1442.
« Têchudi II, 545.