LIVRE III. SECT. 2^ CHAP. X
tenter de les soulever contre les autorités. « Ses me- Al oaces y pensaient-ils , devaient plutôt être attribuées >i à sa jeunesse ^^ qu*à un plan arrêté^ inexécutable » même avec son cortège moins fort que brillant. » L'honneur de la Confédération exigeait que Voa >} fermât les yeux sur de ()areilles choses et qu'on lui » rendit tous les hommages dus à sa haute dignité ^^. » Pour le moment y ils ne demanderaient pas même » la confirmation de leurs franchises; Uri seul pou- *) vait le faire , n'ayant aucune part à TArgovie ^'^^ Les 3> Confédérés , afin de n'avoir rien à craindre actuelle- » ment ou à Ta venir convenaient de ne céder ni TAr* » go vie ^ ni aucune autre portion de leur territoire^ » de vivre un pour tous , tous pour un , et de n'en- » tamer isolément aucune négociation. »
L'aspect des beautés variées que la nature étalait autour de Zurich enchanta le roi. Les principaux des Zuricois montèrent à cheval avec lui et s'enorgueillissaient surtout lorsque le cortège rencontrait sur son chemin les députés d'Uri ou d'autres cantons» Le monarque ne faisait aucune attention à ces gens ^® ; toutefois il fut satisfait d'Uri, qui ne participait point à la domination de l' Argovie ; ses représentans furent admis en audience; mais ils n'obtinrent la charte de confirmation que lorsque la cour fut arrivée à Winterthur ^^.
'^ Tschadi dit impoliment : « annonçant plutôt sa jeune folie que quelque sagesse. •
*• Voy. aussi Fugger, 556.
»7 T. IV, p. 287,
*" Le roi ne faisait aucune attention à eux; lÀ où se trouvaient des Schwyzois , personne ne les mâaiageait. Loui$ Edlibaeh.
" Elle est textuellement danf Titlimàii II, 5&7 et suiv.
Cette ville , avant et depuis le concile de Constance , soutenait avec l'Empire les mêmes rapports que Rapperschwyl ; elle redevint aussi alors autrichienne^^ et entra dans l'alliance de Zurich. De là Frédéric alla voir le manoir de la mère des Habsbourg ** , le château de Kibourg, long-temps aliéné, maintenant racheté. Il ordonna que la plus grande partie de sa cour Fa'ttendît à Constance , et il se rendît lui-même inopinément en Argovie. Les hôtes des hains de Bade , jadis propriété des ducs d'Autriche*^, le virent avec surprise ; les ruines du château de Stein, encore noircies par la flamme *^, l'attristèrent. Frédéric s'en éloigna promptement pour faire ses dévotions à Kônigsfelden , près de l'autel élevé sur la place où le roi Albert fut assassiné **, et prier pour le repos de l'âme de son aïeul tué à Sempach *^ ; il s'arrêta , plein d'é-^ motion^ au milieu des cendres de sa maison, devant le tombeau de la sage et sainte Agnès ** et de son excellente mère*''. 11 passa la nuit à Brougg; de bon matin il partit à cheval pour le petit district de TEi-' gen , aperçut Habsbourg sur la colline boisée du Wû^ pelsberg, et soupira tristement. Il reprit courage et
*« FûêêUn, Géogr. de la Couféd, I , I6S.
** Heilwîg;t U.p. 7Ç.
^^ On les appelait ordinairemeot « les bains des dacs.. • Lm.
*5 T. IV, p. 236.
^' T. U , p. 260 et suiv. ; t m , p. 26 et suiv. ; 199.
*' T. II, p. 252 ; on tronve un grand notnbre de preuves de sa sagesse ol de sa moralité dans le poème îostnMtif &OUokar, qui remplit tout le 3« vol. de Pei, Seriptt^ Amir. y il vaudrait la peine de le retravailler.