‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 122 sur 157 · LIVRE ai. SBCT. 2'. CIIAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE ai. SBCT. 2'. CIIAP. X

vit le pays entier de ses pères; il trouva là mémoire de plusieurs membres de la famille de Habsbourg honorée dans des châteaux et des villes^ et reçut un accueil qui lui persuada que si la fortune , prodigue de couronues lointaines envers sa maison , l'avait rendue étrangère aux Argoviens^ les Ârgoviens lui avaient conservé leurs cœurs. Si on l'eût laissé à ses réflexions y il eût pu considérer le petit territoire où ses aïeux se Grent respectet par leurs armes encore faibles et par leur économie paternelle , avec le sentiment qu'inspirent l^s monumens de l'enfance^ sans qaon désire sérieusement le retour de cet âge, ou qu'on aspire déraisonnablement aux jouissances simultanées de toutes les époques de la vie. Il accepta les présens que le pays lui offrit selon sa coutume et ses moyens y créa quelques fondations charitables , accorda au conseil de Zofingue pour dix ans le droit de faire juger les crimes capitaux par l'a voyer de la ville*'.

Le roi fut reçu à Soleure et à Berne avec les plus grands honneurs*^. Plus que tous les autres^ les Fribourgeois exaltèrent le jour où- , pour la première fois depuis quatre générations , le souverain de l'Autriche, leur seigneur, brillant par sa grandeur et sa clémence 9 fit son entrée dans leur ville. Ils prêtèrent le serment avec joie , et imaginèrent tous les genres de plaisirs pour témoigner vivement leur amour à ce monarque et à sa suite ^ tous les genres de libéralité pour rendre leur ville agréable à la cour. Les Con**

^ La eh, est dans la collection de Ualier.

** Htmmerlin fait Tobservation que le gouvernement le reçot avec pompe dans une vaste plaine (le Brcilfeld) entièrement couverte parles bourgeois et' les paysans qui campaient là pour qu'il pût voir les force& des possesseurs de TArgovie.

fédérés jugèrent le moment opportun et sa disposition d'esprit favorable pour obtenir la confirmation ordinaire de leurs franchises; il avait vu leur humeur pacifique, leurs sentimens de bons voisins, leur respect pour sa personne. Mais, à son tour et avant tout, il revendiqua l'Argovie. Enfin il fixa un jour pour décider toute cette affaire à Constance ^^.

Parti de Fribourg, le roi traversa le pays et passa les montagnes au-^delà desi^uelles la nature déploie tout-àcoup sa grandeur et sa magnificence, se rendit à Lausanne, puis à Genève par les villes romandes des bords du lac. Il aperçut de loin les tours nouvellement réparées ^* du dôme où Genève païenne avait adoré le dieu du soleil, où Genève chrétienne adorait St, Pierre; tous les chanoines du chapitre et tous les ordres religieux allèrent au-devant du roi ; Fadministrateur de Févéché, le pape Félix, pour ou contre lequel il ne s'était pas encore prononcé d'une manière décisive, avait ordonné de l'honorer de toutes les manières. Il approchs|i de la petite ville, où se pressait une popula-

^<^ StettUr prétend qu'il confirma les franchises des Bernois ; T^chudi n'en parle pas et Lauffer le nie. En effet nne charte dans ce sens ne peut guère se concilier avec la situation des affaires d'Argovie.= C'est d'après Lauffer q^e Muller nie cette confirmation des franchises de Berne. Steitler a été mieux informé; la charte de confirmation existe réellement; elle est datée de Fribourg en Uechlland, mercredi après le jour de St.-Gall lââS. Muller n'en a pas eu connaissance. I^oin qu'il soit difficile de la concilier avec la situation des affaires d'Argovie, il est fort vraisemblable que , selon la judicieuse observation de M. le landammann de TilUer, les dispositions des villes argoviennes et l'aspect de la population belliqueuse de Berne firent comprendre au roi la difficulté de recouvrer l'Argovie bernoise. Voy. de TilUer, HisU de la républ, de Berne, t II, p. 82,

Page 1