‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 125 sur 157 · LIVRE III. SËCT. 2^. GHÀP. X · texte numérisé non relu

LIVRE III. SËCT. 2^. GHÀP. X

fin ce prélat déclara que le roi consentait à soumettre* leur différend au jugement des princes électeurs dans la prochaine diète d'Empire^ ou à celui du comte palatin du Rhin ^^, ou immédiatement aux princes et seigneurs présens à Constance^ mais qu'il était résolu de ne pas confirmer auparavant les franchises des Cantons. Les déjmtés suisses ^ qui ne pouvaient pas laisser remettre en question le droit obtenu de Sigismond , devant un monarque intéressé à le leur ravir et dont chacun recherchait les bonnes grâces , s'éloignèrent mécontens d*une cour qui ne Tétait pas moins. L'un d'eux doit avoir dit : « Quoique le roi refuse de » confirmer nos droits et notre juridiction, nous n'en » jugerons pas moins les criminels comme auparavant; » si quelqu'un prétend nous attaquer à ce sujet, nous >) l'attendrons de pied ferme ^^. »

Constance aussi avait acquis de l'Autriche®^, au temps de Sigismond , la juridiction de la Thurgovie ®* ; en général le roi n'était guèi^e favorable à cette ville *^. Peu de jours après ®^ , côtoyant les rives fertiles de la Thurgovie, il se rendit à Arbon par le lac de Constance, le plus grand des lacs du sud-ouest de l'Europe.

'* Qni dans les anciens temps était le juge du roi des Romains. Miroir de Souabe; Aur. Bulla; HippoL n Lapide. (Freyst 1640] , p. 94-

*2 Bullinger, La juridiction criminelle était une des plus grandes franchises.

** L'Autriche l'acquit avec Kibourg.

" T. IV, p. 257,

>^ Parce qu'elle avait imposé les lits , la location des écuries , le fourrage ou le foin de ceux qui vivaient à la cour, de même qu'au temps de Sigismond. Tschudi, U, B&i.

»• 5 décembre.

â02 HISTOIRE DB LA SUISSB.

' L'abbaye et la ville de Saint-Gall rivalisèrent de zèle pour gagner sa faveur par d'éclatans témoignages de respect. Peu auparavant était revenu de Rome ^ muni de la confirmation papale , le nouvel abbé ^"^ Gaspard de Breitenlandenberg, prélat savant dans le droit ca<^ non ^^f pénétré du sentiment de ses devoirs religieux , ami de la paix, et chéri des bourgeois pour la part qu'il prehait à leurs plaisirs de société ^^. Rome , ses études , son voyage fait avec un cortège de six cavaliers, lui avaient coûté douze cents ducats ^^; insou^ ciant des chi)ses de ce monde ^^, il en abandonnait le soin aux administrateurs. Ceux-^i avaient obtenu du roi> à Zurich déjà, la confirmation des fiefs ^^. L'abbé alla fort loin à sa rencontre. Son cousin ^^ reçut le monarque dans le nouveau château ^^ d'Ârbon. A la tète d'un cortège de huit cents chevaux , Frédéric prit la route souvent suivie par de grands empereurs> par les Carlovingiens et les Ottons; il vit le désert admirablement métamorphosé par la religion

^' Ëgloff Blaarer mourut dans un âge avancé, à la Pentecôte, ld42. Jk /. Hoitinger, H, 406.

^s Doctor Decretor. ; Ibid, IV, additions, 93. En général ami des livres. Stumpf.

*' 11$ avaient coutume de traiter les abbés à la tribu des tailleurs , alors appelée la maison ati visage. Halimeyer, 157.

*• Hotiinger, IV, additions , 93.

*^ Sa parole favorite était : « Les moines doivent être moines. » Hatt-^ meyer, 138. Les moines ne Taimaîent pas, quoiqu'il leur eût laissé une plus large liberté. Sans un grand respect, Famour pour un prince est sujet à caution.

^^ La eh. est dans le Cod. tradiu ; vidimée en 14 &6 par de Tettîgkoveo , ammann de la ville de Constance.

*' Jean de Landenberg.

** Lcu, XI, 322.

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"et par l'industrie ; là où les saints reixeontraient autre- Fois des monstres san va geS; il rencontra le bourgmes** tre ^^ et le conseil de Saint-Gall et contempla le Brûel tout entier couvert de femmes ^ de jeunes filles y d'une florissante jeunesse , et les six tribus des bourgeois ^^ rangées en files. Le bourgmestre Zwick lui remit les clés. Le cortège du roi se rendit au palais abbatial , admirant la construction magnifiquement commencée du chœur de Téglise ^. Dans touies les rues se répan«dit la multitude des princes et des chevaliers y \à cour « Le lendemain matin y la ville présenta au roi dans une coupe artistement ciselée un don de quatre cents florins du Rhin^ et, pour recommander à son souvenir la principale industrie du pays, quelques ^^ pièces d'une toile extrêmement fine. Fendant trois jours il fut bien traité avec toute sa suite, et Saint^Gall lui offrit tout ce qu'on put imaginer de divertissemens. A titre de ville impériale inaliénable ^^y libre comme Ueberlingen et Ravensboulrg , cette cité prêta serment de fidélité à l'Empire. Elle déclina avec une modeste fermeté toute participation à l'alliance de Zurich, dont elle prévoyait les conséquences.

Sollicité par les Zuricois et jugeant nécessaire d'af-

*^ Conrad Cburer^ homme gros et fort , élait bourgmestre. Siumpf^ ** Peu auparavant, en 1438 , les deux conseils avaient fait rédiger pour la première fois les réglémeos des tribus. Hatimeyer,

*' Entreprise eo 4439 par l'abbé Egloff Blaarer. On plaça un tronc dans l'église pour recevoir les dons; la conslmctioa fut exécutée en 44 ans par l'abbé Ulrich Rôsch , qui acheva tant de choses. Stumpf, V.

**/(/.: 2 draps de lit des plus fins et des plus précieux; 44 selon les papiers du monastère.

'* Un savant ami que je nommerais avec une juste gratitode , si je ne croyais pas qu'il préfère n'être pas encore connu, cite cette charte dans sa dissertation t QuaUter eivkas S, G* resp, fada $UT

fermir leur fidélité par tous les moyens ^^ , Frédéric ne négligea aucan motif de persuasion pour faire entrer le pays d'Appenzell dans leur alliance : « Les » Âppenzellois ne peuifent pas refuser cela au chef de » l'Empire y et le voudront^ih , eux dont la liberté a » toujours besoin de sa protection? L'injuste alliance » qui les unit aux Suisses ^^^ les en empêcherait-elle? » Ils sont obligés de tenir, à leurs frais, toutes leurs » forces à la disposition des Suisses , afin d'en recevoir^ » en cas de besoin, un secours de cinq cents ^^^ homn mes, pour une solde journalière de quatre plapparts. » Combien il y a plus d'équité, de dignité, de gran- » deur, dans l'alliance de Zurich avec le roi ^^^ ! » Les Âppenzellois répondirent que a d'après leur alliance , » onéreuse peut-être , mais scellée par un serment^ ils » ne sauraient prendre un engagement semblable ; que » rhonneur de tenir leur parole l'emportait sur tout le » reste. » Le roi donna l'ordre qu'on tentât de lever leurs scrupules par des moyens juridiques *.

*^* « Dans le secret de sa pensée il ne se fiait pas à eux, mais il craignait

• qu'ils ne le dupassent • Tschudi, II, 551. = L'expression du vieux Tschudi est singulière : « il craignait qu'ils ne le conduisissent dans un

• bain, • c.-à.-d. dans une situation d'où il ne sortirait que saucé; ce mot vulgaire rend la pensée de l'original. G. M.

"* T. IV, p. 143.

<^> fValser, Chron, d'AppenzelC, p. SOS : jamais plus de 600.

**' D'après l'esprit de l'alliance de 114^ {fVaUer, pièces justif. 5) ils ne le pouvaient pas ; ils devaient se soumettre à la majorité des Cantons.

* Frédéric invita les Appenzellois à hii envoyer des députés à Constance ; il prétexta qu'ils étaient encore au ban de l'Empire, et qu'il avait à leur parler de cet objet ainsi *que de la justice criminelle. Pour les engager à préférer son alliance à celle des Suisses , il leur fit proposer douze franchises^ auxquelles il attachait certaines conditions. (Voyez les éé\M\s ôxoa Zellwéger, HisU du peuple âppenzellois, t. I, p. 500 et 501.)

• Il est hors de doute, dit M. Zellwéger, que ces propositions et le pré-

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