LIVRE III. SECT. 2*. CHAP. X
Ensuite^ accompagné de Tabbé et d*un nombreux cortège de Saint-Gallois^ le roi traversa le Rhin. Il aperçut de loin les tours des châteaux et les montagnes des pays dont le comte Henri de Montfort-Sargans reçut de lui l'investiture ^^*. L'abbé de Saint-^all eut à Feldkirch un entretien secret avec le roi; comme la ville pouvait abuser de la faveur royale au détriment de l'abbaye^ il le pria de lui recommander^ sous peine de perdre ses bonnes grâces, de remplir envers cette sainte maison les obligations corroborées par l'usage ^^^.
• avis da conseil sur la réponse à faire furent soumis à nne lands- » gemeinde^ mais il n'en est fait mention nulle part. Nous savons du
• reste que les Appenzellois n'étaient guère sab'sfaits des conditions de » leur alliance avec les Confédérés, et nous pouvons conjecturer qu'ils » eussent voulu la modifier. Mais le souvenir des nombreux et loyaux
• services de leurs confédérés les empêchait de se séparer d'eux et df; se » rattacher à l'Empire, qui les avait abandonnés dans les circonstances
• les plus graves. En même temps ils ne pouvaient méconnaître qu'un
• refus les entraînerait dans un long et dispendieux procès, peut-être » même dans une guerre avec le roi. Us, se tirèrent de cet embarras
• avec la ruse qui leur est naturelle. Ils imaginèrent cette réponse éva-
• sive , qu'ils voyaient parfaitement combien l'alliance avec les Gonfé- » dérés était onéreuse pour eux, mais qu'il leur était impossible de violer » leurs sermens à moins qu'ils n'en fussent légalement relevés. Le roi les » adressa à l'évêqne d'Augsbourg, pour qu'ils lui exposassent leurs griefs » et attendissent sa décision. » Fadian, 349; Tsehudi, U, 354; Chronique fnanuscrite dans la bibliothèque de l'abbaye de St-Gall, n"" 645, p. 412.- C. M,
**^ Outre Sargans, il reçut l'investiture de Sonnenberg, de Guggeis, d'Obervaz, d'Ortenstein , de Schams et du comté de Langenberg, appelé Laax. Charia de 14B 4 et 1443 (dans la riche collection du général baron de Zurlauben , acquise par le canton d'Argpvie).
i05 Raconté d'après les chartes dans la dissertation, n. 99. Stumpf remarque avec raison qu'autant l'abbé Gaspard était sociable , autant il persista avec vivacité et constance dans ce qu'il regardait comme son droit.
Le roi écrivit en conséquence à la ville. Elle en fut effrayée. La démarche secrète du clergé lui parut dangereuse ; elle résolut avec d'autant plus de fermeté de ne prendre aucun engagement vague dont on pût faire usage contre sa liberté. Elle offrit de prêter à l'abbé le serment qu'on exigeait, mais uniquement à titre d'hommage féodal. Afin de décliner un serment aussi limité, il rappela celui qu'il avait lui-même prêté au pape ainsi que la volonté royale ^®^. Il fut impossible d'obtenir une déclaration du roi j qui ne voulait pas se mettre en contradiction avec lui-même. Lorsque ensuite la guerre de Zurich vint à éclater , les rapports de la ville de Saint-Gall demeurèrent indécis tant que dura la lutte entre la domination et la liberté.
Gomme les Zuricois s'inquiétaient de ce que l'Autriche antérieure allait être soustraite à la surveillance immédiate du roi, ce prince, à son départ de Feldkirch, appela sur eux la sollicitude spéciale du gouverneur et de la noblesse de ce pays. Il partit ensuite pour l'Autriche. Le margrave gouverneur, le bourgmestre et une délégation du conseil de Zurich se rendirent à Tôs , couvent de femmes situé dans le comté de Kibourg. La milice et les sujets de Kibourg , réunis dans ce lieu , furent déliés de leur serment envers la ville de Zurich et jurèrent fidélité à l'Autriche ^^ . Le margrave prit possession du principal château , dont on lui remit les clefs. Il alla ensuite à Zurich , et promit d'envoyer à cette ville et à Rapperschwyl des officiers et des soldats. Alors finit l'en quatorze cent quarante-
^^^ Actes des conférences tenues vers Ste. -Agathe. 1Û7 25 décembre. TschudL