LIVRE IIÏ. SECT. 2*. CHAP. X
deux ; quelques Zuricois , dans l'espoir de se venger de Schwyz , venaient de plonger leur patrie dans un abime de maux.
Avant et après les fêtes du nouvel an (1443), les députés des Confédérés s'assemblèrent' presque chaque jour pour délibérer sur la situation du pays. Quand ils apprirent que Téouyer-tranchant de Waldbourg , bailli impérial de Souabe, avait fait une nouvelle apparition dans le pays d'Âppenzell, ils convinrent d'y envoyer une délégation pour consolider ralliance. Ils espéraient détourner Zurich même de son union avec l'Autriche, puisque le roi se montrait hostile aux plus anciens Confédérés.
Les Appenzellois leur rapportèrent ce que l'écuyertranchant avait annoncé, savoir : que sous la direction de l'évêque d'Augsbourg on examinerait juridiquement si l'alliance leur interdisait de contracter d'autres engagemens sans l'autorisation des Confédérés ; ils ajoutèrent qu'il ne pouvait en être ainsi et qu'ils garderaient leurs sermens , eux qui plaçaient leur dignité et leur noblesse dans la loyauté. Us déplorèrent , d'un autre coté , les nouvelles dissensions entre leurs confédérés de Zurich et ceux des autres cantons ; sans s'ériger en juges ^^^ , ils ne voulaient rompre leurs sermens à l'égard des uns ni des autres , mais rester neutres jusqu'à la réconciliation.
Admis devant le bourgmestre et le conseil de Zurich , Pétermann de Lûtishofen , avoyer de Luéerne , fit, au nom de ses co-députés d'Uri, d'Unterwàlden et de Zoug , contre l'alliance autrichienne , une pro-
*®* Il en était réellement ainsi d'après les termes exprès de ralliance de lÂll.
position ^^^ motivée par l'histoire des cent dernières années et par la situation présente de la Confédération. On lui répondit préalablement que si les Confédérés s'en étaient tenus à Tancienne amitié que Zurich avait si bien méritée y personne n^aurait songé à une autre alliance. Une délégation de sept hommes versés dans les affaires^ dont les paroles furent approuvées par le Grand Conseil, représentèrent plus explicitement: ^^^ à la députation, (c que les Confédérés, par leur par- » tialité en faveur de Schwyz et en abusant de la » condescendance de Zurich , l'avaient forcé à pren- » dre de nouvelles mesures; qu'il était trop tard et inu- » tile de songer à détourner cette ville impériale d'une » union plus étroite avec la maison du chef de TEm- » pire ^^^ ; elle qui, en entrant dans la Confédération, » s'était réservé le droit de former d'autres alliances , » comme à présent encore elle venait de réserver » l'alliance fédérale. » Les députés suisses, dans l'espoir de ranimer plutôt chez le peuple les sentimens des anciens temps, auraient désiré parler à la commune , comme leurs pères en pareille circonstance ^^2; mais les derniers événemens avaient fait une impression trop profonde sur le peuple même pour qu'une telle tentative eût été prudente.
Le lendemain la ville de Rapperschwyl fut occupée par quatre-vingt-un arquebusiers que l'écuyer-
*•» Le lundi après le 20« jour ( 13 janvier'). BuUinger.
*^o BuUinger rapporte le discours en détail.
"* D'après le serment prêté à l'Empire , la ville devait avancer le profil de l'Empereur et empêcher ce qui pouvait lui porter perte oti dommage.
4" T. III. p. 317, 31S.