LIVRE m, SECT. 1^. CHAP. X
tranchant mit au service de rAutriche, Aussitôt les paysans de Horgen et d'autres villages de la rive occi-^ dentale du lac de Zurich, soit par ordre ^'^, soit par crainte de nouveaux dégâts '^*, élevèrent un rempart de deux lieues de long par-dessus* le mont Hirzel, dans la direction dé la Sihl, jusqu'aux frontières du pays de Zoug.
La communauté entière des Zuricois , assemblée près de la grande église ^'^, jura obéissance au commandant envoyé par le roi , Thûring de Hallwyl. Le même joiir , sur la proposition de ce général , là croix blanche , signe distinctif des Confédérés dans toutes leurs guerres, fut déposée et remplacée par la croix rouge des Autrichiens, En l'honneur du roi , la plupart décorèrent de l'aigle casques^ lances et boucliers. Les plus orgueilleux aimaient surtout à se distinguer' par des plumes de paon , dont un panache se balan*çait sur le casque des ducs^^^*
A Rapperschwyl , Louis Meyer, d'une bonne famille alsaciennes^''', fut nommé commandant royal, reçut le serment ^^^ , çt distribua les croix rouges.
Sous ces chefs se rassemblèrent pendant l'hiver un grand nombre de gens d'Alsace et de Souabe, excités par l'amour des armes ou du gain , ou désireux de bien mériter du roi et de la noblesse. La vigueur avec
*'' C'est Topinion de Tachacktlan et de Tschudi.
*** Malgré les exhortations contraires de leur gouvernement. Rahn, 311. Cette observation parait toutefois se rapporter à un fait postérieur.
*** 24 janvier, 1443.
ti< « In galea babent pavonis caudam. •FeU Faber, nUu Sinevor, 1. 1, p. 66, a (édit. Ulm , 1727).
**' On le dit originaire de Huniugue..
*** 27 janvier.
laquelle les Suisses avaient battu leurs ancêtres semblait affaiblie et peu redoutable depuis la défection du Vorort. Dans l'iyresse d'une joie eflFrénée on s'enorgueillissait déjà des exploits de l'été suivant , et même on formait^ pour l'extermination des Schwyzois^ des plans à l'exécution desquels rien ne semblait manquer qu*un prétexte de guerre. D'après l'un de ces plans, on aurait occupé les hauteurs de l'Etji^el et du Sattel ; deux divisions auraient à l'improviste porté le ravage dans Schwyz et dans Ârth, et une troisième^ par l'Âlbis, dans le pays de Zoug ; un autre plan prescrivait de faire une invasion tout à la fois par la Marche^ par l'Etzel et par l'Âlbis "^. On imagina deux moyens d'occasioner une guerre^ sans que Zurich achetât cette fortune ^^ aux dépens de son honneur ^^^ : ou bien 'Zurich redemanderait laconiquement Windek^^^ et en cas de refus déclarerait sur-le-champ ^^^ la guerre à l'injuste Schwyz; ou bien, pour éviter plus sage* ment encore les formalités , Rapperschwyl exciterait Schwyz etGlaris^^^, puis appellerait à son secours les Zuricois , ses alliés. Les iZuricois pouvaient accorder x;é secours sans balancer , si on le requérait au nom du chef du St. -Empire romain, vu que l'antique lien qui les unissait à l'Empire avait le pas sur l'alliance postérieure avec les Suisses ^^^.
^** Mémoire sur la manière de commencer la guerre après nous être entendus avec le margrave et Jacques Truchsess, Je n'en ai pas troavé la date précise.
*^^ • Si nous réussissions à exciter une guerre journalière. •
"' « n faudra aviser au moyen de faire la chose avec honneur. »
**2 Conformément au prononcé n. 18.
*2* « Une heure après. »
*2* Leur enlever une barque chargée.
*?^ « Puisque l'Empire est réservé dans toutes les alliances. »