‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 135 sur 157 · LIVRE III. SECT. 2*. CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE III. SECT. 2*. CHAP. X

villes impériales de Souabe ^^^, pour lui-même et pour sa cause , contre les idées fausses qu'on répandait sur sa conduite. « Depuis que leur territoire a commencé >y de se peupler , les Schwyxois relèvent immédiate- » ment de Tempire romain ^^'^ ; il y a bien des siècles , » ils ont donné des preuves de leur courageuse fidé- » lité aux empereurs qui marchaient contre Rome , » Byzance*^^ ou d'autres contrées lointaines; en récom- » pense ils ont reçu des franchises , que de tout temps » et même à des époques récentes ^^^^ les souverains » qui se sont succédé leur ont confîrmiées ; pour la » première fois cette confirmation leur est refusée » maintenant^ parce que le roi défendait contre eux }) un intérêt de sa maison ; mais de sa vans hommes , » qui s'intéressent à eux *'^, trouvent que Sa Majesté M royale ne devrait pas confondre les réclamations de » sa maison avec les affaires de TEmpire ; ils ont été » en gueire avec l'Autriche avant *^* et pendant les

••• Et sur le Rhin, jusqu'à Strasbourg.

' *^^ Ils paraissent ici n'avoir anéun souvenir des temps de leur primitive et complète liberté ( T. I, p. 411 ) ,

i<s Peut-être 6*agit-il de Texpédîtioii de Frédéric Barberousse en 1189. Ils lui étaient particulièrement dévoués ( T. I, p.-422 ). Toutefois il 6e peut que cette allusion ne soit fondée que sur la fable alors reçue de l'ex-^ péditîon de Gharleinagne à Gonstantinople et à Jérusalem.

^^^ Dans cet écrit ils distinguent plusieurs fois la nouvelle période de leur histoire « renfermée dans les 200 dernières années, » remontant à l'époque des désordres qui suivirent le concile de Lyon (T. I, p. 421 ; t. II , p. 71 , 72 , 89 )• Il ne faut pas chercher ici une parfaite eiactltude chronologique; cependant il se pourrait qu'ils eussent encore possédé des traités de leurs alliances , vieux de deux siècles.

<7* Chanceliers ou docteurs des chapitres d'Einsidlen, defiéronmAns- 1er, de Lucerne etjd'Engelberg.

*^* Si l'on recherche la précision, ceci pourrait se rapporter à lapé-

n deux derniers siècles ; par là est devenue nécessaire » l'alliance confédérale; maintenant Zurich s'éloigne » d'eux et l'Autriche se fortifie contre eux par Zurich.» Us exposèrent en détail la suite des faits , le mal incurable résultant du refus de se soumettre à la justice , la paix journellement plus compromise^ et ils conclurent en 'demandant que l'on ne prêtât pas l'oreille à des jgriefs sans fondement.

Les villes. impériales n'étaient point défavorables à la cause des Confédérés ; le roi leur paraissait écouter trop exclusivement la noblesse ^'^^. Cette disposition empêcha que l'Empire ne fût entraîné à une guerre. Si les villes ne se prononcèrent pas positivement popr les Confédérés ,. il faut l'attribuer surtout au margrave Albert de Brandebourg , que sa bravoure , sa stature et sa beauté firent surnommer Achille. Il s'unit par un traité avec Télecteur de Mayence , Didier Schenk d'Erbach ^'^^. Or, depuis Conrad de Weinsberg surtout ^^^, Félectorat de Mayence formait le centre ou plutôt était à la tête de la noblesse allemande , et Sigefroi Schenk d'Erbach , oncle de l'électeur, avait été tué par les Suisses à la bataille de Sempach^*^^. Albert jouissait à la cour d'une si grande considération que jusqu'à la fin de ses jours il fut le bras droit de Frédéric.

Lorsque les mouvemens populaires dans le canton

riode de 1210 à 1232 , aiws que le grand -père de Rodolphe éta\t leur bailli impérial malgré eux. T. I, p. 42 S et sttiv.

*'« Têehmdi, n »51, a.

*^* Jean Henri Fà$$U ( dans le Mtuée iuiêse ) » Remarque$ pour le ehant de Rosenpluet sur la guerre de Nuremberg,

*'* Il mourut «n 1595. Les preuves dans Johann{$^ Script rer, Mogunt, \. T.

<^7^ Jokannis ; d'après des papiers de famiitc.

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de Zurich justifièrent des mesures répressives , ital Réding, assuré d'avoir mis à couvert l'honneur de Schwyz, partit avec la bannière cantonale , le 18 de mai y campa sur TEtzel et fit savoir à Jost Tschudi qu'il eût à marcher avec Glaris*

L'irritation des deux peuples rendit inévitable la prompte explosion des hostilités j pour sauver l'honneur , on se hâta donc de déclarer la guerre. La communauté assemblée sous les bannières , résolut à l'unanimité de s'ariper contre Zurich, et ^ à une grande majorité, contre l'Autriche. Dans les deux déclarations de guerre ^'^^ , conçues du reste en termes généraux , on mentionnait un seul fait spécial, c'est que Zurich avait violé le pacte et les droits de la Confédération , soutenu par le bailli de la maison d'Autriche, le margrave, auquel on adressait la déclaration destinée à cette puissance. Il la reçut , ainsi que le bourgmestre la sienne, des mains du courrier de Schwyz, à minuit, du 20 au 21 mai.

La nuit couvrait encore le pays ^ lorsque la guerre éclata par le fait de quelques hommes de Schwyz, qui de la montagne accoururent vers le pont construit sur le lac , près de Rapperschwyl. Us le détruisirent en partie , parce que la veille 400 hommes de Kibourg et 1 20 de Winterthur avaient occupé la ville d'où ils menaçaient les hameaux de Pfeffikon et de WoUerau , nouvellement acquis par Schwyz et dévoués à ce caneton. De bon matin , après que deux jeunes écoliers dans une nacelle eurent épié le départ des Schwyzois, les habitans de Rapperschwyl passèrent le lac et brûlèrent les maisons de. Hurden. Ensuite le chevalier

'^' Les deux ck. nous sont fournies par Têckttdi

Albert de Breitenlandenberg^ à la tête de 3 ou 400 hommes ^'^'^ , passa de Grûningen dans les murs de Rapperschwyl. Lui-même , son fils, ses cousins Béringer de Landenberg à GreifFensée, père et fils, Henri Schwend, bailli de Kihourg, autrefois bourgmestre , Hertégen de Hinwyl , qui venait d'acquérir Elggau de l'Autriche ^'^^, le capitaine Louis Meyer et Jeaiv son cousin,: Henri de Hettlingen qui avait souffert dans la précédente guerre *''^^, Jean de Bussnang, l'ainé^ et quatre autres gentilshommes dont les seigneuries étaient unies avec l'Autriche pour , la paix et les armes ^^^, envoyèrent leur déclaration de guerre à Schwyz, encore le môme jour ^^S ainsi que Jean Baumann , officier d'artillerie , et cinquante-deux simples soldats nominativement désignés ^^^.

On voit que les serviteurs d'un seigneur déclaraient la guerre séparéi^entj» comme si la chose ne s'entendait pas d'elle-même; que l'on indiquait si le fils s'associait à son père ; que les simples soldats alongeaient les déclarations en y insiérant leurs noms : ces circonstances , si bizarres selon nos mœurs , étaient conformes à la vieille organisation d'une sociçté où chacun

<78 ^Q 4442, il racl^eta les créances pour lesquelles Ëlggaa était hypo* théqué à Rodolphe M^yss ; eu 144^ » le margrave le lui hypothéqua de nouveau. Voy« J» J» fVaser, Urbarium, 1651 , Msc.

" *79 Voy. chap. VIII, n. 124.

*^^ « Dévoués à elle dans la même mesure , nous ne devons dans les » mêmes choses pas demeurer oisifs pour l'honneur. »

*'4 Cette eh, est aussi dans Tschudi.

«82 Tschan Pasi était probablement français ou italien 9 Jean de Than, alsacien; Jean Autrichien, Jack W^elsche, Pierre de Linz, etc.; tous dans la môme charte.

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