‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 136 sur 157 · LIVRE m. BECT. 2*. €HAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE m. BECT. 2*. €HAP. X

agissait pour son compte et déf^adait son propre honneur. Ces hommes ne se croyaient pas te^us de prendre part à une guerre qu'ils n'avaient pas commenoée. Quelques-uns étaient liés par plusieurs engagemens ; d'autres prenaient du service pour un noml^'e déterminé de jours ou de mois. Cette indépendance personnelle se perdit lors de l'établissement des armées permanentes ; de concert avec d'autres circonstances indispensables^ elles peuvent dcmner plus de coosis-» tance à YEiat.

Le matin où les Sohwyzois quittant le pont remon« tèrent sur l'Etzel , des messagers d'Uri et d'UnÉtnvalden vinrent auprès d'Ital Jléding , chargés de lui dire : « que les bannières étaient 6tt marche et se trouvaient déjà dans Steinen, au centre du canton de Schwyz ; mais qu'elles le priaient d'éviter les hostilités , si cela se pouvait. » Lie landanunann raconta comment il avait déclaré la guerre. Grande fut leur surprise : c< Comment! vous déclarez la guerre à la puissance » autrichienne à l'insu et sans rautorisation des Gonfé- » dérésl » A ces mots ils repartirent. Fendant la nuit ils revinrent : « Nos seigneurs commandant les^ bann nières vous font dire : Ce qui est fait est fait; » nous ne vous abandonnerons pas. » Ils ajoutèrent : c( Comme les paysans des bords du lac de Zurich et une » nombreuse miliee de la seigneurie sont postés près )) des retranchemens de la montagne de Horgen, les » Zougois , exposés à être attaqués les premiers de ce » côté - là ^ prient instamment les Cantons de les se- » couder ; quant à ceux-ci , leur désir serait^'aller où » le péril est le plus imminent. » « Bien ! » répondirent les Schwyzois , « nous soutiendrons ici l'attaque dirigée

» contre nous; Claris campe près d'Uznach **^; com- » battez de votre mieux pour Zoug. »

La guerre avait été déclarée le lundi ; le mercredi eut lieu la première rencontre. Les Scfawyzois étaient campés à Pfeffikon et à Freyenbach^ au bord du lac et plus loin sur le penchant de TEtzel^ mais de manière que les inégalités du sol^ en partie couvert de bois^ cachaient leurs forces. Les chefs des nobles et des bour^ geois réunis dans Rapperscbwyl résolurent de traverser le lac, d*épier Tennemi et d'arrêter ensuite leur plan de débarquement et d'attaque. Vers midi; après leur diner^ des g^itilshommes, des citoyens^ de Rapperscbwyl et des campagnards des districts de Winterthur, de Kibour^ et de Grûningen^ en tout environ cinq cents ^^^, s'embarquèrent dans dix bateaux; cent quatre-vingts autres dans la barque bien équipée de la tribu des bateliers de Zurich , et dans deux autres appartenant au village de Stœfa^^^. Le reste de h milice garda Rapperscbwyl^ parce que les Glaronnais stationnés dans le voisinage pouvaient facilement l'attaquer : teUe était effectivement leur intention, mais on l'ignorait^*®. Les premiers traversèrent le lac en deux divisions séparées par l'île d'Ufenau pour laisser l'ennemi dans l'incertitude sur leur dessein. Tandis que les Zuricois amarraient leur barque au-dessolis de Freyenbacli. , qu'ils débarquaient tout joyeux et

*'* Contre les attaques qui seraient faites du côté de Rapperschwyl et de Grfiningen.

*>* Rahn, 500 ; Tsehudi, 555.

^'^ On lit dans Tsehudi : « Uss dem Uofstettlin ; » c'est sans doute une fautf d'impression.

»w Têekiidi, II, h7i, a.

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