‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 137 sur 157 · LIVRE III. SECT. 2*. CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE III. SECT. 2*. CHAP. X

couraient au village ^ les autres embarcations se dirigèrent du même côté.

Une mutuelle incertitude empêcha ce jour-là les deux armées d'en venir aux mains avec toutes leurs forces. Les Schwyzois soupçonnaient qu'on pourrait vouloir les attirer de la hauteur et les entraîner dans une mêlée^ tandis qu'un corps venu de Zurich par terre ^ monterait peut-être par Wpllerau , tomberait sur leurs derrières ou les séparerait du haut de la montagne. Du coté opposé , Louis Meyer, commandant des troupes de Rapperschwyl , et le chevalier Henri Schwend blâmèrent la fougue désordonnée de leurs soldats : la plupart couraient à Freyenbach sans aucun plan et sans connaître la force de l'ennemi»^ de façon que celuici ain*ait pu leur couper la retraite. Ces chefs suivirent leurs troupes : Henri Schwend avait à cœur d'empêcher qu'on ne brûlât Freyenbach et de protéger ces métairies pour leurs anciens possesseurs les Zuricois ; cependant ils laissèrent une garde suffisante à la place du débarquement. Le landammann Réding envoja du côté du village cent vigoureux compagnons armés d'arbalètes et de lances , avec l'ordre d'y découvrir les forces et les intentions de l'ennemi , de l'arrêter , s'ils le pouvaient, et s'ils le trouvaient trop fort d'envoyer en hâte demander du secours à la bannière. Excepté en cas de grand péril , ce n'était pas chose facile , dans ce temps-là ^ de soumettre à une exacte obéissance des hommes dont chacun prétendait faire sa volonté.

Les Schwyzois repoussèrent les avant-postes, trouvèrent l'ennemi dans Freyenbach et le chassèrent de ce village ; bien supérieur en nombre , il le reprit et rejeta les Schwyzois dans le cimetière, où il les assiégea ; ils se ranimèrent, renforcés par de joyeux com-

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pagpdons d armes; pour la seconde fois ils poussèrent Fennemi^ pour la seconde fois ils battir^oit en retraite. Un combat acharné s*aigagea dans le cimetière» Personne ne courut vers la bannière ^ tant on craignait même l'apparence d'uine fuite. Albert de Landenberg , brûlant d'un courage dicTaleresque , Tavoyer Steinar de Rapperschwyl à la tète d'un peuple irrité , virent le moment où les Schwyzois allaient succomber ; mais ceux-ci ^ enflammés d'une ardeur nouvelle à l'arrivée des gardes de Pfeffikcm et d'un renfort de la montagne ^ se jetèrent avec tant de promptitude et d'impétuosité sur l'ennemi ^ qui crut apercevoir Réding et sa bai^ niére ^^'^, qu'ils le forcerait à chercher sa sûreté dans les barques. Mey^ et Schwend, dit-<on^ donnèrent l'exemple. En vain cria ^ conunanda , combattit le no^ ble Landenberg; en voulant arrêter les fuyards^ il trouva la mort **^. Ce jour fut aussi Je dernier de l'avoyer de Rapperschwyl ^^^. A ses côtés tomba son vaillant fils; le second drapeau de Rapperschwyl ^^ échappa de sa main mourante. La passtoci exagéra d'in bord diversement le nombre des morts et des blés-* sés^^^; plus tard il se trouva que, proportiosi gardée,

*"^ Cette bannière vint en effet , comme on le voit par le Rapport de Zurich au sévère, noble et ferme $ire Pétertnann de Barogne (Remarques sur Tschudi) ; Tsehudi dit qu'on te crat seulement

^** Dans le même Rapport, il est dit de lui : • Il mourut avec grand » honneur, ce qui nous fftcbe beaucoup. »

^" Selon Lauffer, V, 1A4 , l'avoyer de Bremgarten périt aussi , assertion sans doute erronée.

''^ Rapport : un petit drapeau avec deux rames ; mais ils rapportèrent chez eux le petit drapeau de St. -George.

**^ Rapport : Zurich perdit de 39 à 30 hommes, Schwyz phis de 60 tués et 80 blessés. TjcWi prétend que Zurkh perdit 42 raoris et Schwyi

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