LIVRE III. SECT. 2*. CHAF. X
la perte Ait à peu près égale des deux côtés ^^^. Réding réprimanda justement le courage inconsidéré qui avait méprisé ses ordres. Du reste ^ le résultat de la journée fut favorable aux Schwyzois : ils avaient conservé leur poste et, sans chef, enlevé à l'ennemi, deux fois plus fort, ses meilleurs capitaines, et détruit en partie sa confiance.
Le lundi l'on avait déclaré la guerre ; le mercredi Schwyz avait triomphé à Freyenbach ; un plus rude combat fut livré le vendredi aux Zuricois près du mont Hirzel par Lucerne, Uri et Unterwalden.
Ceux-ci campaient sur le territoire de Baar pour proléger les Zougois, qui occupaient les retranchemens voisins de Bauenwaag et du pont de la Sihl. L'avoyer Pétermann de Lûtishofen , glorieusement connu dans les annales de sa patrie , commandait les Lucemois; Jean Fûnliner de 3runnberg, depuis environ trente ans Tun des premiers magistrats de son pays 193^ historien de son peuple ^^, vieillard que l'âge n'avait point courbé ^^^, était le chef de la milice d'Uri ; le landammann Jean MûUer avait sous ses or« dres les forces du Haut-Unterwalden, le landammann
22. HûpU, zuricois, ne porte non plus le nombre de ces derniers qu'à 24.
*^^ Car le nombre des combattans était le plus considérable du côté des Zuricois.
*"» Préfet cantonal déjà depuis 1414. Leu.
*'* Schmid, Uist. d'Uri, II , 88. Qui ne s'associerait au vœu exprimé dans la Gazette littéraire universelle d'Iéna, que le patriote M. Schmid publie cette source importante de l'histoire de sa patrie? (Schmid est tombé en défendant la vieille liberté d'Uri. Puisse un autre exécuter cette entreprise l ) = Son Histoire d'Uri a été publiée à Zoug en 1788 et 1790. 2 voL in-8». G. M.
''^ Il ne moumt qu'en 1467.
'Merhi (Marquard) Zelger celles du Bas-Unterwalden. La guerre n'était pas encore ouyertement déclarée entre Zurich et Zoug; les autres aussi ne la faisaient qu'à regret; peu auparavant Uri avait offert de ne pas agir contre Zurich si cette ville consentait à se soumettre au droit fédéral; mais le booi^^mestre Stûssi et le greffier Graf n'avaient pas présenté au conseil la lettre d'Uri ^^. Les continuelles inquiétudes nées de l'incertitude du danger fatiguaient les Zougois campés près du pont de la Sihl, aussi bien que les paysans des rives du lac, retranchés au nombre de 500 derrière Horgen au village du Hirzel ^^. Le jour du combat de Freyenbach ils convinrent entr'eux de ne pas s attaquer sans une déclaration en forme.
Tandis qu'ils faisaient cette convention , le margrave Guillaume de Bade ^ Thuringde Hallwyl, et Rodolphe Stûssi y chevalier et bourgmestre, à la tête de plus de 5000 hommes ^^^, montaient les flancs de l'Âlbis. Cette armée se composait en grande partie d'Autrichiens. Les habitans de cette rive du lac étaient presque tous au retranchement; ceux de l'autre rive observaient Schwyz et Glaris ; le bailliage libre de Maschwanden ne pouvait se priver de sa milice par crainte des Zougois et des Lucernois. Jean Meyer de Knonau commandait la bourgeoisie *^^. L'armée autrichienne se composait d'Alsaciens, de Souabes, de quelque cavalerie française ^^, et d'un grand nombre de comtes, de sei-
*'* G*e8t ce que rapporte Rahn lui-même,
**' Ontre ISOO Autrichiens (qui étaient là depuis long-temps). Tichttdi.
*** Selon Tichttdi, près de 5000; selon Edllbaeh et BiUUnger, 6000. '** • Kronow, « dans Tsehudi ; erreur de plume. 3*« Bourguignons et Français , 70 chevaux. BuUmger.