‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 141 sur 157 · LIVRE m, SECT. 2«. CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE m, SECT. 2«. CHAP. X

se mirent en marche^ volèrent parles montagnes vers le Finsternsée *, passèrent la Sihl et montèrent le chemin rude et pénible de Staig. Ils envoyèrent un messager vers le lac de Zurich, où les Schwyzois se reposaient de leur exploit de Freyenbach. Ils les prièrent de venir les joindre avec Claris/ attendu qu'ils avaient affaire moins à un puissant ennemi qu'à une situation dont ils ne pouvaient se rendre maîtres qu'à l'aide de beaucoup de troupes. Tandis que le messager rapportait la promesse d'un secours , plus d'un soldat courut du Hirzel vers les hêtres où se trouvaient le bourgmestre et le margrave, pour annoncer que les retranchemens, boulevard du pays entier, couraient le plus grand risque d'être surpris , attaqués et rompus, de ce côté de la Sihl par les Confédérés, de l'autre par les Zougois. Plus l'ennemi approchait en forces, plus leurs prières devenaient pressantes ; mais on ne leur accorda que deux tribus de Zurich, qui avaient mis en campagne deux ou trois cents hommes ^^^ L^ botirgmestre en voulait aux paysans des bords du lac, parce qu'ils lui avaient reproché sa conduite dans la dernière guerre ^^^. Le margrave jugea peut-être le terrain peu favorable à sa cavalerie ; il prétexta la mission spéciale que le roi lui avait donnée de défendre la ville ^^^.

Le soleil descendait à l'horizon; déjà l'on préparait le souper pour l'armée des Confédérés. Sur ces entre-

* Le Finsternsée est un lac extrêmement petit dans la paroisse de Menzingcn , au canton de Zoug , G. M.

"* 300 hommes. EdlibacL Ces 300, les 600 de la n. 218 et les 500 paysans des bords du lac font 1/iOO. Les 300 premiers appartenaient aux tribus des cordonniers et des tailleurs.

-^2 Gela lui travaillait encore Fesprit. BulUnger,

2" BulUnger.

fiutes il advint que quelques soldats des remparts leur crièrent : « H(da , mauvais garnemens^ holà ^^! » Ils ajoutèrent des injures plus grossières encore. La oolére s'empara des Confédérés. Les diefs , remarquant des rassemblemens^ ordonnèrent et supplièrent avec instances de réfléchir qu'il se faisait tard, que la position leur était désavantageuse, qu'il fallait nécessairement attendre Glaris et Schwyz; ils formèrent les troupes en cercle et leur parlèrent sérieusement. Le simple soldat cédait à sa rage : l'incendie de Blikenstorf , les insultes adressées des remparts le rendaient sourd aux représentations ; tout-à-coup un grand nombre de voix s'écrièrent : « Nos chers confédérés de Schwyz ont fait » leur devoir à Freyenbach ; eh bien ! faisons le nôtre » encore aujourd'hui ^^^. » On n'écouta plus rien. Rompant le cercle , tous escaladèrent aussitôt la montagne dans l'endroit le plus escarpe, où le rempart avait le plus d'élévation. L'avoyer et les landammanns , voyant l'impétueuse volonté des troupes, arborèrent les bannières et suivirent.

Ainsi, le vendredi 24 de mai, l'an 1443, à l'heure des vêpres, près des retranchemens da Hirzel, le combat fut engagé ; les uns profitant des avantages du lieu, de leurs pièces de position ^^^ , des petites coulevrines et des balistes , s'en servirent avec courage et habileté contre ceux qui, entraînés par la fureur, méprisant la mort, attaquaient leurs remparts et y montaient

^^* Ainsi dans l'sckaektlan ; dans Tschudi : « D*ou venez-vous , d'où venez-vous, méchans garnemens? »

"* Tsehaehtlan.

^^' « Tarrasbfichsen. » Seherz, Giossar. : • Tormentum obsidionale majus. » Frundsperger ne nous en apprend guère davantage. = Voy. noire n. 10^, t. V, p. 300 et 201. C. M.

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