‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 143 sur 157 · LIVRE III. SECT. 2*. CilAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE III. SECT. 2*. CilAP. X

tués, l'ardeur guerrière peinte sur le visage. Us poussèrent des sanglots à la vue de ceux qui avaient tant de fois siégé avec eux dans les diètes! Fuis ilspensèrentà la victoire^ se réjouirent et louèrent Dieu. Lûtishofen , MuUer, Imhof, Zelger avaient promptement exhalé leur vie dans un élan d'enthousiasme guerrier, et con-^ quis une gloire immortelle en combattant pour les alliances ; leurs frères étaient tombés y sans connaître les angoisses de la mort subitement transportés , amis avec amis, du milieu du choc des armes dans ces demeures où Dieu récompense, comme le plus noble sacrifice, la mort endurée pour la patrie«

Au point du jour des cris annoncèrent à Zurich la perte des retranchemens. Brisach, tailleur de Lucerne, courut avec la nouvelle de la victoire vers les Schv^yzoisf Tschudi les avait rejoints avec les Glaronnai3. Tous se mirent joyeusement en marche pour s'emparer, avec les trois cantons, du territoire de Zurich. De leur côté , le margrave ^*^, le bourgmestre et Hallv^yl, les cavaliers du roi , la bannière de la ville de Zurich marchèrent à la défense du pays; mais le peuple abandonnait les drapeaux. Les chefs s'effrayèrent de cette disposition. Dans la plaine de Kilchberg, au-dessus du lac, Hallwyl forma les soldats en cercle pour délibérer si l'on marcherait contre l'ennemi affaibli avant qu'il ne pût se remettre , ou si on lui abandonnerait le pays. Deux mille mains formèrent la majorité en faveur de la résolution la plus généreuse ^*^ Le margrave vit qu'un grand nombre de ces suffrages étaient dus à la crainte qu'inspirait Hallwyl et à la honte ; il réfléchit

240 g|]|. ces entrefaites ii était revenu à Zurich, 2*^ Louis Edlibaeh.

au danger d'opposer à des bataillons victorieux et animés par la vengeance une armée sans confiance en elle-même; il représenta au conseil de guerre « l'im- » possibilité de joindre Tennemi avant la nuit y par » conséquent avec l'ordre nécessaire; une terreur su- » bite^ dit-il^ pourrait facilement jeter la confusion » dans les différens corps de l'armée^ qui s'entr'é- » gorgeraient peut-être ^*^. N'attendez rien de cette » journée; ce qui est fait ne peut être changé; bien- >» tôt j'amènerai à Zurich des troupes nombreuses; » elles donneront une autre face aux affaires. » La plupart furent Jieureux de couvrir d'un prétexte militaire leur peu d'ardeur belliqueuse; mais aucun d'eux ne l'avouait; les Zuricois et les troupes auxiliaires rentrèrent dans leurs foyers en s'accablant réciproquement de reproches ^*^. Us revinrent plus nombreux qu'à leur départ ^ renforcés chemin faisant par des hommes qui ^ après s'être cachésy rejoignaient leurs drapeaux.

Le lendemain dimanche ^ de bon matin ^ pendant que Léonard Broun^ curé de Horgen^ célébrait la messe^ les bataillons de Lucerne, d'Uri, de Schwyz, d'Unterwalden^ de Zoug et de Glaris^ arrivèrent précipitamment de la montagne^ en poussant de grands cris. La population s'enfuit ; les maisons expièrent l'incendie de Blikenstorf • Les Confédérés firent irruption dans l'église et emportèrent les choses précieuses avec tant d'impétuosité que des crucifix furent percés ^^^ et les

^^^ On appréhendait toujoars que les Zarîcois ne saisissent une cx:casion favorable pour se réconcilier toat-à-coup avec les Suisses.

^^^' Les seigneurs et la noblessse perdirent leur affection. Bullinger.

*** Déclaration du prêtre, faite sous serment devant le conseil de Zurich, iàkti.

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