LIVRE m. SECf . 2*". CHAP. X
chemin le plus court. Enfin les bannières d'Uri^ de Schwyz , d'Unterwalden et de Zoug reprirent aussi la route de leurs cantons et vinrent à l'abbaye des Prémontrés de Rûti , unie avec Zurich par un traité dé combourgeoisie ^^*. •
Ce monastère, fondé par les barons de Rëgensberg et les comtes de Tokenbourg, sépulture des gentilshommes tués à Naefels ^^^ , se soutenait bien plus par les dons de la noblesse circonvoisine ^^ et de Zuricois pieux ^^'^, que par la dévotion du peuple des environs, de tout temps faiblement porté pour les moines. En général les époques de la puissance populaire n'étaient pas favorables au clergé ^^^ , surtout quand il s'attachait à des souverains étrangers ^^^ ; les bourgeois de Zurich étaient plus traitables ^^^. Ce fut donc un jour de cala-
'^^ Ce couvent avait été fondé, comme on sait, ponr mettre nn terme à certaines singularités religieuses (t. I, p. 398. ) qui plaisaient aux anciens habitans de Schwyz, et, à ce qu'il parait, à ceux d'alors.
*^^. Cb. du noble Jean Rodolphe de Landenberg à Greifensée relative à la transmission du patronage de l'église dlJster, 1438 : « perpendens
* redilus monasteriî propter gwerrarum calamitates, hominum malitiam
• et sinîstros eventus valde diminutos. • Dans J. H. Hottinger, SpecuL Tigur,
*<^^ La combourgeoisie datait de 1402.
•®" Le peuple n'admettait rien de conventionnel, et jugeait tout d'après son bon sens.
'*• C/i. de frère Pierre de Ruaux, « militis humilis , magistri generalis » ordinis militiae S. Lazari HierosoL dtra et ultra mare , magistrabus et m sororibus domorum in Gevenne (Gfenn) et in Seedorf; «datée 1443, « in domo noslra de Soigniaco, » diocèse d'Orlâins. Hottinger, I. c. Cette charte fait connaître clairement les inconvéniens et « magna damna » d'une dépendance semblable.
*A9 Ch, de Jean et Berihold der Schwende pour la fondation d'une prébende à l'autel « in crypta • (de l'église de l'eau) 1442; de môme de
mité pour Rûti que celui où pénétra dans le couvent une armée prête à se dissoudre , où chacun suivait son caprice et aspirait à quelque butin. Non-seulement les soldats enlevèrent les cloches qui avaient si souvent sonné le tocsintcontre eux: non-seulement ils arrachérent des portes et des poêles le fer et le fer-blanc ^ et pillèrent les meubles et les ustensiles : la jeunesse licencieuse courut dans l'église^ mit en pièces les bannières arborées à Naefels contre les Confédérés ^ arracha les lourdes pierres tumulaires des tombes des grands et chercha des joyaux parmi les morts. On a consigné avec horreur qu'ils se jetèrent les uns aux autres les ossemens de Walram de Thierstein ^^* , qu'ils pénétrèrent dans la magnifique sépulture de la maison de Tokenbourg , et commirent toutes sortes d'outrages envers le cadavre du comte Frédéric, si redouté de son vivant ^^^. Pendant cette guerre, assure-t-H)n , dix-huit églises ^^^ et six chapelles ^^^ devinrent la proie des flammes, des couvens furent dévastés, et les religieux, dispersés dans le monde et laissés sans pain ^^^.
Jean Ami, lÂ&i, et d'autres dans Hoitlnger, I. c. Cependant J«a», prévôt des chanoines augustins du mont de Zurich , juge et « conservator jurîum » Prions et fratrum Praedicatorum de Turego, Pridrîssarum et conven- » tuum in Oetenbach et in Tôss, » adresse le 16 mars 1439 au clergé de ïhurgovie , des pays de Zurich et d'Argovie une exhortation pour leur demander en faveur de ces couvens « optala revelationis praesidia. »
3" Qui péril à Naefels ; t. Ill , p. 298.
^" Ils le portèrent devant Téglise au milieu de railleries ; un d'eux lui mit une pierre dans la bouche. BuUinger. Tout cela peut avoir eu un motif personnel qui nous est inconnu.
*^' BuUinger, qui attribue ces sortes de désordres exclusivement aux habitans des cantons démocratiques.
"* Félix Faber, HisU Suevor,, p. 65 , 6.
**^ Hemmerlin : « Fratres et sorores exules per mundum vagari conspiciuntur. »