LIVRE III. SECT. '2«. CHAP. X
De Rûti les Confédérés retournèrent dans leur pays, continuant incessamment leurs ravages ^^^, et s'agenouillèrent à Einsidlen devant l'image miraculeuse de la mère de Dieu; à l'exemple de leurs aïeux ils vénéraient avec une dévotion exclusive le sanctuaire de la patrone du pays , de la reine du cieL La licence de cette courageuse jeunesse affligeait profondément les faomnies respectables; qui craignaient l'opinion publique ^^'^.
Us rentrèrent dans leurs foyers un mois après la déclaration de la guerre ^*^, vainqueurs à Freyenbach, vainqueurs au Hirzel , conquérans de Bremgarten , de Régensberg et de Grûhingen , la terreur des eûnemis par leurs exploits et leurs ravages. Le mois suivant ils se reposèrent ^^^.
Depuis que le margrave Guillaume s'était aperçu que la défection de Zurich resserrait plus étroitement les liens des autres confédérés et changeait leur courage en fureur , il fit les plus grands efforts pçur entraîner tout l'Empire dans cette guerre , mais il ne réussit qu'auprès de quelques Etats ^^^. L'Autriche était afifaiblie
»*« A Wagen, sur le territoire de Rapperschwyl et dans le couvent de Wurinspach , où une vieille image de la mère de Dieu sua trois jours et trois nuits (comme de notre temps beaucoup d'autres dans les. États romains ont versé des lahnes. ) Hemmerlin, Nous sommes moins éloignés du xv« siècle qu'on ne le croit.
'^^ « Des gens licencieux commettaient ces choses qui déplaisaient aux Confédérés ; mais ceux-ci ne pouvaient pas les dompter.» Tsehudi, II, 379. Il nie beaucoup de méfaits, mais il parait avoir eu en vue plutôt les honnêtes soldats (T. III , p. 318 et suiv. ) que le récit fidèle des événemens.
*" Ils étaient entrés en campagne le 18 mai; les derniers rentrèrent dans leurs foyers le 19 juin.
"» Jusqu'au 18 juillet.
"• Les comtes de Wurtemberg, Louis et Ulrich (celui-là père du premier duc ) , déclarèrent la guerre aux Confédérés. Edlibaek.
par des troubles intérieurs excités contre le Roi tantôt par son frère Albert ^^* , tantôt par les Etats du Tyrol, parce que ce prince retenait malgré eux à sa cour leur souverain mineur ^^^. A la même époque la situation du jeune Ladislas^ Finfluence des Hussites^ la fermentation de la Hongrie et la puissance du Sultan étaient trop redoutables pour permettre que l'armée faible et mal organisée qu'dn pourrait rassembler fût envoyée dans TAutriche antérieure. Cet état des choses inquiétait d'autant plus le margrave que dans Zurich même les partisans des Confédérés avaient enfin le dessus ^ et réunis à ceux-ci pouvaient faire une formidable irruption dans les provinces sans défense de l'Autriche occidentale. Les bourgeois d'ailleurs regrettaient les lourdes et inutiles dépenses, surtout parce qu'à l'exception de Thûring de Hallwyl, de Jean de Rechberg et de Burkhard Mônch de Mônchenstein ^^^, les nobles ne prenaient aucun intérêt à la misère du pays, mais prodiguaient oisivement leur riche solde dans les plaisirs et le jeu.
Cette situation inspira au margrave la résolution de rechercher le puissant secours des Armagnacs toujours jprêts à se battre , et de faire voir, cependant, par de petites expéditions, qu'on en projetait de plus grandes et qu'on n'attendait que les moyens d'exécution. Charles VII , roi de France, et Philippe, duc de Bourgogne, avaient pris à leur service environ 30,000 Armagnacs^^*, dans l'intention d'en délivrer le pays.
82i Fugger, 557 et sniv.
*** Il entrait dans sa i7« année. Gui Arenpeek: •** Lauffer fait une exception honorable en faveur de ces trois ; V •
'2^ Hûpli : La Bourgogne avait réuni 1^,000 écorcheurs, la France