LIVRE IIU SECT. 2*. CHAP, IV
Dans la première ^^^ Elisabeth déclara que, la difficulté de sa situation l'obligeant à chercher protection et conseil y elle s'était décidée , avec le consentement du sire Frédéric de Hôwen, son conseiller, et d'autres bons amis, à prolonger pour le reste de ses jours le traité de combourgeoisie entre elle et Zurich qui expirerait dans quatre ans et demi, et à permettre à tous ses sujets de former de semblables alliances avec cette ville pour un temps déterminé ou pour toujours , sans préjudice toutefois de ses droits seigneuriaux.
Dans la seconde charte ^^ elle rappelait combien de fois son défunt époux, dans les circonstances les plus importantes de sa vie, avait reçu de la ville de Zurich des secours gratuits et fort nombreux qui l'avaient mis en état d'acquérir abondamment et de conserver jusqu'à sa mort domaines et sujets. Par reconnaissance et pour* encourager de semblables procédés à son égard, ajouta la comtesse , elle , veuve et héritière , faisait à la ville de Zurich donation en forme et remise de k ville et de la montagne d'Uznach et de Schmérikon sur le lac , de manière qu'elle-même en demeurât dame et maîtresse jusqu'à sa mort^ mais quie dans le terme de deux mois ^^ le pays jurât d'être exclusivement soumis, après son décès, aux Zuricoîs, comme autrefois aux comtes. Elle réserva en faveur du pays les franchises ^* accordées par la maison de Tokenbourg
de la narration qai né me condnil déjà que trop dans de tristes labyrinthes.
'* Du 29 octobre,
^ Dn même jour ou du 31 octobre ; cette variante se trouve dans mes extraits que la distance où je suis ne me permet pas de recliGer d'après les originaux.
*• Proprement jusqu'au 14 janvier 1437.
^* L'aiTranchisficment du patronage et dn trobième denier. II s'était
et récemment par elle-même pour le salut de Tàme du dernier seigneur^ ainsi que l'exemption de tout impôt arbitraire. A l'égard de la tour de Grûnau^^ située dans le voisinage, la comtesse conservait la liberté de remplir envers le canton de Scbwyz ^^ les engagemens de Frédéric.
Uznach ^ situé entre le lac de Zurich ^ la seigneurie de Windek , dont les Zuricois espéraient encore la possession , la Marche nouvelleipent acquise par Scbwyz , la Lintli qui descend de Glaris^ et le pays de Tokeabourg lui-même, présentaient à Zuricb une situation importante, surtout dans les circonstances actuelles. Il paraissait d'autant plus incontestable qu'Elisabetb pouvait au moins disposer d'Uznacb, qu'anciennement déjà cette ville avait été un héritage féminin ^'^. Cette charte, par rapport à la tour de Grûnau, semblait devoir être agréable à Scbwyz , seul voisin de quelque importance ^*.
probablement commis une injustice pour laquelle la conscience commandait de faire une restitution.
^ Autrement Grynau ; Tétymologie est une règle plus sûre pour l'orthographe que la prononciation , qui varie et change ; pour les noms propres, j'aime à me conformer aux pins anciens docamens.
>* « Zurich ne doit pas l'empêcher de remplir Feogagement du comte. »
>^ En 1187. La nature de ces seigneuries serait éclaircie d'une manière pins précise si les comtes de Rapperschwyl (« Raprechceswillare » ) « et eorum cognatio, » qui peut comprendre la maison de Tokenboui^, tiennent leurs biens d'une aïeule primitive, la fille naturelle d'Ethich le Guelfe. Monaehas fVeingart. , de Gwelfis principib. ; ap. CanU, , Leet. antiqq, , T. UI^ P. II, p. 581 , édit. Basnage. Il serait à souhaiter que l'excellent historien de la maison de Régetisberg éclairât de son flambeaa l'histoire de Rapperschwyl et t cognationis. »
^* GrQnau n'était-il pas une partie intégrante de la Marche supérieure ? Il y a là quelque obscurité.
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Le bourgmefilre eC d'autres députés se rendirent en c<mséquence de Zurich à Uznach pour recevoir le serment. Mais les habitans refusèrent de le prêter avant qu'il fut décidé si la comtesse avait le droit de disposer d'eux. Ils demeurèrent inébranlables (J^ns cette résolution* Le bourgmestre ^ dont ils détruisaient l'ouvrage^ leur parla durement, n Prétendez-vous ^ » hommes d'Uznach , nous résister ? Sachez que vous » nous appartenez, vous^ votre ville, votre territoire , » vos biens; les entrailles au dedans de votre corps » sont à nous^^. » Ils répondirent : « C'est ce que » nous verrons ^^, » et tinrent ferme ^^
Ce mauvais succès en entraîna un autre. Les habitans du Gaster, informés que TAutricha avait déposé le prix du rachat de la seigneurie de Windek ^^, refusèrent la combourgeoisie de Zurich, conciliable pourtant, d'après la constitution de cette époque, avec leurs obligations.
Les Zuricois demandèrent alors aux citoyens de Schwyz leur efficace intervention, surtout auprès des habitans d'Uznach, soit qu'ils espérassent l'obtenir à force d'offres et de promesses, soit qu'ils voulussent déterminer Schwyz à s'expliquer ouvertement. Le landammann répondit « que la chose était difficile , compli- » quée, critique ; qu'elle exigeait la convocation d'une » assemblée générale; qu'actuellement la population
'* Tschadi, Le bourgmestre pouvait tenir ce langage, parce que sans le marché de Zurich ils auraient difûcilement eu du pain.
*^ Nous Terrons « qui nous enlèvera les boyaux du ventre. ■ Louis Edlibaeh , de Zurich.
*^ Ce même Edlibaeh fait observer qae « le propos imprudent du bourgmestre causa presque tout le mal. »
" 20,000 florins.
» ëtait tout occupée de ses troupeaux^ qui allaient n descendre de là montagne ; qu'il assemblerait la lands- » gemeinde au plus tôt; que néanmoins il serait trop » long pour les députés de l'attendre; qu'il enverrait » sans délai la réponse. » Les Schwyzois s'informèrent de l'état des choses^ le trouvèrent conforme à leurs désirs et gardèrent le silence. Les Zuricois comprirent ce langage muet.
A Inspruck , les habitans des seigneuries hypothéquées à l'Autriche supplièrent instamment leur ancien maître d'accélérer le rachat et la prise de possession du Gaster et du pays de Sargans; ils lui promirent de l'assister de toute manière et de n'épargner ni corps ni biens pour ramener sous son obéissance ceux qui pensaient autrement. Cette apparente soumission cachait l'amour de Tindépendance , inné chez tOKt^ les hommes ^^. Ils seraient entrés dans la Gonfédéi ation , si , comme autrefois, les Suisses eussent cherché des amis et des frères, non des sujets. Comme maître, ils préféraient le duc, par de bonnes raisons. La puissance des Confédérés était trop bien affermie pour que sous son joug ils espérassent racheter leur liberté ou se rendre indépendans ^^. Réduits à la condition de sujets, ils trouvaient plus honorable et plus utile d'obéir à leur ancien seigneur, puissant et clément, auprès du-
^' Sartout chez les habitans de Sargans, animés depuis quelques années de l'esprit des Khétiens , leurs voisins.
** Les, Confédérés ne laissaient rien échapper delebrs mains. TschudL =s En effet , les gouyerneroens suisses ont continué à exiger des sujets acquis dans ces siècles tout ce qu'ils devaient à leurs anciens seigneurs, tout ce qui avait jadis excité le juste courroux de leurs propres aïeux, ^ans modifier ce que les siècles commandaient On eût dit que les hommes étaient des plantes. Ailleurs , du moins , le sort des sujets s'était amélioré. D. L. H.
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i^uel on pouvait acquérir hcmneur et richesse^ qu^u bourgmestre actuellement déj^ ri;i,4e et sans libéralité ^^
Leur déclaration fut trés-;3|gréable ^u dup; mai^ rendu prudent par Fâge^ surtout quand il s'agissait de prendre une somme considérable sur son trésor^ fruit de longues économies ^^^ il envoya préalablement quelques conseillers dans le pays pouf s'informe^ de la situation des affaires ^'^.
A Feldkirçh déjà Tutilité de cette précaution se fit sentir. Cette ville répotidit aux propositions de ses en-r y oyés : « que dès l'origine le djïQ a va i t eu tort d'hy pothér » quer Feldkirçh ; Uvrerait-^il de nouveau ses habitant » pour une somme plus for te ^ aujourd'byi oii demain ^ » peut-être à un maître comme celui dont une mort » long-temps désirée venait enfin de les délivrer, après » le$ continuelles vexations qu'il leur avait fait endurer » dans leurs personnes, leurs biens et leurs libertés , ;) au mépris de Dieu et (Je 1^ justice ^^ ? Qu'ils ser^ienl; » volontiers sujets de l'Autriche^ mais pour toujours, >) à des conditions équitables, comme autrefois sous }) les fondateurs et les bienfaiteurs de leur commune^ » les comtes de Mojqitfort-Werdenberg. » Le langage de pes opprimés était ferme çt cljiir ; ils f urejçit écoutés , puis ils prêj^èrent sermenj.
^^ Gi-dessus , n. 31. Ils comptaient ne ri^ donner au duc, bien qn*R 4es efft rachetés. Tschudù
'*.« Toute son ,^me, toq^s ^s pensétiâ ne s'attachaient <|u*à Fai^enlp » Il n'avait que des soucis II l'égard de ses domaines et de ses sujets; » aussi n'aimut-il pas. ^ dépenser. » T^chudi,
*' Ulrich, hailli de Metsçb, çomle de Kirçbberg ; Isenhofer; Spiess.
'* a Us ont eu, dans le sire de Tokenbourg, un maître rude et cruel^ B <)oi foulait aux pied^ leur bon vieux droit, p Te^le est dans HàpU Um pf^on funèbre en Thonneur de Frédéric.
Pleins d'espërance , les conseillers de Frédéric se rendirent de là dans le pays de Sargans, qui avait envoyé spontanément des députés à Inspruck. En effet , bien que les Zuricoîs eussent obtenu plus d'une fois que les habitans du Gaster et de Sargans s'assemblassent dans les hautes prairies ^^ pour délibérer sur leurs propositions, leurs tentatives réitérées n'avaient pu les ébranler. La ville de Sargans se déclara prête à rendre hommage dès que l'on confirmerait ses libertés , telles que le comte les avait, non pas laissées, mais trouvées. Cependant les campagnards, très-grande majorité du peuple, ajoutaient diverses conditions, surtout cellesci : (( de n'obéir qu'à un bailli de leur pays et agréé par » eUx^^; de pouvoir foriner aussi souvent et comme » ils voudraient des alliances avec un ou plusieurs can- » tons confédérés, pour le maintien de leurs droits et » sans préjudice dés droits seigneuriaux. » — « Nous » rapporterons au duc, notre seigneur, ces exigences » inattendties , répliquèrent les conseillers; mais lui » suggérer de les satisfaire, ce serait lui donner le » conseil d'abdiquer et de tout céder aux gens de » la campagne. »
Le duc se repentit presque du rachat de semblables sujets, sur l'attachement et l'obéissance desquels il prévoyait bien ne pouvoir jamais compter. Néanmoins, par égard pour les plus dociles et dans l'espérance de ramener les autres , il fit proclamer « que toutes les li - » bertés dont ils avaient joui autrefois sous lui et souâ
** Dans le pays de Sargans, probablement (car je n'en ai pas la certitude) h Tendroît ou le sol s'élève derrière Walcnsladl, du côlé de Flnms et de Mets, ' *"^ « Que le duc ne leur donne des baillis que de leur pays el avec leur consentement. • Tschudi,