LIVRE ni. SECT. 2^. CHAP. IV
» ses prédécesseurs seraient confirmées dans leur inté- » grité et respectées inviolablement ; que la concession » du droit de former eux-mêmes des alliances avec » les cantons confédérés ne s'accordait point avec sa » dignité } que d'ailleurs ce droit leur serait inutile et » même préjudiciable* Qu'ils ne croyaient sans doute » pas avoir besoin d'armes étrangères contre lui , leur » prince et leur bienfaiteur ; que pour s'assurer de Fa- » mitié des Suisses il suffisait de la paix conclue entre » eux et lui pour plus de vingt ans encore ; que leur » tranquillité serait le plus sûrement garantie y si les )) Confédérés savaient que, ne pouvant compter en toutes » choses que sur lui , ils n'auraient rien à gagner à des » divisions intérieures, » Les bourgeois de la ville de Sargans et les sujets de la seigneurie de Windek n'hésitèrent plus un instant à rendre hommage au duc ; mais les habitansde la campagne de Sargans persisté** rent dans leurs exigences; cette occasion était la seule où ils pouvaient espérer qu'on y satisferait, et ils voyaient dans ces conditions une garantie contre l'abus possible de l'autorité suprême et contre le danger d'être les premières victimes dans toutes les guerres entre la Suisse et l'Autriche. Le duc prit aussitôt possession des châteaux de Sargans, Freudenberg, Nydberg, Windek et Wésen, que l'on regardait comme les remparts du pays. En même temps il congédia les baillis tokenbourgeois. Il eut pour agent dans toutes ses affaires son capitaine dans le pays de l'Adige, Ulrich, bailli de Metsch , comte de Kirchberg.
La situation des campagnards de Sargans et d'une partie du Gaster devenait critique; les rapports des habitaDS d'Uznach avec Zurich étaient plus inquiétans encore; les Tokenbourgeois , incertains sur Tissue de
la lutte engagée pour la succession du comte^ craignaient d'avoir pour ennemis des cités puissantes ou de puissans seigneurs ; ces circonstances excitaient chez; ces populations le désir de vivre en bonne intelligence avec les Schwizois et les Glaronnais^ leurs plus proches voisins^ campagnards aussi ^ par conséquent leurs égaux^ et jusqu'à ce jour amis de la liberté. On rappela aux premiers le vœu souvent et clairement exprimé par te comte que ses sujets formassent avec eux une alliance perpétuelle; on fit observer aux seconds que la nature même commandait une pareille alliance^ puisque^ si le Gaster et Uznach tombaient en des mains ennemies^ Claris serait enfermé dans ses Alpes y séparé de la grande route de l'importation et ouvert à toutes les attaques.
Les deux cantons^ d'ailleurs peu disposés à refuser leur amitié à un peuple^ comprirent la justesse et l'im-» por tance de ces observations. Les Schwizois^ unis avec ces populations par une alliance conclue pour quelques années encore^ et qui avaient le plus de droit de la rendre perpétuelle, se déclarèrent prêts à y admettre sans réserve les Glaronnais, leurs vieux' amis ^^ Ils annoncèrent en commun aux campagnards leurs dispositions bienveillantes; mais ils ajoutèrent que ce la franchise et %) la loyauté étant leur règle, ils ne pourraient céder » à l'inclination de leur cœur, du moins à l'égard de » leurs chers voisifis, les habitans du Gaster, que lorsque 1) le seigneur de ceux-ci, le duc, aurait donné son con^
** D'après Gérold Edlibaeh, Schwyz aurait invité les Glaronnais et lear aurait fait cette ouverture inattendue. Ceci appartient à une époque antérieure où le comte vivait encore ; maintenant les Glaronnais faisaient des propositions à ceux de Schw}'z; c'est Tsehudi ^ de Glaris, qui noa^ l'Apprend»