‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 18 sur 157 · LIVRE lïl. SECT. 2% CUAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE lïl. SECT. 2% CUAP. IV

avec Schvvyz et Claris; il y invita en quelque sorte ceux de Sargans^ et les premiers les convoquèrent pour une conférence dans les hautes prairies. Là^ ils se brouillèrent de telle sorte que dès-lors les deux contrées n'ont plus jamais eu d'assemblée commyne. Les campistgnards de Sargans refusèrent ValUance avec Schwyz et Claris parce qu on ne leur accordait pas la combourgeoisie de Zurich; ils avaient bien plus de confiance dans celle-ci. C'est ce que pensaient aussi; mais en secret , même dans le Gaster^ les habitans de Wésen, le chef-lieu. Schmérikou, grand bourg du pays d'Uznach, manifesta dans la suite les mêmes sentimens. Peut-être Schwyz paraissait-il de trop bonne intelligence avec l'Autriche^ tandis que Zurich offrait plus de garantie à la liberté; peut-être était-on séduit par la facilijLé des importations ; ou bien encore ^ divisés d'opinion^ les chefs de parti excerçaient-ils des influences diverses dans les divers lieux. L'assemblée se sépara sans avoir pu s'accorder.

Le duc se convainquit que le capital employé au rachat des habitans de Sargans était fort mal placé, et que pour tenir un pareil peuple en respect la présence du seigneur dans le pays était nécessaire. Ainsi; en réservant quelques districts ^^^ indispensables à ses communications avec le Caster, il céda, contre le remboursement de ses avances, au comte Henri de Werdenberg, ie château , la ville et le territoire de Sargans, domaine primitif de sa famille, vendu par son père à l'Autriche ^K Cette négociation était si conforme aux vœux de Schwyz et de Claris, qu ils procurèrent à Henri la

^° FreudçQ};»erg, Nydberg, Walenstadt.

^1 T. IV, p. 66, n. 287.

56 illSlximE DB LA ÇUISSË.

èomme nécessaire ^^. Il était fils de ce Jean de Werden-^ berg qui^ près de cinquante aiis auparavant^ avait Commandé lés Autrichiens dàiis la bataille de Nœfels ! Dès que les campagnards de Sàrgàns virent que lé èomte n'était pas disposé à Remplir tous leurs voeux ^ ils lui refusèrent l'hommage. Il se tendit dans le château y et reçut le serment de la ville. Les paysans^ qui habitaient les villages ouverts ati bord de la grande route et au pied de châteaux menaçané^^, conçurent des inquiétudes, tin bomiilè dé là commune de Mels^ homme Pierre Weibel , était capitaine du pays^*. Un des hommes lés plus considérés de la contrée, Pierre Kilchmatter^ qui possédait peu auparavant le château de Flums ^ , et avait alors eûcbre dans Walenstadt sa tour et son habitation, était bourgeois de Zurich ^^. Poussé par l'un de ces deux hommes où par la nécessité, le peuple demanda dû secours aux Zuricois. Le bourgmestre vint; le ii^mte Henï^i, Seigneur du pays^ protesta vainement ; vainemient il proposa une proeé-^ dure régulière ; des setviteurs de T Autriëhe firent aussi Opposition au sujet de Walenstadt^"'' ; la ville de Sargaife

^^ J*ai lu cela dans l'écrit cité, n. il; pins bas je citerai encore une charte sur ce sujet.

^' Freudenberg était situé au-dessus de Ragaz; Wartau dominait Grœtschîns.

^* Un homme très-remuant. TiehudL

^^ 11 le vendit à Zurich en i^SO, (Leit); Zurich le revendftponr i,600 livres à Jean Thum {Protoc, munie. 1430, avant Simon Jude ] ; celui-ci était déjà en relation avec Zuricb comme bailli d'Âltstetten , don loin de la ville. Lèu, art. Altstetten.

^' La maison fortifiée des anciens comtes de Montfort contigue au mur Se la ville, près de la porte supérieure. Lèa, art. Walenstadt.

^^ Il n'est paâ décidé si Walenstadt appartenait originairement et alors^ à Sargans ou au Gaster; cette ville Ée considérait comme faisant pàrti<f Hb Sargans; les Autrichiens la comprenaient dans le Gaster.

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if e prit aucune part à toute cette négociation. Néàn-^ moins le bourgmestre^ au iiom des deu^t conseils, des tribuns et de tous les bourgeois de Zurich ^^ , conclut avec le capitaineries conseils et les communes ^^ de Walenstadt , Flums y M els ^ Ragaz et Grœtschins y un traité de perpétuelle combourgeoisie où étaient spécialement stipulés les points suivans : « Quoique le traité » soit essentiellement conclu dans l'intérêt des libertés » etdes droits du pays, il ne sera porté atteinte à aucun » des anciens droits du seigneur ^. En temps de guerre, « ce pays ne secourra pas son seigneui^ contre Zurich , » et ne permettra pas que les trbiipes pârteiit de la » contrée ou la traversent pour marcher contre Zurich; » mais il lie portera pas davantage secours aul Zuricois « contre VÂutrîche^^ Cette clause dôitsubsister jusqu'au » joiu* où l'Autriche en vahii^itlcpays avec des troupe^; n le cas échéant y le pays et les Zuricois se soutiendront i) mutuellement contre cette puissance. Du reste, les » campagnards ne peuveïit faire ni alliances ni guerres >) sans le consentement de la cité dont ils sont devenus » combourgeois ; toutefois l'urgence®^ pourrait excu- )J ser une prise d'armes. Il se pourrait que le peuple » de la campagne conquit j avec ou sans les Zuricois y » les châteaux de Sargans , de Freudenberg et de Nyd- » berg3 qui, dans ce cas^ resteraient sa propriété , mais » comme demeures ouvertes ^^ aux Zuricois; les autres

58 t De la Ville impériale de Zarîch. » Voy. la ch, dans Tichudi,

** Le titre qu'ils prennent est celui d' «honorables et sages. »

^^ On ne doit pas donner à ces droits plus d'extension.

** Contre la maison seigneuriale d'Autriche ou Us tiens. Ces deniier?

mots font allusion au comte, vassal du duc.

*' Lorsqu'ils étaient forcés de faire la guerre ( ou ansst lors()u'il^

^croyaient ou feignaient de l'être. )

. •* * Jns aperturae. »

58 msTomE de la suisse.

» conquêtes communes hors de ces lijndiies seront aban- » données à la ville. Tout homme ou jeune homme ») ayant rempli sa seizième anniée ^^ jurera de dix ans » en dix ans d'observer ce traité , perpétuel même saas » cela* »

Ces conditions étaient stipulées, m^is non jurées , lorsque les Schwyzois apprirent ccHument^ sans lea consulter^ les Zuricois , par une prompte négociation avec un pays auquel son seigneur légitimée avait permis l'alliance de Schwyz, venaient de conclure ^^, contrairement à ces intentions^ un traité qui annulait cette alliance, çt rendait dans le pays même les Zuricois plus puissans que le seigneur.

Le jour ^^ où le boui^mestre descendait le lac de Walenstadt pour recevoir le serment de combourgeoisie , Schwyz envoya les laudammaous Ital Rédîng et Ulrich Wagner ^"^^ et Glarl^ , le landammann Jost Tschudi ^^ et Jean Gallati dans le Gaster et à Uznach. Ces députés, ayant trouvé la plupart des babitaoid dispo&és à conclure une alliance^ se reodirent auprès des Tokenbourgeois.

Aussitôt de rapides messagers invitèrent la Token-

•* Dans les démocraties de celte contrée, le jeune homme devient à cet Age un citoyen aeUf.

'^ Sans réserver son admission ou celk d*autres eau^ns. «optsae cela avait eu lieu dans, plusieurs occasions.

••19 décembre.

•^ Historien de ce temps. Huiler, BibL de VHUi. de la Suisse, t. V, u. 16i ; Ëdlibach en a ûté «n grand parti.

•^ Le bisaïeul de l'historien; il avait ordinaûrement auprès de lut Jacques fVanner, greffier c«»tonal, qui prenait note dé tout. Hatier, 1. c. n. 163. Je n'ai vu ni cette hbtoirc, ni coUe du greffier cantonal» Jean Fràndy attaché à la personne d'Ital Réding; mais TscAadilcs a insérées dans sa chronique.

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