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CHAPITRE II

FRÉDÉRIC DE TOKBNBOURG.

Ses domaines et ses relations.

Dans tout le pays situé entre Zurich et les frontières du Tyrol , Frédéric , comte de Tokenbourg , était de beaucoup le seigneur le plus puissant et le plus riche.

Géographiquement, le Rhin partageait ses domaines en deux parties. En deçà * de ce fleuve il possédait les vallées, contiguës pour la plupart, réunies par les sires de Tokenbourg sous ce nom ^, la marche supérieure de Tuken ^, la seigneurie d^Uznach *, la seigneurie de Windek dans le Gaster, les châteaux de Nydberg et de Freudenberg, la seigneurie de Sargans, le château de Wartau au-dessus de Graetschins , le Rheinthal, une multitude de serfs et quelques domaines épars dans la Thurgovie. La plupart de ces possessions entourent le massif de montagnes dont les Appenzellois habitent le côté septentrional. Elles-mêmes se composent de beau-

^ Quoique l'auteur ait écrit ceci à Vienne , il se plaçait toujours en imagination ^u sein de la Suisse. Cette illusion le consolait

^ L'ancien et le nouveau manoir de famille de ce nom, les châteaux de Lfitîsbonrg, Wildenbourg et Starkenstein , le village de Wildenhaus, la Batzenheid , les vallées le long de la Tbour et du Neckar, la vallée de Sain-Jean.

' Où Ton voit la forteresse de Grinau.

^ Où Ton dislingue Schmérikon , outre le cbeMieu..

coup de montagnes , en partie trés-élevées j celles-ci sont couvertes d'excellens pâturages ; les vaHées et les collines offrent en abondance des vignes y du blé , des bois et des arbres fruitiers. Une multitude de ruisseaux et de torrens , dont le plus considérable porte le nom de Neckar, forment la Thour, qui se précipite , sau-rvage et impétueuse^ du haut Tokenbourg. Entre Walenstadt et Wésen , un s^b}me d'une effrayante profondeur * est recouvert par un lac de quatre lieues de long. Non loin de là commence^ déjà moins sévère , bientôt plus gracieux^ le lac de Zurich. Toutes ces contrées j, quand on ne les négh'ge pas, suii^tout le Tokeqbourg même^ forment un pays fertile et sain; elles possèdent tous les élémens du bonheur, quand ni agitateur ni gouvernement tyrannique ne les trouble. Au-delà du Rhin^ Frédéric de Tokenbourg possédait presque tout le territoire situé entre le lac de Constance et le pays des Grisons tel qu'il est aujourrd'hui ; sur les bords du Tac de Constance^ Fussach; à côté de ce l^eu, les prairies qui s'étendent autour de Torenbûren ; le célèbre château patrimonial de Montfort; la contrée de Mûsinen, et dans celle-ci l'wcien marché impérial de Rankwyl^ si^e d'un tribunal provincial libre ; Feldkirch dans le Nébelgau ; le WaVgau; la forêt de Brégenz; toutes ces contrées populeuses habitées par une ^^ce semblaliile aux anciens Allemands. Plus haut y M ayenfeld lui appartenait. Non loin de Fantique forteresse de Marschlins ^ qui était en sa puissance, la rivi^e du Prettigau^ le conduisait

* D'une profondeur (f environ 500 pieds, an bas de rochers qui ont 6,000«pieds d'élévation. E6e(,

* La Landquart. Marschlins appartenait an comte , comme le prouve la réserve que les communes de Kitiers et digis font contre les coûta-

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