ACOHOISSEMENT DES TROUBLES EN
Fermentation; efforts des Confédérés, — Diète de Lucerne. — Ë&portation interdite par les Zurîcois. — Désistement de la comtesse. — Expédition des Zuricois dans le pays de Sargans.--' Entraves mises au commerce des blés. — Le Gaster passe au pouvoir de Schwyz et de Glaris ; Uznach aussi. — Mort de l'empereur Sigismond.
Le jour de Noël on reçut à Zurich la nouvelle que Schwyz et Glaris s'étaient approprié, sous forme d'une alliance, Windek, Uznach et le Tokenbourg, et que les lettres impériales , la longue espérance de posséder Windek et la convention'de la ville avec la comtesse au sujet d'Uznach avaient été anéanties par des Confédérés. La bourgeoisie ressentit l'atteinte portée à l'honneur et aux droits de la ville*. La rigueur de l'hiver ne l'empêcha pas d'envoyer un corps de troupes à la frontière ^ et de requérir le secours de tous les autres cantons^. Schwyz et Glaris armèrent de leur côté.
Les Confédérés furent saisis d'effroi ; leurs députés s'assemblèrent. Le dernier jour de décembre , ceux de Berne, de Lucerne, d'Unterwalden et de Zoug* pa-
^ « n y ent singulière ramear et agitation. » Tschudi, 2 A Pfeffikon , Rûtî et Wald.
* Ce dernier point résulte du Manuel da Conseil, 5 Janvier 1437. ^ Un pas encore, sans donte à cause de la distance; un vent contraire saffisait pour empêcher les députés d'arriver à temps.
Furent à Zurich devant le Grand Conseil et le supplièrent « de ne pas désespérer si tot^ des voies amiables, }) de se confier dans leur fidèle médiation et de rappe- » 1er leurs troupes avant que des malheurs ne rendis- » sent la réconciliation plus difficile. » Les Zuricois répondirent : « que ce n'était pas à eux qu'il fallait re- » commander la paix ; que d'autres l'avaient rompue )) en leur enlevant leur propriété j qu'ils en récla- » maient la restitution; qu'après cela ils consentiraient » aux voies judiciaires pour les frais et les indem-
» nités. »
Les députés se rendirent à Schwyz et à Claris et parlèrent à ces cantons d'une manière pressante^. Schwyz et Glaris n'avaient pas trouvé Zurich réellement en possession de la contrée en litige ; ils se contentèrent d'offrir le recours au droit fédéral conformément à leurs alliances éternelles. En vain les députés voulurent leftiengager à remettre les pays contestés en main tierce, à la comtesse de Tokenbourg, jusqu'à l'issuedu procès. Cependant les médiateurs espérèrent rapprocher les esprits dans une diète par de nouveaux expédiens ou par des représentations touchantes.
Comme ils exhortaient les Zuricois à tenter cet essai de conciliation'^, ils reçurent pour réponse , « que Zu- » rich , non point par amour pour Schwyz et Glaris , » mais par égard pour le désir de meilleurs confédérés , » sans renoncer à aucun de ses droits, consentirait à une )} semblable diète aux conditions suivantes : qu'elle se
^ Manuel du conseil, SI déc. : « Ne soyez pas trop prompts ; renvoyez vos gens chez vous. »
* Manuel du conseil , 4 janvier.
' Ibid, 5 janv. : « Ils voulurent nous persuader que nous détiendrions droit et satisfaction. •
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» tiendrail à Bade^ , que tous les cantons ainsi que les » villes de Saint-Gall et de Bade y seraient représentés^^, M et qu'elle finirait pour le plus tard au bout de quinze » jours après une décision convenable. »
Les médiateurs rapportèrent cette réponse à la partie adverse. A Zurich on nomma pour députés le bourgmestre^ le greffier municipal Graef et sept autres mem- * bres distingués des deux conseils avec le mandat de maintenir avant toutes choses « la possession d'Uzff nach ^^. » Peut-être espérait-oa l'obtenir par voie de médiation^ tandis qu'on se présenterait devant un tribunal avec un titre plus solide sur Windek. On recommanda en même temps à tous les conseillers d'exhorter en toute occasion les bourgeois à demeurer Fermes dans ces principes '^
Schwyz et Glaris furent si reconnaissans envers les médiateurs qu'ils évacuèrent alors le château d'Uznach, et que leur bailli fut invité à recevoir les ordres de la comtesse ^^. Seulement^ comme leurs principaux ma-
• Tsehudi n'en fait pas mention, mais BuUinger le dit , et îl est confirmé par le Manuel du conseil ; dans rhistoire de cette guerre Ballinger s^appuie sur les documens.
' Afin que les cantons forestiers, Un , Unterwaldcn et aussi le démocratique Zoug ne remportassent pas par le nombre des voix sur eux , contre Berne et Luceme, idlles sur lesquelles Zurich pouvait plutôt compter, particulièrement dans le cas où les parties intéressées auraient voté; alors Schwyz et Claris, avec les trois cantons susnommés , auraient formé la majorité contre Zurich et les deux autres villes. C'est là un des plus anciens souvenirs de la jalousie des villes et des campagnes.
*^ « De s'appliquer entièrement à ce qu'il nous demeure. » Manuel du conseil , 7 janvier.
^* « Que chacun prenne l'affaire sous sa protection quand il en entendra parler dans la commune. » Ibid,
*^ Ibid* 9 janv. Cependant les sujets ne furent pas relevés des sermens prêtés auparavant. 7^((/. 17 janv.
gistats étaient à Feldkirch près des conseillers autrichiens*^, ils demandèrent de différer la conférence de quelques jours. Les Zuricois témoignèrent de l'humeur et de la méfiance*^; les médiateurs les prièrent de ne pas concevoir si promptement une mauvaise opinion de leurs confédérés *^ ; mais vors ce temps les Zuricois reçurent du duc la lettre désagréable dont nous avons fait mention*®.
Le lendemain de bon matin ^'^^ les habitans du Gaster et de la montagne d'Ambden , à Tinstigation d'Ulrich de Metsch , peut-être sans la participation de Glaris et de Schwyz, mais du moins pas à leur insu, s'emparèrent de la ville de Wésen , qui n'avait pas encore rendu hommage ni juré l'alliance. On l'obligea de rendre hommage sur-le-champ, et de prêter serment peu de jours après *^ dans le moment où l'on négociait une paix à Bade. En général, ceux qui exerçaient la principale influence sur les habitans du Gaster ne semblaient guère se soucier de la paix ; ils souffrirent que le peuple enlevât aux Zuricois deux bateaux qui se rendaient de la Linth dans le lac de Walenstadt avec des denrées pour Walenstadt et le pays de Sargans*^*
'' Non pour faire consentir TÂutriche à ce que Gastal conserve son alliance avec eux : cela était déjà convenu; mais probablement pour prendre en commun des mesures au sujet de Wésen et d'autres lieux.
*^ Manuel, 9 janv. : « Us vont çà et là pour nous susciter des ennemis. »
^^ Ibid, : « Ils croient et espèrent que leurs démarches ne sont pas hostiles. •
*« Voy. chap. IV, à n. 78 et suiv.
*' 10 janv. Tsehudi.
*^ Quatre jours après. Id, Ainsi le 14 ou le 15 Janvier; le 14 la diète se réunit à Bade.
" Le jour même où Wésen jura Talliance.