‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 24 sur 157 · LIVRE nu SECT. 2*. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE nu SECT. 2*. CHAP. V

La faim pouvait seule excuser ce dëKt; nous avons

vu que Zurich avait interdit l'exportation pour le Gaster^o.

Toujours est-il que ces incidens contribuèrent beaucoup à rendre inutiles les efforts des Confédérés qui , à la diète de Bade , voulaient engager les Zuricois à s'en remettre entièrement à leur décision ^^ L'exaspération des partis augmentait, et avec elle l'inquiétude des hommes bien pensans : la diète se sépara sans ré* sultat.

Les députés des cantons impartiaux, ceux de Saint- Gall et de Bade, et ceux de Schaffhouse , de Constance et de Bàle , qui avaient coopéré à la tentative 4e pacification, se rendirent à Zurich. Ils se présentèrent au conseil des Deux -Cents et demandèrent la prolongation de l'armistice et un compromis ^^, La ville accorda Tune <et l'autre chose, mais à des conditions : « La }} fidélité et l'honneur exigent avant tout, dit-elle, » que nous envoyions à nos combourgeois opprimés » du pays de Sargans des secours en vivres et en » hommes ^^1 si les habitans du Gaster s'avisent de » Fempêcher, nous saurons y mettre ordre. » On avait de plus interdit ^^ aux habitans hostiles du Gaster, ainsi qu'aux Glaronnais et aux Schwyzois, non la route de l'Empire, qui, passant près de la ville ^ leur demeurait ouverte, mais dans la ville le marché ou

•• Voy, chap. IV, à n. 45.

** « Qa'ils s'en rapportent à eux pour le droit et l'équité. » Manuel du conseil,

^ M atiuel du conseil t 17 janvier.

^' On pensait y envoyer iOO soldats trois jours après; Ibid,

'* G«la râHilte du Manuel, 24 janvier.

plutôt l'exportation^^. Zurich ne voulut pas révoquer ces mesures ; pourquoi renoncerait - il aux moyens de rendre son amitié importante? Enfin cette ville ne consentait à remettre la décision de toute l'affaire aux Confédérés ^^ que s'ils promettaient de restituer sans délai Uznach à la comtesse ^'^, et d'arranger les affaires de manière que Zurich n'entrât plus jamais en partage avec Schwyz et Claris pour le gouvernement d'une contrée ^^« Un pareil partage serait un brandon de discorde.

Les députés des villes restèrent à Zurich , afin d'arrêter les effets de quelque subite explosion. Les députés des ajitres cantons forestiers se rendirent à Schwyz et à Claris 9 où ils croyaient avoir le plus de crédit. Ulrich de Lommis , conseiller distingué de Zurich^*, alla dans l'Oberland pour s'informer si les habitans du pays de Sargans avaient besoin d'un secours prompt et actifso.

Les Zuricois apprirent sur ces entrefaites avec quelle ardeur le duc Frédéric s'efforçait d'exciter toutes les puissances spirituelles et temporelles à faire cause commune avec lui contre eux. On leur écrivit de Baie qu'il les dénonçait au concile comme pertur-

^ On ne leur défendit point l'importation et la vente de leur laitage. Il est encore à remarquer qu'ils ne pouvaient pas employer des charretiers de Zurich.

^' • Se confier en leur justice et leur équité. » Ibid» i7 janv. « ^^ • Sans empiéter sur les droits de notre ville. »

^'. P. e. dans le Tokenboûrg; on craignait probablement que les Confédérés ne soumissent toat à une domination commune, même dans le pays de Sargans.

*' Seigneur de I^ommîs en Thurgovie; depuis lASS aussi seigneur d'Ebmattingen. Leu, art. Lommis.

'• Manuel du tonseil ,17 janv.

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bateurs de 1a paix'^ Les ducs de Bavière ^ Eraest de Munich^ et Henri de Landshout^^^ les comtes pala-tins du Rhin, Otton de Mossbach^^ et Jean de Neuchâ* tel ^^9 le premier comme tuteur de ses neveux , les fils de Télecteur Louis ^^^ exprimèrent le désir que Zurich expliquât la marche de l'afialre au sujet de laquelle le duc Frédéric leur avait écrit : toutefois ils déclarèrent la combourgeoisie stipulée avec Sargans illégale ^'^, et firent pressentir les suites graves qui en résulteraient pour Zurich ^^. Le duc^l'Inspruck leur avait représenté que si Ton permettait aux paysans de s'allier avec les villes^ là ruine des princes et des nobles en serait l'inévitable conséquence ^^. Les Zuri-

>t On peut déduire cela de la réponse da concile que nous rapporterons tout à l'heure.

*' Sa Uiire d Cammesire et au conseil de Zurich ; Munich , Epiphanie.

" Sa lettre à Cammann et aux bourgeois de Zurich; Burghausen, samedi après la conversion de saint Paul. Il est h remarquer que le feu comte avait fait à la maison de Bavière un transport que l'Empereur avait confirmé. Nouv, registre de Zurich; 2 à* voK

•* Heidelbêrg , t)ctave de l'Epiphanie.

*^ A l'ammestre et au conseil de Zurich ; Neumarkt , veille des Rameaux ; ainsi un peu plus tard. On ne me bl&mera pas d'avoir réuni ces missives.

** Lettre du duc Frédéric à l'électeur Louis ; Inspruck , saint Thomas de Kandelberg (Gantorbéry). Le prêtre André, qui place sa mort au 29 déc. 1456, ou Trittenheim, qui la place au SO, sont confirmés par n. SA; la lettre de Frédéric n'arriva qu'après sa mwt Voy. Pareus^Hist. Palat.^ édit. Joannis , p. 216 , not.

*' Ernest , n. 52 : « Ghers citoyens de Zurich , ce n'est pas avec » plaisir que nous apprenons ces choses de vous ; car vous savez bien » vous-mêmes que ces sermens blessent les lois du Saint-Empire et la

• prérogative des princes. » Jean,n, 55, cite la bulle d'or, qui ne permet pas de recevoir des sujets étrangers comme faux bourgeois et cliens.

** Ernest, n. 52 : « Gela ne vous ferait sûrement aucun honneur,

• et vous causerait plus de dommage que les sermens des paysans ne » vous ont été utiles. »

** Dans la lettre n. 56. Il soutiendra un procès contre Zurich devant

cois essayèrent tous les moyens d'efiacer cette impression défavorable et de calmer le duc d'Autriche, Aux princes^ ils donnèrent des explications^^. A l'égard du concile^ ils s'adressèrent au prévôt et à l'un des principaux chanoines de leur grand chapitre ^^ tous deux habiles canonistes pour leur temps , dont l'un était le promoteur du concile et l'autre un de ses auditeurs ordinaires*^. Ils écrivirent au duc, qui, dans ce moment, n'était pas Tobjet principal de leur haine : f< qu'ils remarquaient avec douleur qu'il prêtait l'o- » reille aux calomnies dirigées contre eux; que lui, » grand prince, autrefois leur ennemi, n'aurait ja- » mais agi contre leur digne ville comme les habitans » du Gaster , auxquels ils n'avaient interdit le marché » qu'à cause de leur conduite hostile*^; qu'ils n'a- » vaient jamais eu l'intention d'empiéter sur son au- » torité dans le pays de Sargans; que leur traité de » combourgeoisie consolidait la constitution légitime » du pays**. Qu'ils se voyaient avec peine dans la né- » cessité d'exhiber enfin *^ les lettres au sujet de Wîn-

r Empereur et un ou plnsiears électeurs. Il écrivit sans aucun doute aussi à TEmperenr (on en trouve un indice au cbap. lY, n. 83) et à plusieurs princes.

** Au due Henri, iO févr. J Otton ( protecteur du concile) plus tôt , le $5 janvier. Je n'ai pas vu les autres écrits.

" Le premier s'appelait Henri Anenstetler j il était prévôt depuis 1427 et mourut en 14^9; le second, Matth. Nitbard, devint son successeur.

*• La lettre est du 26 Janvier; ils doivent partout justifier la ville.

*' Ils attestent aussi au comte Palatin Otton fn. &0) que leur inlen-

tlon n'a pas été de forcer ces gens à devenir leurs combourgeois en leur

refusant le libre achat.

** « Afin qu'ils (les paysans) servent d'autant mieux votre Grâce. » ^ Que ails ne l'avaient pas fait plus tôt , c'était pour obliger sa Gr&ce.

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» dek , qu'ils avalent reçues dans les formes juridiques » au milieu des tristes circonstances du précédent con- » cile^ et que maintenant il s'adressait lui-même à un }) concile ! Que néanmoins ils ne renonçaient pas à Tes- » poir de recouvrer sa faveur et son amitié ^^. Que » maintenant ils désiraient surtout apprendre par qui » leur pieuse et honorable ville impériale*' avait été » calomniée auprès de lui ^^. »

De Schwyz et de Glaris les médiateurs revinrent à Zurich avec cette réponse : « La prolongation de l'ar- » mistice est d'autant plus agréable à ces cantons, qu'ils » désirent de tout leur cœur voir mettre un terme aux » préparatifs de guerre et aux entraves du commerce ;' )) ils s'en remettent à l'arbitrage des Confédérés sans .» balancer, pourvu que les formes du droit fédéral » fixées dans les alliances perpétuelles soient pbser- » vées sans délai ni condition *^« » Cette forme de droit , statuée dans les alliances perpétuelles et d'après la* quelle tous les différends sont débattus et jugés sommairement^ sans intervention étrangère, par des arbitres en nombre égal y deux pour chaque partie y sous un sur-arbitre, suffisait dans un temps où l'on sacrifiait tout à la liberté et à la paix^ les deux seuls besoins. Lorsque l'esprit public eut été supplanté par l'égoïsme local ;^ que les sacrifices en faveur de la Confédération parurent être une trahison envers les Cantons^ que la

En effet, il auraît.étê forcé de rendre au comte l'argent de son hypothèque.

*' Ainsi ils écrivent an comte palatin Otlon ( n. 40 j : si la bonté ne sert de rien , ils proposeront an duc une marche juridique dont il se contentera.

*'' Expression de la lettre » comme ci-dessus , « digne ville. »

♦•^Lettre du i7 janvier.

*' Manuel du conseil de Zurich, le 23, et devant les 200 le 24 janvier

condescendance ne s'appela pins magnanimité^ mais faiblesse^ cette forme judiciaire devint insuffisante y et la terreur ou la force fut le seul moyen d'accommodement. Schwyz sattachait alors aux vieux erremens, non-seulement par prédilection^ mais parce que de vieilles amitiés^ ou la jalousie ccmtre Zurich ^^ lui assuraient la majorité des voix. C'est pour cela que Zurich refusa l'arbitrage sans condition» Une nouvelle diète fut convoquée à Luceme^.

Les Cantons s'occupaient de munir leurs députés d'instructions^ lorsqu'ils reçurent de Schwyz et de Glaris une circulaire de la teneur suivante^ : « Ces deux » cantons apprennent avec peine qu'on leur attribue » l'ambition de s'agrandir et des intelligences avec l'é- » tranger; la paix^ la liberté du commerce et des oom- » munications sont leur unique but ; dans ce seul but >y aussi^ au milieu des désordres occasionnés par la mort » du comte y le Tokenbourg s'est allié volcmtairement M avec Schwyz^ et le Gaster^ moyennant rautorisation de » ses seigneurs; Schwyz a Êiit participer Claris à l'ai- » liance ; tous les cantons ensemble ou séparément sont M invités à entrer dans les mêmes relations ^ ; la

** Avec les cantons forestiers.

^* Ce sonpçon planait sur quelques villes.

** Le 30 janvier. Je ne sais comment Tschudi , ordinairement si exact, place cette diète an 12 janv. , et ne fait point mention de celle de Bade. Gelle-d ne fut-elle peut-être qu'une conférence particulière , parce que Zurich ne voulait se réunir que là , et Schwyz • à cause de cela même , ne pas s'y rendre?

** U est vraisen^lable que cette lettre fut écrite dans la première qninsainc de janvier ; voy. n. 28. Suivant Tschudi, la déclaration donnée en réponse n'aurait été faite qu'à Loceme. Voy. la n. précéd.

** A l'égard du Tokenbourg; au sujet du Casier, Schwyt ne pouvait ni ne voulait rien décider sans le duc. Tschudi,

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