LIVRE nu SECT« 2** CHAP. II
par le défilé du mont Rhœtillo "^ dans les Alpeir et le territoire des Dix-Juridictions , aujourd'hui Tune des trois ligues de la république grisonne. Là , près de Séwis , s'élevait le èhàteau de Solavers , qu'avait habité Diethelm ^ son père; lui-même, né dans ce lieu, était seul seigneur des dix juridictions du Prettigau qui se prolongent jusqu'aux hautes Alpes de la Rbétie •. Frédéric ne gouvernait pas tous ces pays de la même manière; ses droits se fondaient sur des titres divers ;, et son autorité n'était rien moins qu'uniforme. Depuis plusieurs siècles ^, Tokenbourg était le siège de la do-^ mination de sa maison. Depuis longt- temps les comtes avaient reconnu tenir en fief de l'Empire leur domaine patrimonial et les acquisitions qui l'avaient agrandi '^. Deux siècles et demi auparavant, une héritière de Rapperschwyl avait apporté en dot à un de ses aïeux la Marche supérieure et Uznach. Avec plus de bonheur encore, son grand-père, en mémoire duquel il portait le nom de Frédéric , reçi^t avec la main de Théritière de Vaz le Prettigau , Mayenfeld et Marschiins **. Quel-? que considérables que fussent , pour ce temps , ces seigneuries , héritées en partie de son père *^, en partie
mes qo'on pourrait dériver da temps de la domination. Chu du bourg-* meitre et du conseil de Coire, jeudi après la St-Darthél. iA65.
' Storr, Voyage dans /et Alpes, t II , en donne la meilleure descrî^i ption.
' Voy. aussi tom. IV, p. 69 et suîv.
» Voy. t I, p. SIS, et t. IV, p. 511, n. 842.
** l\ avait reçu la dernière investiture de l'empereur Sigismond, mais. le diplôme en est conçu en terme» trop généraux pour qu'on puisse dis;^ tingner le fief impérial primitif des alleux qu'il servit à consolider.
** T. II, p. 836, n. 875.
•* Il mqu^n en 1385.
de son oncle paternel ^^y lui-même ^ pendant un gouvernement de cinquante et un ans , profitant aveo promptitude des circonstances , les avait presque doublées.
Il fut secondé par les infortunes de son voisin^ le duc Frédéric d'Autriche. Ce prince s'étant laissé entraîner par la noblesse et le clergé ^* à faire la guerre aux Âppenzelloisy qui, sans l'offenser, aspiraient à la liberté , Frédéric de Tokenbourg feignit vouloir le soutenir ; il se laissa même nommer capitaine-général ^^« Mais on ne voit point qu'il ait songé sérieusement à exécuter quelque grande action contre les Appenzellois '^. Néanmoins il fit payer si chèrement ses services , que 1^ duc d'Autriche , après une guerre malheureuse qui l'avait épuisé , fut obligé d'hypothéquer à Tokenbourg la seigneurie de Windek dans le Gaster, les châteaux de Freudenberg et de Nydberg, outre Sargans, Walenstadt et Wésen ^'^. Tout en s'enrichissant. ainsi aux dépens de l'Autriche , il sut si bien ménager les Appenzellois , que , dans le premier moment où leur enthousiasme pour leur nouvelle liberté les rendait formidables , ils ne ravagèrent pas son pays comme d'autres , et ne soulevèrent pas contre lui son peuple , favorable à leur cause ^^.
Il s'agrandit bien plus encore dix ans après , alors que le ccHGicile de Constance excommunia le duc , que TEmpereur le mit au ban, et qu'on sembla vouloir dissoudre par des partages la puissance de la maison
** Donat mourut en 1599-
<* T. IV, p. 10^ en 05.
*' l'bld.
*« T. IV, p. 50/u
*' En 1405.
*' Cela rC'Sullc de loiilc l'hisloirc do leur guerre.