LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. V
» les Schwyzois peuvent établir dans trois fois quinze » jours ^^*, par un témoignage irrécusable , que le sire » de Tokenbourg leur a permis ainsi qu'à ses sujets de » faire alliance entre eux après sa mort^ ils ont usé d'un }) droit. Cependant l'alliance ne concernant quelesper^ >} sonnes, les choses à Uznach rentreront dans les mains » de la comtesse^ à condition de n'en rien aliéner avant » que la justice en ait déterminé le propriétaire. Puis- » que , de l'aveu commun^ l'autorisation du comte qui » légitime l'alliance ne concerne que les SchwyzcMS, » les habitans du Tokenbourg sont déliés des sermens » prêtés aux Glaronnais ; le consentement des héritiers . » peut les remettre en force. Secondement : les Schwy- » zois ne doivent, à l'égard d'Uznach , aucune satisfac- » lion à la ville de Zurich , qui n'a point été en pos- » session effective et légale d'Uznach. Troisièmement : » comme les Zuricois ont consenti ^^^ que la dame de }) Tokenbourg , leur combourgeoise , acceptât du duc » d'Autriche le prix du rachat de la seigneurie de M Windek dans le Gaster , l'autorisation accordée par w le duc aux Schwyzois de s'allier avec cette contrée, » donne force à leur alliance jusqu'à ce que les Zuri- » cois prouvent en droit ^^^ que le rachat et la pro- » priété de la seigneurie leur appartiennent à eux et » non à lui; en ce cas l'usage qu'il a fait de son auto- » rite cesse d'avoir effet. Claris est en droit de se pré- » valoir comme Schwyz de l'autorisation de l'Autriche,
*^^ k Nons autres, députés, ne pouvons pas attendre ce terme. » Pro-naneé dans Tschadi , U , 240-2 A6. On doit se retrouver à Luceme le vendredi avant St.-George.
*^^ « I^i entravé ni interdit. »
^** Ce point ne pouvait pas être décidé à Luceme , parce que TAutriche n*avait pas reconnu ces arbitres.
» et les Zuricois ne peuvent arguer contre les Glaron- I) nais d'une alliance plus ancienne^ puisqu'ils en ont » eux-mêmes conclu avec ce peuple une plus récente* » Quatrièmement : rien n'est statué à l'égard de Sar- » gans et de Grunau^ attendu qu'on n'a pas pu s'accor- » der pour soumettre ces points à la sentence des juges » actuels ^''^. Cinquièmement : les reproches récipro- »t ques sont déclarés nuls et sans fondement : le difFé^ j) rend est décidé ; la sentence sera exécutée conformé- » ment au serment prêté d'avance par les deux parties. » Les dix-neuf arbitres siégèrent quinze jours ; la sentence fut rédigée le samedi avant la mi-carême; le lendemain de bon matin , chacun , à cheval ou en bateau^ retourna dans ses foyers.
Avant leur départ^ ils virent les premières explosions du violent mécontentement des Zuricois ^*^. Ceuxci av^iient, pour ainsi dire , tout perdu ; même leur traité de combourgeoisie avec Sargans se trouva compromis par l'adoption du principe qu'il fallait pour de telles alliances le consentement du seigneur du pays. D'ailleurs il était probablement bien plus facile pour les Schwyzois d'établir en leur faveur la preuve de la dernière disposition de Frédéric de Tokenbourg, que pour eux d'obtenir un résultat prompt et favorable des réclamations de la veuve ou d'un procès contre l'Autriche pour le rachat de Windek. Leur patriotisme blessé s'exalta encore à l'idée que dans la landsgemeinde Ré-* ding triompherait de Stûssi ^ et que chaque pâtre de Schwyz^ fier de la victoire remportée sur leur ville, ac-
**' La note précédente concerne Saigans ; Grûnau était considéré par Schwyz comme une partie de la Marche ; or , il n'y a?aît pas de différend au sujet de celle-ci^
*** • Ils se fâchèrent sérieusement »