LIVRE III, SECT. 2^ CHAP. V
cueillerait la jactance du landammaim avec de bruyan*tes acclamations.
Dans ce même temps ^^^ une gelée détruisit Tespérance du vignoble; plus tard la grêle ravagea les blés. Les Zurkois renouvelèrent alors contre les gens d^Uznach et du Gaster une prohibition totale ^2®, et défendirent de vendre à un Glaronnais , à un habitant du pays de Schwyz ou de la Marche ou d'Ëinsidlen plus de deux muids de blé, encore devait-il jurer en avoir besoin pour son propre ménage ^^^ On prévint la disette intérieure au moyen de greniers publics et d'une bonne police *^^ ; le gouvernement fit venir du vin d'Alsace et le vendit^ sans bénéfice, aux bourgeois et aux sujets ^^^. A l'ordinaire, les Zuricois se contentaient du vin du pays , par respect pour les lois '^*, mais surtout à cause des fortunes bornées *^^, suite de la décadence où les révolutions ^^^ et les guer-
^<' Vers^le mOieu du mois de mars.
*'* Manuel du conseil du 9 mars : « La proclamer sur les rives du lac. » *ai On ne doit rien vendre aux revendeurs qui auraient voulu éluder la défense, n. 120. «
*^ Les conseils établirent deux inspecteurs des meuniers et des boulangers , pour voir si tout se passait dans les règles. Manuel du eonsêil , 18 mars.
*^ Si les communes n'ont pas d'argent , on avancera aux baillis une somme convenable , sans bénéfice. Ibid, On accorda à chaque particulier honnête une quantité déterminée. Zurich, Species facti,
*SA Les lois défendaient le vin étranger avec cette restriction : • à moins qu'il ne soit meilleur. • Species facti, d'après le Richtebriev.
^^ « Aqcun de nous n'est assez puissant et riche pour ne pas se con* tester du vin du pays. » Sp. facti.
<>• D'un côté , l'industrie de la campagne était gênée par les privilèges des tribus; de l'autre, les industriels, au lieu de concratrer comme auparavant tontes leurs forces dans;,lenr affaire, se laissèrent distraire par des soins politiques.
96 HISTOIRE DE ï^ SUISSE.
re^iST avaient fait tomber leur industrie si floris^ santé ^'•.
On ne peut méconnaître la modération de ces <H*donnances qui ne concernaient que le marché de la ville et non le reste du canton; la disette les justifiait ^^; l'abus d'une exportation illimitée les avait rendues nécessaires ^^; d'autres cantons enfin avaient pris bien auparavant des mesures semblables à Fégard de leurs productions ^^^ ; néanmoins à Schwyz et à Glaris on ne vit là que les effets de la haine , peut-être parce que la haine était naturelle après ce que nous venons de raconter.
Avant le jour où Schwyz devait présenter ses titres , l'avoyer Rodolphe Hofmeister ^^^^ deux bourgeois de Ravensbourg ^^^, Henri de Lichtenstein ^^* et le
^^' Elles rendaient souvent la route dltafie impraticable ou dangereuse.
'*' • n n'y a plus d'industrie chez nous dont nous puissions jouir, que la culture d'un petit vignoble au bord du lac » Sp. facti,
'^ Le muids de blé monta d'abord de 16 à 32 schelings; en 1437 à deux et trois livres , l'année suivante à cinq* Le conseiller Sekinu On avait à craindre la disette de 1432 , où le muids se paya jusqu'à sept livres. fVaser, Cere» Thurieensis.
*** Un vendredi Glaris et la Marche exportèrent 550 pièces. Sp. faeti,
*'* Schwyz avait soumis à un péage les marchandises zuricoises; les sujets de la Marche avaient interdit l'exportation du fumier et ils ne permettaient d'exporter qu'une quantité déterminée de planches. ib'uL
*** TiehudL Les historiens de la république de Berne , Têehaehtlan et Stettler , nomment Ital Réding ; j'ai cru devoir suivre le premier , parce qu'il dit la même chose à l'occasion de la diète de Lucerne , dont il avait les actes S09S les yeux , et parce qu'il serait en effet singulier que Réding eût siégé comme juge pour décider si la comtesse était en droit de céder bznach aux Zuricois.
**> Jean d'Ast ( Tsehaehtlan : Atsch) et Jean de Nidek. Tichudi.
^'* Était-il de la famille rhétienne dont le manoir s'élevait au*>dessn8 de Haldenstein ?