LIVRE IIU SECT. 2*. CHAP. V
la veuTe de Tokenbourg ^ leur combourgeoise, à qui le comte les avait renvoyés et dont ils n'avaient cessé de^ puis une année de défendre les intérêts , eût pu faire eu laisser faire toutes ces dioses sans en donner la moindre communication à leur ville avant ni après^ les événemens. Cela les exposait à une sorte d'humiliation» Ajoutez que les Confédérés ^ en présence desquels ils ie trouvaiait , n'en semblaient pas trop fàehés ; les Zuri^cois crurent entrevcHr que l'on rendait avec plaisir la sentence qui confirmait Talliance de Schwyz et de Glaris. Il se peut , en effet , que ceux que le bourgmestre avait aigris vissait sans peine son orgueil humilié par la ruine de ses projets.
Aussitôt s'alluma la guerre , mais non une guerre in-^ testine : malgré son profond ressentiment^ Zuridb respecta les alliances éternelles et ne résista point; à peine le bourgmestre laissa-t-il échapper quelques parojes , qui trahissaient autant «de tristesse que d'indigna-tion '*^. La guerre éclata contre l'Autriche; elle fut occasionée par les hahitaiis de Sargans; les 2uricois l'entreprirent volontiers pour donner essor à leur colère contre un seigneur qui avait favorisé, au détriment de Zurich, ses propres ennemis , les plus anciens et les plus (^iniàtres; ils voulaient aussi donner à leurs bourgeois une occupation nouvelle et faire voir que la malveillance d'autrui n'avait pas affaibli leur vigueuc interne.
^^^ Il dit àLucerne au Jaadammaon Rédipg, en quUtant k salle du conseil : « Monsieur Tammann , je me rappelle ub temps où vous aviea m plus de bienveillance pour le plus pauvre Zuricois que pour le duc » d'Autriche ; maintenant vous en avez plqjf pour le duc que pour tous • les Zuricois ensemble. » Le landammann répliqua (malignement , remarque Tse/iudt) : « Si vous disiez Vrai, je pourrais vous répondre. •
Le vieux duc d'Inspruck avait au pays de Sargans^ dans les châteaux de Freudeiiberg et de Nidberg ^ deux baillis ^^'^ qui aigrissaient et irritaient journeUement^ par des menaces^ les partisans de Zurich. Aussi Pétermann de Greifensée, autrefois un des nobles les plus marquans de la cour de Tokenbourg^ et même Gandenz de Hofstetten, devenu bourgeois de Zurich en qualité d'époux de Théritière de Kempten ^*^, n'avaient, par égard pour leur seigneur, pris aucune part à la corn* bourgeoisie de Sargans. De leur côté , les habitans de la campagne , dans l'intérêt de leur sûreté et pour s'en-^ tourer de considération , demandèrent instamment du secours; cent soldats envoyés quelque temps auparavant ne leur parurent pas suffire.
Vers la fin d'avril , les Zuricois déclarèrent que les violences exercées par les baillis contre les habitans de la campagne , leurs combourgeois , étaient une violation de la paix , et ils appelèrent tous les Confédérés aux armes '*^. Aussitôt parurent des députés de la plupart des cantons ^^^ pour interposer leurs bons offices. Ayant éprouvé un refus, ils tinrent une diète à Zoug, examinèrent Me traité de paix subsistant avec F Autriche, et, voyant qu'on n'avait pas encore tenté contre le duc tous les moyens qui doivent précédei*le dernier de tous, ils décidèrent « de sommer Zurich de renoncer i) à la guerre et de rentrer dans les voies de la justice » ordinaire. »
*" N. Kalberer, à Nidberg; Ulrich Spicss . à Freudenberg.
**' Lea , art. Hofstetten.
**• Soleure aussi ; • à cause des hostilités commises par les Autrichiens » contre ses combourgeois ëe V^alenstadt et d'autres lieux. » D'après la eh'.
* ^^ Lucefne , Uri , Un lerwalden , ' Zoug.
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La veille avait eu lieu le premier acte d'hostilité. Les habitans du pays de Sargans^^ayant appris les iQten-r tions de Zurich^ ne se continrent plus, se jetèrent sur les gens domiciliés au pied des châteaux, efcles forcèrent à prêter serment de combourgeoisie. Le bailli de Freudenberg, Ulrich Spiess, trouva là, au gré de ses longs désirs, un motif sufBsant^e vengeance; il fondit du haut de son château , fit des prisonniers et enleva 1300 pièc^ de bétail ^^^ Ulrich de Lommis, conseiller de Zurich , capitaine des cent auxiliaires , perdit dans cette affaire son cheval. Le même .jour, les chefs du peuple écrivirent pour demander, du secours à Zurich, à l'évèque de Goire, à la haute ligue Grise. Déjà se présentaient devant les communes de Schwyz et de Glaris des envoyas zuricois demandant libre et inoffensif passage ^ attaidu que l'expédition était dirigée contre l'Autriche et que le comte Henri n'en avait rien à redouter. Le passage fut accordé ; mais Schwyz et Glaris refusèrent toute participation.
Dans les premiers jours du mois de mai, le^ Zuricois ^ sous la bannière déployée de leur ville , avec leur milice et celle de la campagne environnante et avec des coulevrines et des machiner de siège, remontèrent le lac dans trente bateaux *^^. Les habita ns de Ribourg traversèrent le pays et joignirent ceux de Grùningen. Schmérikon était le lieu du rassemblement. Là, l'armée prêta serment à son chef, le chevalier Stûssi , bourgmestre '^^. Elle passa par le territoire d'Uznach, sans
«^* Bakn , Hist. de la Cvnféd. ^ p. 294.
*" Fréd. Jacq. Edler d'Anwyl a écrit une relation de celte expédition dont Bullinger et Tschudi ont profité.
*5» D'après TsehudiVdJcmée aurait été de 5,000 hommes ; Hfiknne^wle que de 2,000; Loui$ Edlibaeh s'méie au chiffre de 2,500.' Lepremîer
donner lieu à une plainteL» Sur les frontières du Ga^er le peuple résista ; il refusait le libre passage contre le duc^ son seigneur 9 à ceux qui lui interdisaient le libre achai^^*. Il y avait là dès députés de Schwyz et de Glaris^ venus ou pour persuader aux Zuricols de tourner le Gaster et de prendre leur route à travers la Marcbe et la partie la plus basse du pays de Glaris ^^^^ ou pour faire changer de sentiment aux habitans du Gaster. Ils voulaient montrer qu'ils savaient obliger leurs nouveaux alliés à se soumettre en tout point aux conditions du pacte; ils croyaient probablement que cette expédition ne serait guère nuisible aux châteaux en partie approvisionnés. Les habitans du Gaster sesé^ parèrent enfin ; mais ils refusèrent des chevaux et des cordes pour traîner les barques contre le cours du torrent ; si les troupes se pressaient dans un chemin étroit^ renversaient une haie , foulaient au pied de jeûnes blés ou du gazon y ils faisaient entendre des plaintes. La bannière demeura un jour à Wésen , jusqu'à ce qu'à force de bras^ avec une peine infinie ^ les barques furent remontées par la Lindi dans le lac Walenstadt. La population de Walenstadt reçut les Zuricois comme des sauveurs impatiemment attendus. Du temps du comte ^ Rodolphe Nussbaumer avait été pendant bien des années avoyer de cette ville et investi de la confiance de son maître. Ce jour-là il était absent; les soldats excités par ses ennemis y par la colère ou par le vin, forcèrent sa demeure, la pillàrent, brisèrent ce
nombre paraît beaucoup trop fort; on parlerait davantage de la dii&cnlté de J'approvisîonnement, et les 1800 dont il va être question n'auraient pas été prêts si tôL ^»* dnmyff ei BuiUnger.