LIVRE m. SECT. 2*. CHAF. V
La victoire des ennemis de leur seigneur^ la captivité de leurs concitoyens affligèrent les habitans du Gaster. ' Fiers et audacieux^ deux cents Glaronnais se tenaient près de Windek , au pied du château , et ils ne saluèrent point lorsque Stussi leur cria : u Messieurs de t^laris ^ » moi aus^ je suis Glaronnais ^^^* » Les Schwyzois virent avec indignation les liens des trms hommes de la Marche. Mais les députés des Confédérés^ tout comme ils avaient négocié la paix avec le comte Henri ^ assu-rèrent aux Zuricois avec la même autorité une paisible retraite. Les Zuricois auraient contribué à rapprocher les esprits, s'ils avaient rendu aux deux cantons ces prisonniers. Ces preuves d'amitié et d'autres encore auraient été d'autant plus nécessaires que , sans parler de l'envie toujours acharnée contre le succès^ on répan-» dait l'opinion offensante que cette expédition avait moins été entreprise dans l'intérêt de la population de Sargans que pour prouver au duc que son intelli-> gence avec Schwyz ne lui servait de rien. Il fut dit qu'on avait espéré réduire les Schwyzois à la nécessité de prendre fait et cause pour le duc afin de les rendre odieux aux Confédérés* Ainsi le bourgmestre aurait atteint le but ostensible de cette expédition , mais non Celui auquel il tenait bien davantage.
Quoi qu'il en soit, qu'il y ait eu ou non intelligence secrète entre Schwyz et l'Autriche'^*, Schwyz avait pour principe fondamental de s^attacher aux Confédérés et de préférer aux alliances puissantes les alliances voisines. Ital Réding parvint à en former de l'une et
*•* houis Edlibaeh,
*'* On le présuma , mais contre tonte vraisemblance. Dans les anciens traités on réservait toujottn les perpétuelles alliances fédérales; ScUwyz n'aarait doue rien pa faire là.
tiO HISTOIRE DE LA SUISSE.
l'autre espèce à force de condescendance et de souplesse*
Il profita du moment où Tattention de Zurich était absorbée par les affaires de Sargans pour réconcilier avec soh pays un prince voisin et considéré^ alors en mésintelligence avec Schwyz et en négociation avec les Zuricois^ et pour changer son animosité en amitié chaleureuse. Egloff Blaarer de Wartensée, prince-abbé de Saint-Gall^ possédait dans le Tokenbourget particu- Kérement dans la vallée de la Thour le, château d'Yberg , et beaucoup d'autres domaines et sujets^ fruit de fondations pieuses et du succès des armes dés les temps les plus anciens ^^^. Quelques-uns de ces domaines lui échurent en partage à titre de fiefs vacans lors de l'extinction de la branche masculine de Tokenbourg^^.Ses nouveaux sujets tbkenbourgeois^ devenus combourgeois de Schwyz, lui refusèrent obéissance ^^'^. Four maintenir sa domination, il rechercha la bourgeoisie de Zurich. La négociation fut retardée par la demande d'une contribution annuelle ^^^ de cent florins. Les habitans de la vallée de la Thour, apprenant cela, avertirent Schwyz *^*. Ceux de Schwyz, au nom de leurs concitoyens , promirent au prince obéissance dans toutes les choses légitimes ^''^y conclurent avec lui,
«<* On trouve t H, p. 92 , un exemple de la maniëDe dont Tabbdye acquit ces sortes de fiefs. -*
*•' Têchudi, n, 253.
iM Le tribut particulier que les villes faisaient payer aux bourgeois externes; voy. t. U, p. 24 et 25.
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*7^ Sans les libérer toutefois du serment d'alliance (comme on pourrait croire cfvt^Anwyl le dit).