‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 40 sur 157 · LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. V

» de Zurich et de Sargans ; que les nouveaux adminis» » trateurs étaient hors d'état de soutenir leur dévoue- » ment contre de tels voisins^ par des actes efficaces; » qu'il serait plus avantageux à eux et à lui que cette » administration fût confiée à des cantons considéra- » hles brouillés avec les ennemis du duc. » La cour, cependant, respecta la parole donnée au peuple du Gaster* DèsJors les Schwyzois s'efforcèrent d'engager celui-ci à prier le duc de reprendre sa parole. Enfin Frédéric fut gagné; le peuple, effrayé; la division, semée; la majorité, insensiblement acquise, et aussitôt Ital Réding envoyé à Inspruck avec Tschudi de Glaris et le capitaine du Gaster. La cour avait probablement des scrupules que ce grai^d empressement n'affaiblit pas; ce qu'on donnait à un pays ne pouvait guère être recouvré que par la force. Durant trois semaines les députés ne laissèrent aucun repos aux conseillers du duc. La cour réfléchit à la fin qu'un refus engagerait ces con-* fédérés à s'unir aux autres contre elle et l'exposerait à perdre ce qu'ils offraient d'acheter, et d'autres contrées encore. Ainsi le château de Windek, le Gaster, la montagne d'Âmbden, les villes de Wésen et de Walenstadt, de même que le bailliage de l'abbaye de Schennis furent hypothéqués par le duc Frédéric, au nom de toute sa maison^^*, aux deux cantons.de Schwyz et de Glaris pour 3^000 florins du Rhin ^®^. On stipula quatre conditions : que l'hypothèque serait entretenue en bon état; que le pays et l'abbaye conserveraient leurs franchises, droits et coutumes; que les habitans

*•* De son fils Sigismond, de ses neveux Frédéric et Albert , et de son cousîn Albert. La nécessité d'aller chercher les autorisations causait aussi des retards.

*** Acte hypothécaire, 2 mars 1AS8, dans Tschudi,

du Gaster resteraient neutres dans les guerres contre l'Autriche ; que la maison d'Autriche n'aliénerait pas son droit de rachat *®^^ mais l'exercerait elle-même.

Le Gaster^ pays important par sa situation déjà aux yeux des Romains ^^^, antique route commerciale de l'Italie ^®®, dans les guerres de l'Autriche souvent redoutable aux Confédérés ^®^, toujours inquiétante^, après être passée au temps de la domination franke, des comtes de Coire, par le fait de Henna, leur héritière, aux comtes de Lenzbourg ^^^ , par Richenza de Lenzbourg à la maison de Kibourg ^^^, par Hedwige de Kibourg à Rodolphe de Habsbourg ^^^ et à ses déscendans de la maison d'Autriche; après avoir flotté quelque temps entre la domination de l'Autriche ou de Zurich et l'espérance de la liberté, tomba de cette façon, l'an 1438, le dimanchelrn^ocai^ù , pour 3,000 florins, au pouvoir de Schwyz et de Glaris. Ces cantons en demeurèrent les maîtres trois cent soixante ans.

Les héritiers de Tokenbourg, voyant l'opiniâtreté de leurs nouveaux sujets et calculant les frais qu'entraînerait la prise de possession de ces pays, espéraient diminuer cette dépense s'ils se bornaient au Tokenbourg et s'ils s'attachaient Schwyz et Glaris en satisfaisant

*^* Cela veut dire peut-être qu'elle ne le céderait pas aux Zuricois.

^'^ Nous avons plusieurs fois fait mention dans le 1. 1 du camp romain dont Terz, Quart, Quint furent sans doute des postes et dont le Gaster (fiastra) aura tiré son nom.

^'' P. e. avant la bataille de Naefels.

*'>• T. II, p. 286, et dans bien d'autres passages.

4" T. I, p. 360 et 361.

«" T. TI,p. 79.

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