‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 42 sur 157 · LIVRE III. SBCT. 2*. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE III. SBCT. 2*. CHAP. V

Çen f château bâti sur la pointe la plus avancée de la montagne Bleue , non loin de Bàle , et qu'il possédait en commun avec son frère Jean. On dit qu'il conclut à ce sujet un traité avec Berne. Le comte Jean l'apprit, marcha sur Pfeffingen, fit prisonniers et tua les soldats mercenaires de son frère ^ prit possession pour son compte ^ de la forteresse, sous la suzeraineté de l'Autriche. Peu de semaines après , le comte Bernard mourut à Zurich.

L'empereur Sigismond expira le 9 décembre. En lui finit 202 la maison impériale et royale de Luxembourg , riche en princes éminens par leur bravoure et leur sagesse 20^ et à laquelle les Confédérés suisses sont redevables de beaucoup de franchises et de seigneuries, source de prospérité. Il mourut dans la soîxaiite-dixièmé année de sa vie, dans la cinquante et unième de son régne en Hongrie ; durant vingt-sept ans il avait été le chef de l'empire romain des Allemands, (t C'était un )) seigneur riche en connaissances.^^* et sage ^^^ » ( cette réputation lui survécut chez les Confédérés ^^^) ; i( il aimait bourgeois et paysans, et leur octroyait vo-

^^^ La ligne masculine, bien entendu ; le fils unique de sa fille unique, le roi Ladislas, tnourut eu 1457 sans héritiers.

*•• Henri VII , le roi Jean, Charles IV, Sigismond lui-même.

^** Expression du chroniqueur que nous allons citer ; elle a presque lj& signification accessoire du mot anglais cunning; la chronique ajoute ^ ■ il savait bien attraper. »

^^ a Ingenii eximii, magni animi. » Fetras dejteeva, de Monarchia Be^ni Hung. , centur V.

w« Ce portrait est dû à Hûpti, écrivain contemporain ; je Tai transcrit presque littéralement et n*ai changé que l'ordre. La grande influeBce exercée par Sigismoîid sur les affaires de la Saîsse servira d'excuse aux détails dans lesquels j'entre sur son caractère. Ce serait un perfectionnement de l'histoire que de faire entendre sur les souverains morts l'o* pinion de tous les partis de leurs états.

» lontiers des franchises ; mais il Leur abandonnait le » soin de les défendre. Où qu'il se présentât ^ il gagnait >) presque tous les cœurs ; nul n'était trop pauvre » pour qu'il lui donnât la maiii ^^'^. Sous lui beaucoup » de paysans furent anoblis et obtinrent des armoiries^ » parce qu'ils avaient le moyen de payer au chancelier » les lettres de noblesse. En général, l'Empereur reee- » vait contributions et présens ; mais l'argent ne repo- » sait pas chez 1 ni ^^^j il était libéral même envers ceux >) auxquels il n'avait point d'obligations ^^^. Beaucoup » d'anciens gentilshommes s'appauvrirent à son service » (en revan che il peupla le paystde nouveaux chevaliers) . » Sa suite n'était pas considérable ^ et pourtant quand }) il quittait une auberge^ il n'avait pas toujours assez » d'argent pour payer l'hôte ^^^. Il n'en parvenait pas » moins ^ la plupart du temp^^ à ses fins^ à force de )) patience^", de ruse et de bonnes paroles ^^^. Sa no- » ble et royale figure ^ *^ avait une dignité séduisante.

' ^<>7 « lie roi Sigismoiïd était un si bon souverain qu'il tutoyait raie- V ment quelqu'un, pauvre ou riche , mais disait à tout le monde vous, » Eberhard fVtndek , hisU Sigi&m, caip. &à.,

^°^ Hûpli : « C'était un seigneur sans fond , chez lequel l'argent n'avait pas de repos. » . .

^^^ Surtout quand on pouvait lui persuadei: qu'il avait fait qne proi messe; il disait alors : « S'il faut opter, j'aime mieux perdre de l'aigent » et des biens que la bonne renommée de ma parole. » Fugger, Miroir d* honneur de l'Autriche j p. 465, a.

^** Exemples ci-dessus, chap. IV, n. 101.

^^* Hûpli : Il ne faisait pas attention au mal qu'on disait de kii. «Pourquoi vous plaignez- vous , disait-il aux pères du concile, de ce » qu'on parle mal de nous, si nous ne nous gênons pas de mal faire? > Fugger j 1. c. 462 , a.

^^2 Hàpli dit encore : « Il amenait son affaire à bonne fin par des » causeries. »

SIS « Pulchra facie , crinibus criçpis et ^laucis ^ seiceno intuitu. » Joh^ Thxvrôcz, Chron, Hangar, l. III.

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