LIVRE m, SECT, 2*. CHAP. V
» D'ailleurs, sa constitution était robuste; quoiqu'il » ne se modérât point dans le boire et dans d autres i> choses peu naturelles ^^*, il parvint à un âge avancé » et travailla jusqu'à sa mort. » Il se garda de prendre une part sérieuse aux querelles tokenbourgeoises que nous avons racontées jusqu'ici , parce qu'il ne voulait blesser les cantons d'aucun parti , peut-être parce qu'il croyait que ces troubles secondaient les vues du comte de Schlick. Aussi lorsque les Zuricois lui envoyèrent une ambassade^ il cacha son embarras sous des plai-» sauteries ^^^, bien que la piquante éloquence ^^^ d'un des députés captivât son attention. Il conserva la vigueur de son esprit jusqu'à la mort. Quand il sentit à Prague qu'elle approchait, il s'occupa du sort de sa fille, de son gendre, Albert d'Autriche, et de ses magnats de Hongrie et de Moravie , exposés à la violence dans une grande ville à peine pacifiée ; il les convoqua , leur annonça la fin prochaine de ses jours et leur ordonna que le lendemain, lorsque, ses cheveux blancs et sa Ion-
*^ Hàpli dit pn>pr«iDent : « Qni étaient laides et omtre natorc. » Ces demiera mots ne doivent pas s'entendre dans leur sens le plus ordinaire», da moins il n'y a dans l'histoire absolument rien qui permette de soupçonner Sigismond d'avoir été « ambidestro » à la façon du premier César. Les anciens croyaient que , comme le nombre des femmes égale à peu près celui des hoinmes , chacun doit avoir la sienne, et que celui qui en usurpe une autre (surtout si elle a déjà un mari ] , agit contre Tordre établi dé Dieu^ c'est-k-dire contre la nature ((jrXtovsxTelv T^uà^eXtpov iv n^ér^tki^, selon l'expression de l'Apôtre, I Thessal, iv, 6 )• Mais , dès sa jeunesse , Sigismond fut t dissolutus in lasciviam , « et , bien qu'après ses revers en Hongrie il paraisse « moribus et vita melio^ ratas» {Thvprôez, Le], il resta néanmoins incorrigible sur ce point jusqu'à sa vieillesse; voy. dans le chap. précédent la note 105, et Fugger, 1. c. 461 , a»
>^^ Louis Edlibach : « Il la reçut à l'heure même , mais plaisamment. »
'*• « Un des députés se prit à parler, et plaisant fut son sermon. ». Id.,
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gue barbe ^^'^ soigneusement frises , la tête ornée d un laurier ^^^, revêtu de ses ornemens impériaux, on le porterait dans un fauteuil découvert hors de la ville comme pour un changement d'air, tous lui fissent cortège. Il traversa les rues au milieu de la multitude des citoyens en larmes ^^^, les saluant tous amicalement selon sa coutume , mais sans paroles cette fois , par une inclination de tête seulement* A Znaym en Moravie, la faiblesse le surprit ; il recommanda d'une manière touchante sa fille et son gendre aux grands assemblés ^^^; le lendemain ^ épuisé par les fatigues et les jouissances de la vie, il s'endormit doucement ^^^ Le souvenir de ses bienfaits, assaisonnés de bienveillance et d'esprit, lui survécut dans de nobles âmes pendant plus d'un demi-siècle ^^,
^^^ n la portait par amour poar les Hongrois. Tkwrocz. Le jaane était sa couleur. Fugger»
^*' Thwrôcz : « crînali. » Fugger : « Il posa une fraîche couronne de laurier sur sa belle chevelure blanche et frisée. »
**• « Car tout cœur, pieux lui-même, reconnaissait que l'empereur
* Sigîsmdnd était bomme et prince digne d'amour et foncièrement
• lojal. a ( « ein grundbiderb Hertzmann und FûrsLe ; » belles et aa> ciennes expressions qui caractérisent bien ce monarque )« Eberh. fJKix- <Uk , cbap. 217.
*2« Lui-même pleura tendrement. Fugger, C'est ainsi quil termina « mimum vitae » par une scène en harmonie avec sa dignité. ^* Il s'éteignit comme une lampe qui n'a plus d'hnîle. Fugger, ^" Michel Orszàgh , palatin de Hongrie , fil renouveler la statue de Sigismond en 1489 ou 90 dans le château de Bûde « prima aedium îronte » , parce qu'il avait été son bienfaiteur, haidov, Tubero , -Commenu, rer, »uo temp, gesiar, 1. II.