CHAPITRE VI
TRÈVB AGIT£E DE l'aN 1438.
Constitution de Wartau. — Famine. — Le paysan d'OberhoIz. —
Médiation et note des Confédérés.
Dans les négociations auxqudles la succession de Tokenbourg avait donné lieu jusqu'alors y Schwyz et GJaris avaient en réalité enlevé à Zurich tous les avan-« tages auxquels cette ville aspirait et qui semblaient lui être assurés ^ Sa combourgeoisie avec le peuple du pays de Sargans subsistait ; mais elle se voyait séparée de rOberland ^ de la Rhétie et des passages qui con* duisaient en Italie^ au point que toutes ses relations à venir avec ces pays ^ dépendaient du bon plaisir des nouveaux possesseurs d'Uznach et du Gaster ou devaient être rétablies par la force des armes. Outre cela, les Zuricois étaient en guerre avec les puissans ducs d'Autriche, dont l'un , Albert , succéda cette année à l'empereur Sigismond en Hongrie, en Bohème et dans l'Empire germanique. Déjà tombait le commerce avec Venise j les Tyroliens arrêtaient le§ marchands zuricois et séquestraient leurs marchandises , de sorte que quand leurs nouveaux combourgeois vendaient à l'enchère les champs , les prés et les vignes qui dépen-
' Wîndek , Uzuach , le droit de bourgeoisie du Tokenbourg. ^ Nous verrons tout-à-l'heure qu'elles subsistaient au moins par le commerce d'expédition.
daieut des châteaux ruinés, et qu'avec le produit de la vente ils faisaient bombance , c'était Zurich qui en pâtissait. Cette situation pénible porta l'exaspération à son, comble; une guerre intestine et extérieure aurait éclaté cette année déjà , mais trois causes Tempêchèrent : le duc d'Inspruck était âgé, et son jeune cousin Frédéric, plus tard empereur, n'était pas belliqueux ; de grands intérêts en Hongrie et en Bohème absorbaient le roi Albert; enfin, en Suisse, l'esprit des alliances éternelles prévint un éclat. Nous allons raconter premièrement les négociations avec l'Autriche , ensuite les négociations entre les Confédérés.
Dès le commencement de la nouvelle année , le eon- »cile invita les Zuricois à prolonger l'armistice^; ceuxci se montrèrent bien disposés, pourvu qu'on leur rendit les marchands faits prisonniers et les marchandises séquestrées * ; le duc , ccmvaincu de son bon droit , ne voulait céder sur rien ^.
Tout retard amenait des incidens qui rendaient la réconciliation plus difficile. La jeunesse de Feldkirch faisait fréquemment par troupes des expéditions contre les Grisons, au-delà du Rhin, ordinairement de nuit et pour piller; de même à Sargans et autour de Wartau. Les habitans de Sargans estimèrent que si ces jeunes gens n'étaient pas favorisés par les citoyens de Werdenberg , dont ils devaient traverser le territoire, leurs incursions ne seraient pas si promptes et ne demeureraient pas impunies. Ils étaient en paix avec
* Le 4 jany. ; lettre du concile de la nation allemande.
^ Us étaient disposés à conclure la trêve pour deux ans en y comprenant les leurs et l'évOque de Coîre.
* Lettre du margrave Guillaume , ih janvier; du duc,*Zl\,