‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 47 sur 157 · LIVRE Ilf. SECT. 2«. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE Ilf. SECT. 2«. CHAP. VI

possible du présent. Les assises provinciales furent d'ailleurs maintenues sur l'ancien pied : les jurés étaient nourris publiquement; le maximum de la petite amende ^* fut fixé à une livre de heller, de U grosse à vingt livres. Chaque ménage ^^ devait fournir une poule au seigneur pour le carnaval. L'ancien droit fut confirmé pour les cas de mort , mais on recommanda aussi aux seigneurs hypothécaires Tancienne clémence ^^. Tout fait voir que Fhomme du peuple se contentait de l'équité.

Il n'en était guère ainsi des gouvernans de Zurich et de Schwyz ; cette année encore les Confédérés se donnèrent inutilement beaucoup de peine pour les réconcilier.

La députâtion que Schwyz envoya à Inspruck , au sujet de l'hypothèque du Gaster , dans un temps où l'Autriche était en guerre ouverte avec Zurich et où Schwyz nourrissait contre cette ville une inimitié mal déguisée ^ parut à tous les Cantons si inconvenante et à plusieurs si suspecte, qu'on envoya une délégation à Schwyz pour en demander le rappel. On répondit simplement y t( que le temps apprendrait combien cette )) mission avait d'importance pour Schwyz et pour » Claris; que ces deux cantons méritaient du reste » assez [de confiance de la part de leurs confédérés » pour que ceux-ci ne crussent pas à des négociations » antifédérales. »

Quand on sut que Schwyz et Glaris cherchaient à

** Pour faute et correction.

^^ Chaque ménage établi pour son propre compte ; ce qui fait une grande différence, parce que dans bien des contrées trois générations font ménage commun.

*^ Les seigneurs les avaient toujours traités avec bienveillance.

obtenir la propriété du Gaster, Zurich se plaignit d'une négociation entamée dans ce moment , au milieu de la guerre , d'une manière astucieuse^ pour l'empêcher d'attaquer le duc dans cette partie de ses domaines. Les Confédérés exhortèrent Zurich ^^ à terminer au plus tôt la guerre de l'Autriche par voie de droit ou à l'amiable , Schwyz et Glaris à ne pas acquérir des terres ducales tant que la guerre durerait. Mais déjà l'on avait conclu le traité par lequel le Gaster devint , pour ainsi dire , la propriété de ces deux cantons.

Dans ce temps , des pluies continuelles obscurcirent l'air ^^ et couvrirent de boue les routes du commerce et des communications ; les faibles récoltes d^ la moisson précédente étaient consommées ; les hommes voyaient , avec terreur approcher la famine; chacun amassait ce qu'il pouvait acquérir. L'exemple de Baie inspira de l'effroi : le concile et la ville manquèrent de pain pour n'avoir pas ménagé les provisions surabondantes^^. Les habitans de Zurich , an contraire ^ ne CMinurent pas la disette, parce que les magistrats avaient à temps limité l'exportation^^. Au moment où Schwyz et Glaris se plaignaient de ce qu'ils n'obtenaient à Zurich que deux muids de blé pour chaque père de famille , même quand il avait beaucoup d'enfans et de domestiques, et rien pour les voisins, rien pour le pays du Gaster, Zurich, à l'exemple de SchafF-

2' Dans une dièle à Lncerne. Msc,

28 fVursiisen, Chron. de Bâle , p. 359 de la nouv. édition.

2' « Car en général on était porté à en tirer parti, et chacun pen- » sait que les temps deviendraient meilleurs; mais le mal empira.» Protoc» munie, de Bâle de c. a. dans Brukner, Choses curieuses ( MerkwàV' digkeiten).

^^ Tschudifllt 263. Du reste ceci ne doit s'entendre ni de tout le monde ni de toute la durée de cette triste époque.

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