‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 48 sur 157 · LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. VI

house ^^ , de Strasbourg ^* et de bien d'autres villes , défendit^ sans exception quelconque^ toute exportation et même le transit. La famine apparut avec toutes ses terreurs après la mauvaise issue d'une mois» son qui promettait passablement ; des hommes cédant à une faim irrésistible avaient arraché les épis pour les manger crus. Ainsi , entre les villes les plus amies toute communication fut interrompue ; on ne permit à chaque habitant de la campagne d'emporter des villes que pour un plappart^^ de pain; des paysans faisaient deux milles pour obtenir cette petite quantité. Heureuse la contrée pastorale où le petit-lait et le fromage subvenaient aux besoins ! Dans les contrées agricoles^ un f^peu d'herbages bouillis dans du lait étaient un rare délice ; dans mainte maison il n'entra pas de pain durant six mois; le pays était rempli de valets et de servantes sans maîtres; maint vigoureux jeune homme offrait le reste de ses forces épuisées pour un morceau de pain^*. Cette disette engagea les Bàlois à construire un grenier sur la place de Saint- Pierre ^^. Us recevaient du blé du fond des Pays-Bas et de la Franconie quand les villes et les seigneurs ne l'enlevaient pas de force au passage-^®. Schwyz

»* fValdkireh, Chronique de Schaff house,

'2 « Nos amis de Strasbonig ne vouiore&t ni mus laisser acheter du blé chex eux , ni nous en prêter, bien que nous leur eussions rendu de celui des Pays-Bas, » Protoc. munie, de Bâle, a.. 14^9.

»» Valant alors 18 , 14 ou 15 heller, ou un sou. Waser, de Targent,

p. i02, suîv.

'* « U y avait beaucoup de vigoureux valets qui se tordaient de faim» »

Hàpli , msc.

*5 fVuTttiten^ 1. c.

" « Si nous reçûmes quelque chose, ce ne fut pas sans peine ni travail. » Protoc, munie, de Bdle.

reçut en vain du nouveau roi des Romains une lettre de jussion pour Zurich ^''. La faim ne connaît pas de lois , et Réding sentit trop tard qu'avant de se brouiller avec ceux qui tenaient le panier au pain ^ il aurait dû pourvoir son pays de magasins à blé.

Tandis qu'il cherchait du soulagement pour ses concitoyens par le moyen des Confédérés, il se passa sur la frontière d'Uznach un fait qui aigrit les esprits. Au baillage de Grûningen, que Zurich acheta de l'Autriche, comme nous l'avons vu^^, appartient une contrée fertile et charmante, le Fischenthal, où les montagnes plus sauvages du Tokenbourg et d'UznaGh finissen^en gracieuses collines. Celles-ci étaient comme parsemées d'un grand nombre de vieux châteaux et d'une soixantaine de métairies ^^. La plupart avaient un centre commun, l'église de la vallée; çà et là s'élevaient X des chapelles. Dans les anciens temps de la domination de l'Autriche, cette maison éloignée vivait ordinairement en bonne intelligence avec les comtes et les seigneurs voisins de cette partie de ses domaines; elle recourait dans ses besoins à leurs armes et à leur argent, et les établissait comme baillis sur leurs châteaux de Rapperschwyl et de Grûningen ; alors subsistaient les vieux terriers du temps d'Albert L Mais quand il se formait peu à peu une nouvelle métairie, on ne déterminait pas toujours exactement ses limites ni l'autorité dont elle relèverait. Tel était sans doute le cas de la métairie d'O-

*^ Cette lettre de jussion se trouve aussi dans TschudiU, 26 A. Elle est datée de Prague , mercredi avant Saint-Gall.

'' Ce nombre est fourni pdsLeu, art. Fischenthal.

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