LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. VI
avec les Zuricois. Cette circonstance prouve la confiance qu'ils avaient dans la justice de leur cause. En cfiet^ Albert était un souverain ami de la paix et de la justice*^ : toutefois il ne faut pas oublier que Grûningen était une hypothèque de l'Autriche ^^, que les progrès de la démocratie menaçaient aussi Rapperschwyl ^®, que des seigneurs liés avec TAutriche se plaignaient de faits analogues ^^, et que d'autres, par les mêmes craintes, s'attachaient derechef aux Zuricois^^. Ceux-ci dirigèrent insensiblement l'opinion, attendu que Sehwyz était trop entreprenant et trop heureux. Mais Réding, loin de faire le moindre sacrifice au rétablissement de l'ancienne amitié, ne négligeait aucune occasion de provoquer de nouvelles plaintes. On voit dans les griefs des Zuricois que la borne de la Marche, au canton de Sehwyz, avait été avancée du côté de Pfeffikon de quatre cents pas; qu'en faveur d'une nouvelle route itfut établi un nouveau péage qui grevait tout particulièrement le commerce de Zurich ^^; que les Schwyzois refusaient de poursuivre un accusé, sujet de Zurich, devant son juge naturel, suivant l'ancienne coutume^*.
** « Probus fuil » ; Paltrami S. Walïonis, cbron. conlin. ap. Pez , Scr. R. A. t. I. nàpli vante aussi sa loyauté et sa douceur. Il a prouve son amour de la paix par sa réforme.
•• Zurich favorisa le plus possible Kapperschwyi et Winlerthur même pendant la famine. Tschudi.
** Frédéric de Hinwyl qui possédait aussi des terres et des gens dans le Fischenthal et dans la contrée environnante. Voyez ci-dessous la cb. n. 61.
*' Tel que Gaspard de Bonstctten , seigneur d*Usier et de Sax. Papiers de famille,
** On ne le faisait pas payer à tout le monde. C/u n. 61.
^* Sur ce point aussi la ch. n. 61 et n. 62.
Il est difficile de juger après un si long temps et sur des relations partiales ^ de quel côté se trouvait, dans chacune dé ces affaires, le bon droit ou le tort; toujours est-il que ces démarches de Schwyz étaient impolitiques , car la véritable politique d'une confédération, c'est la concorde, et il sied au plus fort de céder.
L'effet de cette conduite fut de soulever à la ville et à la campagne presque tous les Zuricois contre de tels confédérés ; on sentit moins la ruine des' espérances d'agrandissem^it que l'offense faite à l'honneur. Stûssi convoqua en présence des députés de la Suisse l'assemblée générale des Zuricois âgés de plus de qua torze ans ^^ ; celle-ci se montra fermement résolue à maintenir la défense de l'exportation, et complètement indifférente à la guerre que Schwyz et Glaris pourraient lui déclarer pour ce motif ^^. La voix et les gestes du peuple trahissaient une vive indignation ^^. Pendant l'automne, le gouvernement, dans un message, adressa un rapport sur toute l'affaire aux communes rurales, surtout des bords du lac; il n'y en eut pas une seule qui n'exprimât la résolution de sacrifier corps et biens pour la vieille gloire et les droits de leur cité.
Il serait beaucoup trop long de dire toutes les diètes et tous les lieux où les Confédérés et des villes impériales^^ bienveillantes s'efforçaient en vain, avec un zèle toujours nouveau, de terminer ces fatales quéi*elles et obtenaient tout au plus la prolongation d'un
^^ Tschudi. HàpU dit douze ans.
^^ « Que s'ils voulaient rompre la paix , le plus tôt serait le mieux. » Tschudi.
" « Il bruit et s'emporte. » Tschudi,
•'" Bâlc, Schaffhouse^ Constance , Bavensbourg, Saint-Gall.