LIVRE III. SECT. 2*. CHAP. VI
armistice quand les partis étaient déjà en campagne. On ne rejetait pas précisément le droit fédéral, mais on l'énervait en exigeant une foule d'explications. Â la fin les Confédérés se mirent au-dessus des formes; comme de part et d'autre les discours s'envenimaient de plus en plus et qu'on n'en connaissait que trop bien le sens, ils ne voulurent plus entendre les parties selon les règles du droit , mais députèrent à Berne deux ^^ des hommes les plus considérés des cantons impartiaux de même que de Soleure, prièrent Rodolphe Hofmeister, les bannerets et le Conseil de siéger avec eux pour prendre une décision , et rédigèrent leur sentiment dans une note qu'ils envoyèrent^® à Zurich et aux deux autres cantons ; ils leur firent dire en même temps : <( que c'était » là l'opinion de leurs vieux et fidèles confédérés ; que M s'ils s'y conformaient, ce serait pour l'avantage et n l'honneur de tous et de chacun ; que l'acceptation » ne sortirait jamais de leur mémoire ; que le rejet » serait à leurs yeux la preuve de la Violence qu'un » parti voudrait exercer contre l'autre; que pour la » prévenir ils avaient résolu de réunir toutes leurs » forces contre les réfractaires^^ )>
^' Lucerae doit en avoir eovoyé trois.
** De Lacerne. = Le traité de paix rédigé à Berne à la fin du mois de novembre devait servir de base à une sentence en forme ; mais les députés allè^rent soumettre préalablement le projet à leurs gouvememens respectifs ; ils se réunirent de. nouveau à Luceme vers le milieu de décembre. Voy. de TiUier, Histoire de la république de Berne, t. H , p. 70. Ce second tome a paru depuis que nous avons eu Toccasion de citer le premier dans notre précédent volume. Les savan tes recherches de M. le landammann de Tillier serviront plus d'une fois à compléter notre travail et à rectifier quelques erreurs de Mûller. G. M.
" La note est dans Tschudi , II, 267 - 275 , datée de Luceme, vendredi avant S*® Lucie.
Relativement à quatre griefs de Schwyz , la note comprenait les décisions suivantes : Premièrement ; Zurich , qui a donné le droit de bourgeoisie à des sujets du comte Henri de Sargans^ combourgeois de Schwyz, contre le gré de ce seigneur^ voudra bien se soumettre à une procédure équitable ; les Zuricois ne peuvent être requis de se soumettre au droit fédéral y parce qu'à Tépoque où le fait a eu lieu , le comte n'était pas encore combourgeois de Schwyz. En second lieu : on fixera les limites entre/Uznach et Grûningen ; suivant qu'il se trouvera que le paysan d'Oberholz appartient à un des territoires ou à l'autre, les Zuricois garderont ou rendront son amende. Troisièmement : à l'égard d'un soldat de Schwyz blessé par un sujet zuricois', Zurich a soutenu, conformément aux droits les plus anciens, que l'affaire ressortit au juge de l'accusé, à nul autre^^. En quatrième lieu : comme le droit de marché de Zurich rentre dans les franchises et ordonnances que le pacte réserve , il n'est pas conforme à l'alliance de vouloir forcer par le droit fédéral la complète liberté d'exportation; on espère que les Zuricois feront loyalement leur possible , attendu qu'une interdiction absolue serait en effet anti-fédérale, et qu'à ce sujet on devrait leur adresser une sommation ^^.
Quatre griefs des Zuricois furent jugés comme suit : Premièrement : quoique l'Empereur ait autorisé Schwyz
*^ Les Schwyzois voulaient que la caCise fût jngée à Rapperschwyl , où la trêve avait été conclue.
** Sur ce point, il est vrai le plus difficile, la réponse est vague et sujette à contestation. = Ajoutons que , d'après le traité de paix , Zurich aurait rétrocédé à ScbwyE, PfeiTikon, VVoUerau, Hûrden et Aufnau ; les autres réclamations auraient été jugées selon le droit fédéral dans une diète à Einsidlen. Voy. de Tiilier, 1. c. CM.,