PREMIERE GUERRE DE ZURICH CONTRE SGHWYZ ET CLARIS
Réponse à la note. — Explosion de la guerre. »— Armistice. — Partage de l'héritage de Tokenbourg; franchises duTokenbourg et des Dix-Juridictions. — La peste.
Lorsque les Zuricois eurent connaissance de la note i:édigée par les Confédérés dans de sérieuses intentions^ mais sans l'observation des formes en usage, ils estimèrent contraire ï leur honneur et à leur*intérêt d'accepter une convention à laquelle ils n'avaient pas pris rengagement de se soumettre. Les jurisconsultes^ ayant fait connaître leur opinion aux deux conseils , ceux-ci convoquèrent, comme au jour d'un danger public, la commune de tous les bourgeois, et lui exposèrent que le maintien des libertés et des droits de la ville , surtout du marché, où chacun prétendait trouver du ()ain à bon compte , était l'objet de leur délibération , et une ferme concordé le seul moyen de salut. Ensuite on fit prêter le serment qu'en cas de partage des voix , la minorité se soumettrait à la majorité, que tout rénitent
^ «Les intelligens et sa vans, » selon un manuscrit que je possède. On peut entendre par là principalement le greffier municipal et quelques chanoines du grand chapitre , p. e. maître Félix Hemmerlin.
serait puni dans sa personne et ses biens ^ et que le Conseil n'entreprendrait rien sans la commune. Dans le Conseil siégeaient probablement des hommes animés de sentimens fédéraux , qui^ par amour de la patrie suisse , eussent cédé^ ; le bourgmestre fit prévaloir son système ou plutôt ses passions par l'ascendant de son parti parmi le peuple^. On lut ensuite la note, mais en y ajoutant les observations qui devaient diriger le jugement de la multitude, et dont voici la substance : « Les Zuricois ne sont pas médiocrement étonnés, » après avoir envoyé à Berne des députés munis de » pleins-pouvoirs pour une diète conciliatrice seule- » ment, qu'on ait pris sans leur participation une ré- » solution sur leurs plus grands intérêts. N'ayant ja- » mais refusé à personne justice ni équité, ils n'ont pas » besoin d'un avertissement spécial pour faire droit » au comte de Sargans, dont les réclamations, du reste, » trahissent ]es inspirations de Schyyz *. La conduite » de Schwyz , qui s*arroge la seigneurie d'Uznach , » donnée par la comtesse de Tokenbourg à la ville de » Zurich , leur cause d'autant plus de surprise que ce » canton a lui-même défendu la comtesse contre les » prétendans à l'héritage ^ j d'ailleurs l'Autriche n'au- » rait pas versé dans les mains de cette dame le prix du » rachat des hypothèques, si elle ne l'avait pas recon-
^ Têthudi le répète; la ehose est rendiie vraiéemblable par le supplke de' plusieurs de ces magistrats qui eut lieu quelques anaées après.
* L'affaire fut aussi soumise aux .communes de la campagne,
^ Il ne Teût pas fait si les Zuricois n'eussent pas donné le droit de bourgeoisie à ses sujets. Zurich et Schwyz commirent des fautes sur ce point ; il est difficile de dire de quel côté il y eut le plus de torts.
* Voy. chap. V, n. 101.