‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 59 sur 157 · LIVRE Ui. S£GT. 2% CflAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE Ui. S£GT. 2% CflAP. VII

arrivèrent alors sur l'Etzel et campèrent près de la cha* pelle de St-M einrad à côté des bannières de Schwyz y noq pour marcher contre Zurich^ mais afin de donner plus d'autorité à la médiation. Les deux partis étaient bien éloignés d'un accommodement. Mais des pluies extraordinairement fortes et continues secondèrent les vœux pacifiques. Pendant ces jours d'inaction s'assemblèrent vingt députés d'Uri et d'Unterwalden ; trente de Berne ^ de Lucerne , de Zoug et de Soleure; des députés envoyés par Âppenzell^ St-Gall, Constance y Winterthur^ Bade , Schaffhause ^ Rheinfelden y Fribourg, Bàle et Strasbourg ^^ La dissolution dont la Confédération était menacée agita tout le pays des émotions diverses de la crainte et de l'amitié. Les députés travaillaient jour et nuit sans relâche pour obtenir de 4ouze en ctouze heures des armistices et le teipps nécessaire \ une médiation. Us cherchèrent longtempjs et vainement à rapprocher les partis à force de paroles coipiciliatrices ; à la fin ^ Adam Riffi y ur des déléguas d^ Strasbourg , dit : « Hommes de Schwyz et » de Glaris, votre intention est d'amener les Zuricois » à soumfitjtFe tous les différends au droit fédéral con- » formém^ot à vos alliances ; sachez que cette espé« » rance est vaine , ils ne le veulent pas et ils allèguent » b^ucoup de raisons. » Les députés représentèrent aux Zuricois avec non moins d'énergie que Schwyz demandait du pain et devait obtenir du pain. Us parlèrent de façon que chaque parti dut craindre de s'attirer par un plus long refus l'inimitié de ce grand nom-

^' De B&le André Osperaell avec ses compagnons. Tschackilan ; les villes que Tschudî ne nomme pas sont mentionnées par SteitUr , Uaitme^er et Henri Tschudi, auteur de la Chronûfuc de Glaris,

bre de villes et de pays. On parvint ainsi à conclure^ la veille de l'Ascension^^, une trêve d'un an. Les libertés et les^ alliances furent réservées ; Zurich promit à Schwyz , à Glaris et à ceux qui leur avaient rendu hommage ^^ le libre passage de tout le blé qu'ils achèteraient hors du territoire de leur ville , et aux sujets de l'abbaye d'Einsidlen la liberté d'exporter, comme anciennement, une quantité raisonijable de vin ^^. Cette lettre fut scellée par le chevalier Henri de Bubenberg, seigneur de Spiez , un des plus illustres conseillers de Berne, et par Burkhard de M uhlheim , de Strasbourg, aussi chevalier.

On posa les armes , on conserva la haine ; la jalousie l'augmenta de jour en jour. Bientôt Zurich interdit aux paysans qui avaient rendu hommage à Schwyz depuis peu d'années l'exportation du blé^ comme si la trêve ne comprenait que ceux qui faisaient partie du canton à l'époque où fut conclue l'alliance perpétuelle. Bientôt les habitans du pays de Sargans, à l'instigation de Pierre Weibel, dénièrent au comte leur seigneur, sous divers prétextes , ses droits seigneuriaux^^; en vain celui-ci leur intenta des procès ; la famille des Weibel ^^ ( de Mels ) souleva contre lui le pays entier ; en vain Schwyz et Glaris firent d'énergiques représentations en faveur de leur concitoyen ^'^ ; les Weibel,

^^ iZ mai. L'expédition dura donc dix jours.

^* Lies Schwyzois pouvaient considérer ces mots comme une circonlocution par laquelle on évitait de nommer les habitans du Gaster et d'Usnach.

^* Dans les livres tokenbourgeois (n. 82), I, 1157.

'^ Vu le manque de documens , il est impossible de décider quelles raisons ils avaient pour cela , ou s'ils n'en avaient point.

^' Kuenz et Gléwi avec leurs compagnons et amis. Tsekachtlan,

^^ La suscription est remarquable : « Au capitaine , au conseil et à la

Page 1