‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 6 sur 157 · LIVRE ni. SECT. 2*". CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE ni. SECT. 2*". CHAP. II

attaché les Zuricois en leur vendant la seigneurie de Greiifensée^^, il mit plus d empressement encore à se concilier pour toujours le canton de Schwyz en lui faisant^ mais seulement pour l'époque de sa mort, une cession en forme de ses droits de souveraineté et de juridiction dans la Marche supérieure'*. Les Appenzellois avaient cédé la Marche inférieure aux Schwyzoîs, par reconnaissance pour le traité conclu avec eux dans un moment critique; maintenant ils acquéraient la Marche supérieure en raison de l'alliance faite avec l'ennemi d'Appenzell. Ils mirent à profit des circonstances qui ne se présentent qu'une fois; mais^ depuis qu'ils devinrent si politiques, ils cessèrent d'être au même degré qu'auparavant la terreur des seigneurs voisins et l'espérance des peuples. * Les Appenzellois et les Glaronnais furent forcés , moins par les armes de Frédéric de Tokenbourg, que par la chaleureuse intercession des habitans de Zurich et de Schwyz '^ , à rompre les alliances par lesquelles ses sujets croyaient s'être assurés de leur protection ^®. Dans le même temps il fortifia son autorité en Rhétie par une semblable alliance qu'il conclut pour vingt ans avec la Basse-Engadine'*^.

'^ 1402, le château, la petite ville et le lac pour 7,219 flor, Leu (bourgmestre de Zurich } , Schoop, additions à Rahn.

•* Section I, ch.li.

* Si les Suisses s'unissaient un jour aux braves Tyroliens pour former une nouvelle ligue achéenne , [dont les bases seraient : l*" unité dans les mesures générales ; 2" égalité et communauté de droits; 3" communication aux peuples étrangers des mêmes droits, dans le cas où les gouvernemens de ceux-ci deviendraient ennemis , certes une pareille ligue consolerait TEurope de ce qu'elle a éprouvé. D. L. H.

•» Section I, p. 522.

»« T. IV, p. 514 et 522.

»" T. IV, p. 459 et 460.

Lorsqu'on réfléchit aux circoastances dans lesquelles Frédéric de Tokenbourg prit possession des seigneuries de sa maison , à une partie desquelles d'autres ^^ croyaient avoir plus de droit ; lorsqu'on réfléchit combien de temps et dans quelles ccmjonctures il sut s'y maintenir et même les doubler; avec quelle habileté il déploya tour à tour la politique d'un prince et les artifices d'un démagogue ^^; comment ^ tandis que beaucoup de seigneurs^ ses voisins^ déclinaient , il surpassa tous ses aïeux et ses amis en richesse y en puissance^ et en solide , autorité^ on se persuade que rien ne manquerait à sa gloire s'il avait été pour son peuple un meilleur père. Point de pitié quand il s'agissait de punir ses sujets; il était surtout inflexible à l'égard des amendes ^^ ; il descendait rarement à l'affabilité^^; sa personne inspirait la crainte. En revanche ^ ses sujets n'avaient à redouter que lui seul sur la terre; mais devant lui tremblait ^^ quiconque se rendait coupable; il n'était pas injuste ^^^ et son bras puissant protégeait efficacement les citoyens contre la violence étrangère. La sévérité de son caractère dominateur ^^ valait mieux pour eux et pour lui que la bonté unie à la faiblesse. .

" T. IV, p. 71.

*' Dans ses négociations avec les Suisses.

*® Jean HùplL , chronique msc. , achevée en 1A62.

** « C'était un homme rude et un seigneur dur pour ses pauvres su* }e\s.M T8ôhudi,ià^6.

*^ « Ils le craignaient comme une épée tranchante. • IbidL

^ « Toutefois il ne commettail ni violence ni injustice envecs qui que ce fùL » Ibid.

** To iQ'fe{iovixov. Tsehudi rend parfaitement ce mot dans son langage : « n tint les siens en grande maîtrise. »

Page 1