‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 7 sur 157 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Circonstances de la mort de Frédéric de Tokenbourg. — Ses héritiers. — Le bourgmestre Stiissi; le landammann Réding.

Après bien des années de relations amicales^ le comte vit la bonne intelligence qui régnait entre lui et ses combourgeois de Zurich troublée vers la fin de sa vie.. Comme il était fort âgé , sans héritiers légitimes et le dernier de sa maison^ il désirait vivement obtenir de l'Empereur la liberté d^ choisir à sa guise rhéritier de ses domaines^ parce qu'il voulait laisser aussi long-temps que possible tout le monde dans Tincertitude à cet égard. Il comptait éviter par là le désagriément très - sensible de voir de son vivant un autre ^ sur lequel il aurait toujours eu moins d'auto-* rite que sur un fils^ s'immiscer^ du moins en secret^ dans son gouvernement sans en être prié , et devenir l'objet de nouvelles espérances pour les mécontens et de vœux inquiétans pour le vieux seigneur. Mais on hasardait si peu de l'entretenir de la mort et de ce qui s'y rapportait , qu'il négligea long-temps de solliciter le privilège impérial, et qu'il se contenta d'envelopper d'impénétrables ténèbres l'état fort compliqué de sa succession, qui n'était bien connu de personne.

Dans cette disposition d'esprit il reçut une dépu-

talion de ses combourgeois de Zurich' chargée de lui dire que , « puisque le traité de combourgeoisie ')) qui existait entre lui et la ville de Zurich , à l'a- )i vantage et a Thonneur de tous deux^ lierait ses » héritiers encore cinq ans après sa mort, et que, » vu son grand âge^ il pourrait bien ne pas tarder » à subir le sort commun de Thumanité^ la ville de » Zurich / désirant savoir à qui elle aurait affaire , » le priait de lui faire connaître qui serait son héri- » tier. » Ce n'était pas tout. « Vous tenez à titre » d'hypothèque depuis vingt-sept ans, continua la » députation , d'abord de TAutriche , ensuite de l'Em- » pereur, la seigneurie de Windekj or, l'Empereur » a octroyé à Zurich, il y a huit ans, et récemment »' encore renouvelé la permission^ de la racheter ; » et dans les circonstances actuelles on ne trouve » pas à propos de différer davantage. »

Il est évident que ce message devait déplaire au comte; il ne Test pas moins que Zurich s'en serait abstenu s'il avait voulu garder de plus longs menagemens envers lui. Frédéric crut aussi voir un manque d'égards dans le jugement d'un procès qui lui fut intenté devant le gouvernement de Zurich^; deux gentilshommes rhétiens *, les frères Henri et Wcrner de Siegbert, dont le premier avait commandé les

* Arrêté du conseil et des bourgeois, du 30 janvier 1452.

* Il porait que ce privilège fut en quelque sorte renouvelé ou c(»ifinné alors que (S. Gall 14Si) Rodolphe Stûssi et Ulrich de Lommis se trouvaient à Feldkirch auprès de l'Emperenr, et que celui-ci demandait aux Confédérés des secours contre les Vénitiens.

* Il fut accusé là en qualité de bourgeois.

^ Guler, la Rhéiie, p. 9 a, Louis Edlibaeh se borne à dire plus vaguement qu'ils étaient du pays d*£n-Haut (Oberland).

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