LIVRE ^11. SECT. 2«. CHAF. VII
rent également concédées à la juridiction de la longue prairie , et de la vallée de Schanfik ^ dans les lieux sau-r vages traversés par la Plessur et que le mont Stréla sépare du territoire de Davos *^^.
Quand on réfléchit à ces franchises que les citoyens du Tokenbourg et du Prettigau consentirent à se lais-r ser octroyer alors qu^ils pouvaient hardiment les exiger f on voit que leur modération se contentait d'une garantie de leurs propriétés et de leurs anciennes iurstitutions judiciaires ^^^ Quand on réfléchit aux difficultés insurmontables qui empêchaient la réconcilia^^tion entre Zurich et Schwyz , on voit que la facilité ou la difficulté de chaque chose dépend moins de sa nature que de la volonté des hommes.
Tandis que^ sous le masque de la constance^ l'opi-r niàtreté préparait une nouvelle guerre plus funeste que la précédente ; taudis que la disette pesait encore lour->dément sur le pays et que même dans l'Autriche antérieure l'administrateur des revenus *^^ ne savait où trouver du pain en attendant la moisson *^^, apparut vers Pâques ^^ la grande peste, apportée par un fatail
*^^ Ch, avec des noms mal désignés dans L&nig ^ Archives d^Empire , pari. Spec. contin. II, continuation IIl, section VI, p. 170 ; on trouve aussi là la ch. de la n. 117. L'évêque Jean se fit adjuger Schanfik par Conrad de Manuels, juge palatin, mais il en donna l'investiture au comte Henri de Montfort , que nous avons nommé.
<>* Principe fondamental, qui apparaît surtout dans' la concentration telle que la présente la ch, de la n. 117.
^^^ II. s'agit des redevances foncières. L'administrateur d'alors s'appelait Pétermann de Môrsperg ; il sera souvent question de lui.
iss Protoc. tnunicip. de Bâte,
*^ Il y en eut des symptômes dès rhiver ; voy. WursUsen, Chron, de Bàlc, 1765, p. 367.
étranger *^^ à Baie, rendez-YOus de beaucoup de nations 5 ou produite dans le pays par les alhnens inaccoutumés auxquels on fut réduit pendant la famine. La puissance de la mort s'accrut avec la chaleur de la saison ; elle s'étendit au loin sur les villes et les cantons de la Suisse ; souvent en un seul jour mouraient à Berne vingt-quatre personnes ^^^, à Baie cent; Zurich perdit au moins le quart de ses hahitans . ^^"^ ; Constance , quatre mille des siens ^^^. Partout où la maladie pénétrait, il n'y avait pas une maison sans un mort; maint jeune homme vigoureux.qui le matin avait laissé ses parens c^ honne santé rencontrait à midi le saint viatique, leur dernière consolation, puis rapidement saisi lui-même tombait mort devant son Dieu. Les fossoyeurs ne suffisaient plus à préparer à chacun sa dernière demeure ; à peine trouvait-on assez d'hommes et de chariots pour conduire en hâte les cadavres dans des fosses communes '^^. La mort exerçait d'extraordinaires ravages parmi les grands seigneurs et les prélats ^^^ : beaucoup de pères du concile s'enfuirent; le mal les atteignit, ils en emportèrent le germe avec eux. On appelait héros celui qui restait au poste où la Providence
*^^ Elle se manifesta premièrement à Bâie; à Berne elle devint terrible ' stu mois d'août. Tschudi.
^^^Steitler, p. 153. En somme, depuis le mois d'août jusqu'à Noël, l&OO personnes. Tsehudi,
*^^ 3,000 personnes. Rahn, p. 800. Comparez ci-dessus t. Ul, p. 21 et 101.
<s) Dans l'espace de dix mois. Rahn, L c.
*M fVarsiUen, p. 875 , 377 et suiv.
^'^ {l mourut 25 bénéficiers de Tévéché , outre les prélats étrangers. Henri le Minorité , florib, tempp, in Seripft» rer, BmH, minorih» t. L