UVRE III. SECT. 2*=. CHAP. VIII
de l'intervention étrangère, soit qu'elle inspirât aux étrangers de la bienveillance pour leur ville au détriment des Confédérés.
Ceux-ci se bornèrent à donner connaissance de la proposition à Schwyz et à Glaris. Ces deux cantons estimèrent que l'esprit de la Confédération et la prudence leur ordonnaient de ne point entendre à une res^ triction ou à une modification de la lettre des alliances perpétuelles. Ils s'attachèrent fermement à la pierre angulaire de tout l'édifice, force et sûreté de la Confédération. « Celui à qui l'on prétend enlever son habit » doit consentir à un jugement ; qui veut la justice » ne veut pas l'injustice. C'est leur cas. Si des innova-. )) tions inouies violemment imposées , si des traités de » combourgeoisie conclus avec les serfs d'un seigneur » sans sa permission et contre son gré sont jugés légi- » times, ils devront s'y soumettre. Mais ils sont résolus » à ne jamais se laisser détourner de la marche ju- » diciaire que leurs pères se sont garantie par de mu- » tuels sermens, qu'ils ont maintenue et sur laquelle » reposent la liberté et le bonheur de toute la Confé- » dération : que Dieu décide '^. »
Autant les Confédérés devaient approuver cette fidélité à l'esprit de la constitution fédérale , autant ils redoutaient la guerre. Ils se hâtèrent. A la Chandeleur, le jour même où Frédéric d'Autriche fut couronné à Francfort comme empereur romain, Ringoltingen ®, à la tète d'un^ grande députation , s'efforça de persuader à la commune de Schwyz de céder sur quelque point afin de faire consentir Zurich à un rapproche-
^ Cette eh, , comme la précédente, a été donnée par Ttchudû » Lotf/fer , V , 92. «
ment. Il crut avoir gagné quelque chose lorsque Réding donna la déclaration écrite ® que ce Ton se con- » formerait au droit fédéral^ même en faveur des sujets i) quelconques des Zuricois ^^>. » (ainsi sans exception de ceux de Sarg^ns) y a envers et contre tous les » citoyens de Schwyz » (au nombre desquels était leuJr seigneur le comte Henri). Les Confédérés exhortèrent fort sérieusement les Zuricois à se soumettre sans condition au droit . fédéral conformément au prescrit du pacte. La réponse fut aussi modérée qu'il le fallait pour ne pas blesser tous les Confédérés^ mais telle en même temps qu'elle ne compromettait pas les principes suivis jusqu'alors.
Cette tentative échoua donc aussi; l'embarras des Confédérés assemblés était extrême lorsque Uri, Unterwalden^ Luceme et Zoug proposèrent comme dernier moyen d'envoyer à Zurich et à Schwyz, conçue dans les termes les plus énergiques , une même sommation de s'abstenir de toute voie de fait jusqu'à la décision juridique du différend, en les menaçant de la vengeance des Confédérés réunis. Les Zuricois obéirent à la sommation ; les Schwyzois crurent l'honneur de leur pays compromis si la postérité apprenait que la Confédération eût été dans le cas de leur tenir un pareil langage , à eux qui obéissaient à ses moindres paroles, à ses moindres signes , et qui n'avaient d'autre désir, ni d'autre principe que de terminer ppur jamais tout différend, à Tamiable, selon la justice, à la manière des anciens Confédérés.
^ G*est encore Tschadi qui nous transmet cette cfutrte,
^^ Ceci me paraît être le point capital dans cette déclaration conçM
en termes si généraux ; autrement oïl ne comprendrait pas ce que les
Confédérés auraient cru obtenir^