LIVRE m. SECT. 2^ CHAP. VIII
Antoine ; tous se plaignaient que les Zuricois leur retenaient revenus ^moisson et vendange. Voir ses biens et ceux de ses amis retenus par des Confédérés ! Le campagnard outré ressentit profondément cette honte et cette injustice ^^. Cependant on vit remonter au pays une lamentable troupe de pauvres veuves qui , pendant les chaleurs de Tété^ avaient moissonné le blé des Zuric<HS ; elles étaient allées demander leur salaire pour donner une fois un morceau de pain à leiu*s enfans affamés ; durement éconduites , elles n'avaient pu toucher par leurs larmes le coeur du bourgmestre; elles ref enaient les mains vides et Tâme désespérée ^^. A ce spectacle ^ les Schwyzois jurèrent d'obtenir justice.
Us firent savoir leur intention aux Glaronnais. Tschudi convoqua l'assemblée générale. Le peuple de Glaris répondit unanimement (( qu'il assisterait Schwyz de son corps et de ses biens. » Dix hommes de chacun des deux cantons se rendirent au village de Lachen , dans la Marche , pour combiner secrètement le plan de r^itr éprise.
Les vingt tombèrent d'accord que , pour humilier énergiquement les Zuricois dans leur propre pays ^ ou pour leur laisser le temps de la réflexion afin de prévenir ce malheur , il fallait faire des démonstrations hostiles sur l'Etzel et commencer la guerre dans le pays de Sargans. Ce plan offrait d'autres avantages encore. La victoire était d'autant plus certaine dans.
•* l\ n'est pas invraisemblable que les Zuricois voukiienl faire sentir au ^ peuple où ses chefs le menaient et combien il lui importait d'être en bonne intelligence avec Zurich ; mais les magistrats surent donner une autre direction au courroux populaire.
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cette contrée qu'on ne les y attendait guère. Par là ^ Zurich se trouverait privé de l'espérance d'un secours puissant de la part de Sargans et même de la Rhétie ^'^ ; d'un autre côté les concitoyens de Schwyz et de Glaris en auraient'plus de liberté d'agir ; l'honneur des deux cantons serait sauvé avec le plus de plaisir par la protection du concitoyen qu'ils risquaient le plus de perdre, parce que les autres {confédérés ne lui voulaient guère de bien^^. Enfin il parut sage d'exécuter avec un succès encourageant l'actioQ qui exigeait le moins de monde, tandis cpi'on préparerait pour de plas difficiles exploits des forces majeures **. On concerta donc « de requérir sur-le- » champ , mais en secret, la Marche , Uznach , le » Gaster , les sires de Rarogne , Tokenbourg , Wyl et » le comte de Sargans de se trouver de bon matin le » 25 d'octobre *^ , en armes, les premiers aux fron- » tières des Zuricoîs, le comte, s'il lui était possible, » à la frontière de son pays ; en même temps-, huit » cents braves de Schwyz et de Glaris se montreraient » à Wésen , et les bannières cantonales sur l'Etzel et » à l'Eke^^ »)
Peu avant le jour fixé, Schwyz et Glaris adressèrent à tous les Confédérés une réquisition fondée sur l'injustice commise envers leurs monastères et leurs
*' Zurich avait des relations d'alliance avec Ooîjre; les habitans de fai campagne en avaient avec les trob lignes.
** « Les Confédérés ne voyaient pas de bon œil Talliance de Schwys » avec le comte Henri, parce qqe la» noblesse ne leur avait jamais été • dévouée dans leur pays , ni particulièrement fidèle. • Tschudi»
. ** Les réquisitions eurent néanmoins lieu.
** Lundi avant Simon -Jnde.
** Dans la Marche.