‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 71 sur 157 · LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. VIII. 4&t · texte numérisé non relu

LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. VIII. 4&t

concitoyens , et sur le refus du recours sans condition au droit fédéral. Les Glaronnais mandèrent à la ligue Grise de la Haute-^Rhétie : c< Anciens alliés des Rhé- » tiens ^^ , ils entreprennent une expédition contre le » peuple de Sargans , pour le forcer à respecter Té- M quité à l'égard de son seigneur^ concitoyen de Gla- » ris ; les Glaronnais n'ignorent pas que leurs amis , » les Grisons^ ont une alliance avec Sargans ^ mais » sans doute dans l'intérêt de la justice, et non pour » que les nouveaux amis fassent oublier les anciens. » Ils ne demandent point de secours^ satisfaits si la li- » gue Grise engage la Rhétie entière ^^ à garder la )» neutralité. » Ainsi fut-il fait,

Zurich , de son côté , rappela aux Confédérés les anciennes guerres dans lesquelles il leur avait servi de rempart**, et requit leur assistance pour n'être pas dans le cas de recourir à des étrangers. La plupart des cantons*^ déclarèrent que ce recours était fort inutile, puisque le droit fédéral ne leur avait jamais été refusé, et que, par ce moyen, l'on pouvait à cette heure encore prévenir un malheur, pourvu qu'ils l'acceptas-^ sent sans condition. On assembla une diète, mais elle n'eut aucun résultat.

Lundi 24 octobre au soir, Ital Réding et Jost Tschudi vinrent à Wésen avec 800 guerriers^. Dans la soirée même, ils envoyèrent au peuple de Sargans cette dé-

« Depuis 1400, T. IV, p. 6î.

^ Tschadi ne mentionne proprement que les babitans de Goire; j'ignore si les Grisons avaient alors déjà le droit de requérir les Dlx-Juridictîons; ils le pouvaient du moins médiatement par les bourgeois de Goire,

*%• Leur bouclier à tous. •

*^ Lucerne , Uri , Unterwalden , Zong.

claration de guerre : « Savoir faisons^ nous^ le lan- » dammann^ les conseils et les communes des deux w pays de Schwyz et de Claris , à vous , le capitaine ^ le )> conseil et la commime du pays de Sargans^ qu'avec » IKeu nous vous forcerons d'obéir au noble , bien né » et notre généreux sire le comte Henri de Sargans^ » selon la mesure de l'ancienne obéissance. Ce faisaat , » nous réservons notre honneur *^. »

Mardi 25 octobre , dés l'aube ( la matinée fut froide, puis il neigea ), tandis que les lieutenans du pays avec les bannières cantonales se rendaient de Schwyz par Einsidlen sur TEtzel , de Claris par la Marche sur la Steinek , et que le comte de Sargans , de coucQrt avec Henri de Tettnang, Wolfhard de Brandis et Timri de Sax, envoyait au peuple de la campagne de SargaaS: des déclarations de guerre toutes semblables, une partie des huit cents remonta , ivre de joie, le lac de War lenstadt , l'autre suivit le rivage. La première aborda au pied du Bummelstein , à droite de Walenstadt ; la seconde fit halte près du Rouschyhenberg ^'^ qu'elle trouva occupé. Peut-être le commandant de la milice de Sargans , Pierre Weibel , ne croyait-il pas encore la cause de son parti et la sienne perdues ^^ ; peut^tre voulut-il couvrir sa fuite ; il envoya trois cents hommes occuper cette colline. Ils n'auraient pu prendre

^' La déclaration se trouve dans Tschudi, II va sans dire que Thistorien n'invente rien et qu'il conserve le caractère des actes ; il se permet seulement d*abréger des tautologies.

*' Henri Tschudi , dans la Chronique de Claris , l'appelle « Rejscheiben , » nom qui semblerait indiquer que les gens du pays avaient l'habitude de s'exercer sur cette hauteur à tirer au blanc ( Scheibe , cible). Maïs faute de certitude je me conforme à la vieille orthographe de Gilg Tschudi, plus fidèle aux documens. ^

^^ Peut-être la Rhétie ne lui avait-elle pas encore refusé un renfort.

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