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une position plus avantageuse pour arrêter l'ennemi : celui-ci ne pouvait faire un pas sans risquer d'être attaqué simultanément par derrière et de front ; Il ignorait le nombre de ceux qu'il avait à combattre. A cette circonstance^ les Schwyzois et les Glaronnais opposèrent leur courage ; ils se confièrent à la supériorité, sinon de leur nombre , du moins de leur force, résolurent de débusquer leurs ennemis , montèrent à l'attaque. A leur aspect , l'effroi s'empara des soldats de Sargans. Us cherchèrent des yeux leur capitaine; mais en vain : à l'approche du danger tomba iguoQiinieusement l'insolence de Pierre Weîbel et de tous les siens qui avaient dépossédé leur seigneur de son gouvernement et bravé ses protecteurs tant qu'ils crurent les bras de ceux-ci enchaînés par les liens de la Confédération. Ils s'enfuirent du pays, abandonnant les victimes de leur séduction ^^. Alors les trois cents hommes de Sargâns s'éloignèrent en courant de cette colline où ils auraient pu en arrêter trois niil^e, s'ils n'avaient pas oublié de prendre avec eux quelques canons ^^; hors d'haleine, ils descendi- rent dans Walenstadt, Sur leurs pas volèrent les Schwyzois et les Glaronnais , qui firent dire : « De » même que la flamme dévore les granges et les éta- )) blés de leurs ennemis devant la ville, ils conti- » nueront de dévaster tout de fond en comble ; rien » ne sauvera la ville elle-même. » Elle fit demander grâce par des hommes honorables ^' : a Les habitans
*^ Tfchadi leur adresse pour adieu cet adage qui n'est pas toujours, vrai : ■ Pouvoir injuste ne vieillit pas, •
^* Il y en avait une an moins h Walenstadt.
^* Les Kilchmatter avaient des amis à Claris. Le vieux avoyer Niissbaumer était un homme considéré.
» de Walenstadt sont de pauvres gens ^ .fort disposés Jt) à se soumettre à tout ce qui sera prescrit au pays 1) environnant. » Le pardon fut le prix de cette humilité et de cette intercession.
La même nuit les troupes des deux cantons stationnèrent à Bœrtschls^ et le comte Henri, qui, de cou— cert avec ses amis, avait levé sept cents hommes, vint de la contrée de Yaduz en passant le Rhin. Les troupes suisses entrèrent dans Fintérieur du pays le mercredi matin. Arrivées sur les terres communales de Tschaerfingen, le comte, qui avait découvert de loin leur bannière rouge ^, les atteignit; en les rejoignant, il versa des larmes de reconnaissance et de joie; elles entrèrent avec lui dans la ville de Sargans, seule demeurée fidèle. De là Ton fit demander à tous les villages « s'ils » voulaient prêter serment à leur seigneur d'après leurs » coutumes, ou attendre, au péril de leur vie et de » leurs biens , qu'on les y contraignit? » Pour toute réponse ils implorèrent sa clémence. Aussitôt on restitua au comte toutes ses propriétés que Pierre Weibel * avait fait vendre à l'enchère, et les arrérages ^^ jusqu'au dernier sou. Ils abjurèrent ensuite à jamais la combourgeoisie perpétuelle de Zurich , ainsi que les alliances conclues avec Coire ou avec d'autres parties de la Rhétie ^*, et la prétention d'en conclure à l'avenir , à moins qu'elles n'eussent été autorisées par les souverains ^^. Sans verser une goutte de sang, sans
• *^ T»ehaehllan.
>* TsehudL
'* P. e. avec les Dix-Jarîdictîons (nous av»ns eilé le document cidessus cbap. Vn, n. 115), et avec les communes de la haute ligu^ (d^àenU»6).
'^^ Le comte et les deux cantons protecleui*s.
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faire des concessions encourageantes pour les agitateurs , on soumit tout le pays de Sargans en trois jours , selon l'ancienne manièrer
Accompagnés du comte ^ les Schwyzoîs et les Glaronnais redescendirent le samedi à Walenstadt , qui jura aussitôt obéissance. Quiconque dans le pays de Sargans avait des obligations envers la maison d'Autriche ^ . envers une abbaye ^"^ ou un gentilhomme ^*, fut sommé de les remplir conformément aux anciennes relations ; la seigneurie de Grepplang ^®, hypothéquée aux Zuricois par l'évéque de Coire , prêta serment aux deux cantons. Pierre Weibel aussi vint à Walenstadt, tout autre que lorsque quatre ans auparavant il y avait reçu le bourgmestre Stûssi et livré au pillage la maison et la cave de l'avoyer Nussbaumer ; il se mit à genoux avec tous les siens , demandant son pardon et la vie; comme on nevoulait pas souiller de sang ces jours de bonheur , sa prière fut exaucée, après qu'il eut indemnisé l'avoyer. Couverts de gloire et fiers de leur succès, Tschudi et Réding s'embarquèrent le premier de novembre de bon matin avec leurs troupes dont ils n'avaient pas perdu un seul homme, emmenèrent une coulevrine prêtée par Zurich aux habitans de Sargans, se hâtèrent et arrivèrent le même jour par le Gaster et la Marche à Lachen; l^ étaient les députés des Confédérés ainsi que de beaucoup de seigneurs et de villes ; les vainqueurs firent leur entrée enseignes déployées, tous vigoureux, beaux, bien vêtus, pleins de joie.
*• Pour Freudenberg ou Nydberg, ou à Walenstadt.
^' Coire, Pfeffers, Schennis.
** Pierre de Greifensée.
" Alors unie avec la maison de Flums; voy. cb. IV, n. fiS el ci-dessous.
186 m&TOiRË DE LA SUISSE.
11$ apprirent une singulière nouvelle : peu de jours auparavant 9 sur le bruit inattendu que les Zuricoit avaient envahi le pays d'un autre côté^ on avait sonné le tocsin à ËinsidloQau milieu de la nuit^^, les bannières cantonales s'étafent réunies en hâte sur TEtzel et chacun se tenait sous l«s armes; à la fin il se trouva qu'une troupe pieuse de pèlerins des Pays-Bas , portant de longs bâtons , avait été prise pour une armée ennemie. En effet les Zuricois gardaient leurs frontières^^, mais il n'y avait poipt de troupes en campagne; dans le pays de Schwyz^ au contraire, se rassemblaient journellement en grand nombre de braves guerriers ; les voisins dfe Weggis ^^ et vingt hommes de Gersau se trouvaient sur TEtzel; la bannière d'Unterwalden n'était pas encore arrivée , mais beaucoup de vigoureux guerriers l'avaient devancée ; des lointaines montagnes de l'Oberland était venu le châtelain ^^ des belliqueux habitans du Gessenay ^* avec soixante-quatorze hommes; les députés suisses et étrangers désiraient la paix ; on avait renvoyé les négociations à une landsgemeinde que les landammanns étaient maintenant en mesure de tenir.
Le lendemain matin la milice postée sur l'Etzel et à l'Ek et les troupes revenues de Sargans s'assemblèrent prés de Lachen sur la place voisînfv^e l'image de pierre ^K
*• Tschachilan,
" Pfeffikon . Bubikon , Rûti , Ellgau.
''* T. m , p. 75 et suiv.
^' Nicolas Bauiner. Mâsehig , Chron. du Gessenay, Msc.
^* n est difficile de décider s'ils avaient ane alliance formelle avec Schwyz (il n*en est fait aucune mention ni dans la guerre de Barogne, ni pins tard) , ou s'ils agissaient par ancienne amitié ( t. I , p. 408 , 609).
*^ Ancien nom des crucifix et des images des saints.