LIVRE m, SECT. 2*=. CHAP. Vill
Là parlèrent trois délégués du concile de Baie et du vieux duc de Savoie qu'une partie de la chrétienté vénérait en qualité de pape sous le nom de Félix V, ainsi que beaucoup d'autres députés de afÀgneurs, de villes et de pays ^ tous en faveur de la paix- Mais la passion et l'humeur belliqueuse remportèrent. « Trop long- » temps ^ » répliquèrent Schwyz et Glâris^ en invoquant le témoignage des Confédérés^ « trop long-temps » nous avons opposé aux maux soufferts, par les enfans )) dans le sein de leurs mères ^^ les vieux droits de notre » pays sans parvenir à les faire prévaloir. Il est tempç )) de mettre un terme à ce désordre. Le remboursen ment de nos frais ^ que nous évaluons à trente mille » florins ^'^, la renonciation à toute prétention sur » Uznach , le Gaster et Sargans , la ferme assurance » donnée à tout jamais de se soumettre sans condition » au droit fédéral et de nous accorder la liberté d'achat » peuvent seuls défendre Zurich contre le progrès de » nos armes ^^. Nous rentrons dans nos foyers, si les » députés s'engagent à faire accepter ces conditions aux » Zuricois^^. » Les députés n'étaient rien moins que disposés à prendre un tel engagement ; la plupart d'entr'eux ne manifestant que de simples doutes sur l'accueil que les Zuricois feraient à de semblables propositions, l'ammestre de Strasbourg, Adam Riff, déclara sans détour « qu'il n'y avait rien à espérer, » et
** Ils entendent par là , la faim.
•^ Ils comptent probablement aussi les députalions envoyées en Bohème , en Hongrie et à Inspruok.
•* En outre, « Flums, appelé la forteresse Grepplang, doit leur scr- • VÎT de maison ouverte t » cl ils gardent la coulevrine emmenée de Walenstadt.
«» Ch, dans TschudL
Réding remercia Dieu « d'entendre de la bouche d'un » loyal étranger le langage franc que depuis long- » temps les Confédérés eussent dû tenir '^^. »
Les députés partis ^ on fit à l'assemblée la proposition de déclarer la guerre à Zurich. Le même jour la déclaration se fit en ces termes : « Sachez , bourg- » mestre^ conseil , grand conseil et bourgeois de la ville » de Zurich y que nous^ les landammanns , conseils et » communes de Schwyz et de Claris , en raison de la » violence, de l'injustice et des grands dommages que » nous et les nôtres avons soufferts de la part de vous » et des vôtres, au mépris de l'honneur du droit et » des alliances, nous voulons être les ennemis de vous » et des vôtres, par quoi nous réservons loyalement » notre honneur et l'honneur de tous ceux qui font ou » ou qui feront cause commune avec nous. Scellé, à f) défaut des sceaux de nos cantons, avec celui du pru- » dent et sage Ital Réding, landammann de Schwyz"^ ^ » Le châtelain de Gessenay remit aussi au courrier de Schwyz la déclaration de guerre de son pays'^^^j une troisième , rédigée en commun par les habitans de Weggis et de Gersau lui fut également remise. Le courrier, à l'exemple de celui que Zurich avait envoyé l'année précédente , mit les lettres dans une podie ( ordinairement on les attachait au bâton qui le faisait reconnaître ) ; il revêtit les couleurs du pays et traversa le lac pour prendre sur l'autre rive un chemin plus
'• Etferlin leur fait le même reproche.
'* Déclaration de guerre , mercredi après la Toussaint , dans TsehudL '* Je vois dans BuUinger que le Sibentbal aussi déclara la guerre à Zurich , probablement d'accord avec ie Gessenay , comme Weggis avec Gersau. Mësthig, 1. c. rapporte qu'en 1662 on possédait encore à Gessenay la lettre par laquelle Schwyz remercia ce pays.
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court ''^. Il apprit qu'avant son arrivée déjà le tocsin avait sonné dans la ville et le long du lac^ que le bourgmestre était parti sur-le-champ avec la bannière dé la ville et quarante barques bien équipées , et que déjà il se trouvait à Pfeffikon. Il rencontra la milice de Grûningen^ et vit^ du haut de TÂlbis^ la petite troupe de chaque village se hâter de joindre la bannière. Car dès qu'Oberhofer , qui était en garnison à Pfeffikon y avait su j par ses, émissaires , l'issue de la landsgemeinde y il en avait envoyé promptement la noavelle au bourgmestre. Le courrier remit à ce magistrat les déclarations de guerre dans Pfeffikon ; il fut mal reçu^ poussé^ battu ^ insulté^ pour ne les avoir pas portées suspendues à son bâton. Le respect pour l'usage sauva ces désagrémens à seS; confrères envoyés à Uznach , au Gaster^ à Sargans^ à Wyl et à Lichtensteig pour porter les déclarations de guerre et demander du secours.
Dans la soirée du même jour mille hommes '^^ sous les bahnières d'Uri et d'Unterwalden arrivèrent au pont de la Sihl, au pied de'TEtzel, divisés entr'eux, incertains s'ils se joindraient à l'un ou à l'autre partie ou s'ils chercheraient encore à maintenir la paix. Ils tentèrent cette dernière voie avec des paroles fort dures qui surprirent les Schwyzois sans ébranler leur résolution. En vain les menacèrent-ils de leur refuser tout secours, x Les libres habitans de Schwyz^ dit Réding^ » sont las d'offi'ir inutilement le recours aux voies lé- » gales ; les négociations n'ont pas amené de pain dans
'* n 8*appelait Canî Môderli. Hérodote nomme bien les Uémérodromes!
'« Selon fîtt/yf 1,900.
» le pays; j'ai empêché avec peine mes gens qui des- » cendaient de Sargans de se jeter sur les Zuricois » stationnés près de Rûti '^K Nous comptons sur le w secours de nos confédérés et marchons en avant. »
Les Schwy zois et les Glaronnais , montés de Lachen sur l'Etzel au nombre de deux à trois mille hommes '^^^ descendirent sur le territoire ennemi. Près des limites, ils jurèrent fidélité à leurs bannières. Les maisons dans la Schwendi furent pillées et brûlées. Les bannières au milieu , les troupes aux deux côtés en profondes et fortes colonnes descendirent la montagne '^'^ ; deux cents hommes vinrent par le haut de l'Etzel '^^ ; tous se réunirent dans la plaine marécageuse au pied de la montagne. Le soleil se coucha; ils reposèrent; pour la sûreté du camp ^ ime troupe vigoureuse se rendit au pont de la Schindelleggi ; la Sihl sort en cet endroit de derrière l'Etzel ; de ce côté l'ennemi pouvait arriver par la hauteur et surprendre l'armée ; ils brûlèrent le pont , les maisons , les cabanes où quelqu'un pouvait se cacher. Vers minuit ils mangèrent les bestiaux enlevés ''^; après un court repos , ils se levèrent pour marcher à l'ennemi.
A la vue des Schwyzois descendant l'Etzel , le bourg-
75 Tschachtlan,
'^ 2,000 selon Tschudi, 3,000 selon Tschachtlan, Ceux qui vinrent de Sargans font probablement cette dilTérenee ; on peut donc s'arrêter au nombre de 2,800.
^7 D'une manière imposante (probablement d'après le témoin oculaire Wagnerj, Tschachtlan dit : « semblables aux grandes avalanches qui roulent et à l'ouragan qui mugit. *
''^ Jd, : « Ils sortirent d'au-delà de l'Etzel. •
'* Id, : « Il y avait poules et porcs; on coupa le cou à tout cela; • plaisanterie soldatesque.